Guerre en Ukraine

"On a tout de suite tendu la main" : une Réunionnaise témoigne de la solidarité qui s'organise en Pologne

  • Publié le 12 mars 2022 à 13:00
  • Actualisé le 12 mars 2022 à 13:02
Des réfugiés ukrainiens au poste frontière de Medyka, en Pologne, le 7 mars 2022

Face à l'afflux constant de réfugiés ukrainiens, l'accueil s'organise en Pologne. Guénola Rivière, Réunionnaise installée à Varsovie depuis 4 ans, témoigne de l'ambiance sur place et de l'élan de solidarité dont fait preuve le peuple polonais.

"Préparer les infrastructures pour être prêts à accueillir une nouvelle vague de réfugiés dont on ne sait pas quelle sera l’ampleur, tel est notre principal défi aujourd’hui". Ce mots sont ceux prononcés le 6 mars par Michal Dworczyk, le chef de cabinet du Premier ministre polonais.

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, plus d’un million de personnes ont fui le pays pour se rendre en Pologne, en majorité des femmes et des enfants souvent traumatisés d’avoir laissé derrière eux maris et pères mobilisables pour défendre leur pays. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, annonçait la création en Pologne d’une plateforme européenne pour coordonner et organiser le transport de l’aide qui sera envoyée aux Ukrainiens restés dans leur pays.

La Pologne, dont la communauté ukrainienne représente environ 1 million de personnes, partage  plus de 500 kilomètres de frontière avec l’Ukraine et s’est de fait, transformée en véritable base arrière de la résistance face à l’envahisseur russe.

Actions à la frontière, appels aux dons sur les réseaux sociaux… Sur place, l’aide militaire et humanitaire envers les réfugiés s’organise à travers un élan de solidarité qui s’est mis en place au début de la guerre : bénévoles, autorités, organisations humanitaires leur proposent repas, transport, un lieu où se reposer, y compris à leur domicile.

- "Tout repose sur la solidarité" -

À l’image de Guénola Rivière, une Réunionnaise installée à Varsovie avec son mari et son fils, depuis bientôt 4 ans et bénévole au sein de Varsovie Accueil.

Ce lundi 7 mars, toutes les bonnes volontés de l’association se sont réunies pour se coordonner et décider des actions à mener. " On a tout de suite tendu la main aux Ukrainiens arrivant en masse à la gare Ouest de Varsovie. Il nous faut donc les répartir, leur trouver un hébergement de courte ou de longue durée, sachant que la plupart d’entre eux ne font que transiter par la Pologne pour rejoindre l’Allemagne, l’Italie voire même les États-Unis ", indique Guénola.

S’agissant des réfugiés de nationalité française, les associations locales se sont d’entrée de jeu mises en relation avec l’ambassade de France pour monter une cellule de crise afin d’accueillir ceux souhaitant rentrer en Hexagone. Paradoxalement, face au peu de demandes, ces mêmes associations ont donc décidé d’étendre leurs actions aux Ukrainiens en transit.

Ainsi, au début du conflit, Varsovie Accueil est venue en aide à une cinquantaine de familles (mère et enfants, grands-parents) réparties sur un réseau d’une quarantaine de familles d’accueil. Un réseau amené à s’étoffer au regard de l’ampleur de la guerre. "Tout ou presque repose sur la solidarité et pour ma part, je me suis inscrite pour accueillir une mère de famille et ses 2 enfants", rajoute la bénévole.

Et de préciser : "ceux qui ne peuvent pas accueillir de réfugiés ont la possibilité de faire des dons financiers, alimentaires, de vêtements ou de produits de première nécessité, lesquels sont reversés aux réfugiés via l’association Caritas". Le lycée français de Varsovie a de son côté, décidé de permettre à des enfants ukrainiens (de la maternelle jusqu’au lycée) de poursuivre leur scolarité.

- L’inquiétude gagne les Polonais -

De son point de vue, Guénola estime que contrairement aux postes frontaliers où la tension est palpable, Varsovie est pour l’heure assez préservée même si une certaine inquiétude commence à gagner la population.

"L’histoire du pays a montré qu’on a déjà eu à faire aux Russes par le passé et avec elle, la crainte de voir ressurgir les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Sans compter les répercussions économiques qui se font déjà sentir. Le jour de l’invasion, le prix du bitume a pris 20% et en trois jours, le prix du gaz a doublé. Les retombées du conflit sont palpables et on sait que ce n’est que le début. Mais comme on est déjà en pleine inflation, ça ne change pas de beaucoup… Enfin dans l’immédiat".

Gaz, électricité, carburant… Le plus dur reste à venir en terme d’impact économique, mais pour le moment, l’heure est à la solidarité. Et même si la barrière de la langue peut constituer un obstacle, "ce n'est pas un problème ! Le plus important pour nous bénévoles, est que ces familles ukrainiennes retrouvent un peu de calme, après un voyage éprouvant, pour échapper à la guerre".

vw/www.ipreunion.com / [email protected]

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