Ils étaient environ 300 ce dimanche 9 octobre 2011 sur la plage de Boucan Canot. Baigneurs, plaisanciers, pêcheurs, surfeurs, plongeurs, commerçants ou tout simplement amoureux de la mer, ils se sont rassemblés pour tenter de trouver des solutions rapides et raisonnées face au risque requin et sécuriser les plages
Pour montrer leur attachement à l'océan, la plupart des personnes réunies sur la plage de Boucan Canot ce dimanche après-midi était symboliquement vêtue de bleu autour d'une banderole où était inscrite une pensée commune à tous : "Boucan comme avant". C'est-à-dire avec baignade et activités nautiques autorisées et sans attaques récurrentes de requins. Car, rappelons-le, la plage de Boucan Canot est interdite d'accès depuis bientôt un mois, suite à l'attaque mortelle d'un squale sur le bodyboarder Mathieu Schiller.Plusieurs professionnels de la mer sont intervenus devant une foule attentive. "On est là aujourd'hui pour montrer notre attachement à la mer. C'est un mouvement apolitique et pacifiste. Ce qu'on souhaite, ce sont des solutions rapides et écologiques face aux attaques répétées de requins. Arrêtons de se disperser et de se renvoyer la balle. Soyons tous solidaires, afin qu'on soit tous en sécurité sur nos côtes", lance Ludovic, gérant d'une école de surf à Trois-Bassins, sous les applaudissements des personnes réunies. "On ne peut pas attendre des études de deux ans avant de trouver des solutions, nous avons besoin de solutions rapides", insiste-t-il.
Si les efforts des autorités ont été salués, beaucoup ont quand même reproché la lenteur des démarches. "Nous sommes fatigués des tables rondes où on discute pendant des heures, mais où on ne nous propose rien de concret", explique un commerçant. "Si on veut que les autorités bougent, il va falloir qu'on bouge, et il va falloir que vous nous suiviez dans nos actions futures, parce qu'on ne peut plus tolérer cette situation pour nos enfants, pour nos sportifs, pour toute la population réunionnaise", surenchérit un autre.
Plusieurs propositions ont également été énoncées pour protéger les zones de baignade : nettoyage des ravines, mise aux normes des stations d'épuration, recensement et marquage des espèces dangereuses le plus rapidement possible, signalement des squales par des balises ou encore mettre les spécimens agressifs hors état de nuire en les déplaçant. A noter aussi que la réserve marine est toujours pointée du doigt. Jean-François Nativel, membre de l'association Océan Prévention Réunion souligne : "La Réunion est le seul endroit au monde où on a mis une réserve sur une zone balnéaire. Si ailleurs on ne l'a pas fait, c'est bien parce qu'il y a des conséquences".
L'après-midi s'est terminée par une action symbolique. Beaucoup de personnes avaient répondu à l'appel du rassemblement en emmenant une bouteille vide. Ils ont été invités à la remplir avec de l'eau de mer, avant de la déverser dans la piscine naturelle de Boucan, le seul endroit encore sécurisé sur la zone.
Samia Omarjee pour
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