C'est la forme la plus primitive d'instinct de survie dont j'ai Ă©tĂ© tĂ©moin. Marcher sur des morts, aussi dĂ©licatement que possible, pour se sauver soi-mĂȘme. Je couvre la crise des migrants et rĂ©fugiĂ©s bravant les pĂ©rils de la mer depuis plus d'un an. Mais ce Ă quoi j'ai assistĂ© au large de la cĂŽte libyenne dĂ©fie la raison" Ă©crit le photographe de presse de l'AFP, Aris Messinis.
Câest arrivĂ© au cours dâun sĂ©jour de deux semaines sur lâAstral, un voilier de 30 mĂštres de lâONG espagnole Proactiva Open Arms. Elle fait partie de cette constellation dâorganisations avec pour principal objectif de sauver de la noyade ceux qui cherchent Ă traverser la MĂ©diterranĂ©e.
La situation est simple. Ceux qui fuient la pauvretĂ©, les conflits ou la rĂ©pression, en gĂ©nĂ©ral depuis lâAfrique sub-saharienne, Ă©chouent en Libye. Ils paient alors des passeurs qui leur promettent lâEurope Ă lâissue dâune traversĂ©e en bateau.
Ces passeurs les entassent dans des embarcations de tout poil, canots gonflables, barcasses de bois, rafiots rouillĂ©s, avant de les abandonner Ă leur sort dans les eaux internationales.Â
Ils se retrouvent sans eau, sans vivres et surtout sans aucune idĂ©e de lâĂ©norme distance qui les sĂ©pare de lâautre rive. Ils sont rĂ©cupĂ©rĂ©s principalement par des ONG et des garde-cĂŽtes italiens.
