Ce mercredi 22 mars 2017, l'Iedom (Institut d'émission des départements d'Outre-Mer) a présenté une prise de température du parc locatif social à La Réunion. Une des conclusions de cette étude : l'offre et la demande ne correspondent pas et les besoins de la population nécessitent davantage de constructions. D'ici 2030, il faudrait 8000 à 9000 logements supplémentaires par an pour répondre à l'évolution démographique réunionnaise.
"Aujourd'hui, 20 % des ménages réunionnais vivent dans un logement social. Ca peut paraître peu, mais cela représente la moitié des locataires à La Réunion, soit beaucoup plus qu'en Métropole" souligne David Perrain, économiste à l'Iedom.
Néanmoins, le parc social de l'île ne suffit pas à loger l'ensemble des ménages éligibles. Avec près de 28 000 demandes déposées auprès des bailleurs sociaux, l'offre actuelle n'est pas suffisante. D'autant plus que cette demande risque de s'accroître avec les années et l'évolution démographique : à l'horizon 2040, le département devrait atteindre le million d'habitants. Un accroissement qui se conjugue aussi avec le vieillissement de la population et la décohabitation des ménages. En conclusion, la construction de 8000 à 9000 logements supplémentaires par an serait nécessaire d'ici 2030 pour héberger les nouveaux ménages. Des ménages qui accueilleront donc davantage de personnes seules, plus âgées ou des familles monoparentales.
- Des besoins prioritaires dans l'ouest -
Des besoins qui se ressentent encore plus dans l'ouest de l'île, en particulier sur les communes de Saint-Paul et de Saint-Leu. Dynamisme démographique et insuffisance de l'offre locative sociale nécessitent une priorisation des efforts sur ces secteurs, selon l'Iedom. En comparaison, par exemple, avec Cilaos, Saint-Philippe ou Petite-Île, où la population recule. David Perrain se veut néanmoins rassurant : "depuis 2013, l'État et les bailleurs sociaux tentent de réorienter leur production vers la côte ouest".
D'autre part, une partie du parc de logements sociaux souffre d'un vieillissement - bien qu'il soit en moyenne le plus jeune de France, avec la Guadeloupe (19,5 ans à La Réunion contre 39 ans en métropole). Selon l'association régionale des maîtres d'ouvrage sociaux et aménageurs, 9000 logements nécessitent une rénovation lourde dans le département. Soit une remise aux normes, d'économie d'énergie, voire de désamiantage. En 2016, ce sont 357 logements qui ont bénéficié de travaux lourds de réhabilitation.
