La France insoumise, trÚs critiquée depuis l'agression mortelle du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, tente mardi de prendre ses distances en s'insurgeant contre une "récupération" politique.
Mais la pression est forte alors que les auteurs sont toujours en cours d'identification par la justice. Le gouvernement a dĂ©noncĂ© la "responsabilitĂ© morale" de LFI et mĂȘme une personnalitĂ© de gauche, RaphaĂ«l Glucksmann, les a attaquĂ©s.
La séance de questions au gouvernement, prévue à 15H00 à l'Assemblée nationale, s'annonce donc particuliÚrement tumultueuse.
La France insoumise n'a "aucun lien" avec cette agression, ni "aucune responsabilité politique", a lancé mardi son coordinateur, Manuel Bompard, sur France Inter.
Le dĂ©putĂ© Insoumis Ăric Coquerel, sur RTL, a dĂ©noncĂ© une "rĂ©cupĂ©ration sordide et politicienne" du dĂ©cĂšs du jeune militant nationaliste.
Il a estimé que les attaques contre La France insoumise avaient pour but d'"affaiblir, voire d'éliminer" le parti.
Les critiques ont continué à pleuvoir mardi. Le député Rassemblement National Jean-Philippe Tanguy, sur Sud Radio, a affirmé que LFI "a joué depuis longtemps avec le feu des mots violents qui mÚnent à la haine et à la violence".
- Six personnes cagoulées -
Les responsabilités du décÚs de Quentin Deranque n'ont pas encore été établies.
Le jeune homme a succombĂ© Ă des coups portĂ©s par au moins six personnes masquĂ©es et cagoulĂ©es, a dĂ©clarĂ© lundi le procureur de Lyon qui a requalifiĂ© l'enquĂȘte en "homicide volontaire".
L'étudiant était, selon le collectif identitaire Némésis, chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes venues manifester jeudi contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Némésis a affirmé que Quentin Deranque avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde, une organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France insoumise.
La Jeune Garde a assurĂ© ne pouvoir "ĂȘtre tenue pour responsable" de la mort de Quentin, "ayant suspendu toutes ses activitĂ©s" car elle est visĂ©e par une procĂ©dure de dissolution.
Le gouvernement a aussi pointé du doigt ce groupe, mais le procureur a refusé d'en dire plus sur le profil des agresseurs.
Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a, par le passé, fait l'éloge de la Jeune Garde. En avril 2025, il avait salué le travail de cette "organisation alliée".
Mardi, Manuel Bompard a argué que ce soutien passé ne constituait pas un lien entre LFI et l'agression.
Mais si d'anciens membres de ce groupe sont responsables de l'agression, "ils doivent ĂȘtre punis", a-t-il dit.
L'attention se porte notamment sur l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, dont le nom aurait été cité par des témoins.
M. Favrot a rejetĂ© toute responsabilitĂ©, par le biais de son avocat, mais s'est retirĂ© de ses fonctions de collaborateur le temps de l'enquĂȘte.
- "Accusations infondées" -
Dans ce contexte éruptif, la séance des questions au gouvernement mardi seront particuliÚrement scrutées. Elles s'ouvriront par une minute de silence décidée par la conférence des présidents de l'Assemblée nationale, à laquelle personne ne s'est opposé", selon des sources parlementaires.
Mathilde Panot, prĂ©sidente du groupe LFI, a prĂ©venu qu'elle ne souhaitait "pas forcĂ©ment" que RaphaĂ«l Arnault soit prĂ©sent, craignant une sĂ©ance de questions "extrĂȘmement violentes".
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a par ailleurs annoncé mardi sur BFMTV qu'il n'y aurait pas d'autres "meetings" dans les universités si un risque de trouble à l'ordre public est avéré.
Manuel Bompard a lui déploré les menaces reçues par des responsables de LFI au cours des derniers jours.
"Quand on lance des accusations infondées, graves et mensongÚres, ça a des conséquences", a-t-il dit.
Par exemple, deux candidats de LFI et du PS se présentant aux municipales à Auxerre ont indiqué à l'AFP avoir reçu des menaces de mort à la suite du décÚs de Quentin Deranque.
AFP



