La ville de Saint-Denis a le sentiment d'être mise de côté dans le projet Meren mené par le Département. Ce projet vise à améliorer et à sécuriser la ressource en eau potable et d'irrigation sur le Nord et l'Est de La Réunion. Un enjeu majeur, à l'avenir, dans la mesure où les périodes de sécheresse risquent de s'accroître sur l'île et où les coupures d'alimentation en eau ne paraissent plus si illusoires. le Dépatement conteste toute mise à l'écart de la commune dionysienne (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Saint-Denis a des craintes pour son approvisionnement en eau dans le futur. Le chef-lieu de La Réunion se montre attentif à cette situation et a anticipé plusieurs scénarios. Une attention qui l'amène à examiner de près le projet Meren (Mobilisation des Ressources en Eau des micro-Régions Est et Nord) piloté par le Département pour optimiser la gestion de l'eau dans ces zones.
Et la ville de Saint-Denis se sent mise à l'écart. Une inquiètude qu'illustrent les propos de la maire Ericka Bareigts lors du conseil communautaire de la Cinor le mercredi 16 septembre 2026, où elle déclare que "Saint-Denis a été exclue de ce projet et nous ne l'accepterons pas. On ne peut pas exclure toute une population de cette ressource".
- "Il y a des discussions dans le montage financier" souligne la mairie de Saint-Denis -
Cette "exclusion" vient notamment du fait que la conduite d'eau potable entre Sainte-Marie et le réservoir situé à la Technopole n'a pas vraiment été incluse dans le projet du Département. "On reste vigilants", explique Jean-François Hoareau, premier adjoint dans le chef-lieu, "car il y a des discussions dans le montage financier". En clair, Saint-Denis estime que cette jonction d'eau, dont le coût excède les 20 millions d'euros, doit être pris en charge par le Département. Une question qui semble être encore en suspens pour l'instant.
Autre point de friction avec l'utilisation des eaux de la station d'épuration du Grand Prado. Cet équipement permet de traiter les eaux usées avant de les rejeter en mer. Un volet du projet Meren, appelé Meren Reut, vise à réutiliser ces eaux, une première à La Réunion. Avec ce projet, 40 exploitations agricoles, soit 500 hectares, pourront être irriguées avec ces eaux usées à partir de 2028.
Mais, là encore, Saint-Denis demande sa part. "On estime que les agriculteurs de la Bretagne et de Bois de Nèfles peuvent aussi être alimentés avec les eaux du Grand Prado car la ville de Saint-Denis a financé la station à hauteur de 70 % et, d'ailleurs, les eaux usées proviennent aussi à 70% de notre ville."
- Meren "permettra de livrer jusqu'à 500 litres par seconde" selon le Département -
Pour autant, Jean-François Hoareau, précise qu'il ne veut pas alimenter une "guerre entre communes". Et il se dit favorable au projet Meren dont le coût total est estimé à plus de 460 millions d'euros. Toutefois, il s'agit surtout de sécuriser cette ressource face à un avenir incertain.
Interrogé sur le sujet, le Département exprime avant tout son étonnement. Car pour la collectivité, Meren "résulte d'un travail partenarial continu, mené depuis plusieurs années avec des organismes comme l'Office de l’eau, la Chambre d’agriculture, le Saphir et les différentes collectivités concernées".
Contestant la mise à l'écart de Saint-Denis sur ce projet, le Département précise même que Meren "permettra de livrer jusqu'à 500 litres par seconde, soit plus de 40 000 m³ d'eau par jour, afin de contribuer à sécuriser la distribution d'eau potable".
Par ailleurs, un marché spécifique a été contractualisé pour " le raccordement de MEREN aux infrastructures d'eau potable" dionysiennes. Cela afin de calibrer une "installation "sur-mesure", adaptée aux besoins et aux infrastructures" de la plus grande ville de La Réunion.
- La réutilisation des eaux du Grand Prado pour irriguer les champs à Saint-Denis -
Sur la question de la réutilisation des eaux issues du Grand Prado, le Département admet que Saint-Denis n'est pas incluse dans ce volet de Meren pour l'instant. Néanmoins, un projet dédié, Prodéo, permettrait d'irriguer les terres agricoles sur le secteur de La Bretagne et de Domenjod. Un projet dont "les études démarrent".
Si des crispations existent et se matérialisent autour de l'eau, c'est bien parce que cette ressource devient précieuse. Et qu'elle commence à manquer de plus en plus sur l'île. Comme l'attestent les longues phases de sécheresse.
La commune de Saint-Denis joue la carte de la prudence et demande des engagements de la part du Département, car elle anticipe un avenir incertain. "Les budgets et les finances publiques sont contraints pour tout le monde et ça ne va pas aller en s'arrangeant" note Jean-François Hoareau. "On nous promet une irrigation agricole avec Prodeo mais, pour l'instant, il n'y a aucun financement en face. La solution que nous proposons avec Meren nous paraît plus sûre."
Cette volonté d'être rassurée tient aussi aux projections climatiques. Le programme européen Climaax, dont les résultats ont été publiés en août 2026, a cartographié les risques et aléas liés à l'environnement sur tout le territoire. Y compris ceux qui sont relatifs à la sécheresse et aux ressources en eau.
- Une possible insécurité hydrique à Saint-Denis de La Réunion -
Sur ce plan, le chef-lieu apparaît comme particulièrement exposé à un risque d'insécurité hydrique. À La Réunion, les villes les plus vulnérable à cette insécurité sont Saint-Louis, Saint-Pierre et Saint-Denis. "Il faut se projeter dans 20 ou 30 ans. Nous sommes considérés comme étant à un niveau de risque critique à cause de la forte urbanisation et de la densité de notre territoire. C'est pour cela qu'on veut protéger les Dionysiens sur la question de l'eau."
Des projections qui ont conduit à des investissements massifs, soit près de 100 millions d'euros, dans ce domaine de la part de la Cinor. Ainsi, près de 40 millions d'euros ont été engagés sur la réhabilitation de la station d'eau de Bellepierre. Et des nouveaux forages ont été lancés à Saint-François.
Ces dissensions autour du projet Meren prouvent, au final, que l'eau est plus que jamais devenue un sujet central à La Réunion. Si le Département estime que la "commune de Saint-Denis est pleinement intégrée" à ce projet, la vigilance reste de mise dans le chef-lieu. Car la ressource hydrique est appelée à se raréfier à La Réunion dans les années à venir. Et chaque territoire veut se préparer au mieux à cette nouvelle réalité.
fb/ www.imazpress.com / [email protected]


Triste Reunion avec Melchior et Vira. La Reunion ne pourra pas avancer avec ce genre d'élus collectionneur d'indemnites et qui pratiquent une politique mediocre et inefficace.
Nou veut pu de Melchior.
Le conseil départemental est a cote de la plaque comme d'habitude notamment avec Vira et sa consœur de payet de st andré qui bloquent les dossiers de la mairie de st andré.
C'est connu mais il ne faut oas ke dire.