Peu d'annonces faites

Oudinot de la vie chère : beaucoup de bruit pour pas grand chose

  • Publié le 9 décembre 2022 à 14:01

On ne s’attendait pas à grand chose, mais nous sommes tout de même déçus. Si du côté du gouvernement, on se félicite chaleureusement des avancées du Oudinot de la vie chère, du côté de La Réunion, on ne note pas de changement particulier, et surtout rien qui ne changera la vie de la population. Pour reprendre les termes de certains de nos députés : c’est la montagne qui accouche d’une souris. (Photo Grande surface photo RB imazpress )

Annoncé en juillet lors de la visite du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et de son délégué Jean-François Carenco, ce « Oudinot » (du nom de la rue où est situé le ministère des Outre-mer) devait répondre aux problématiques des prix à La Réunion et le reste des territoires ultra-marins.

La préoccupation principale du ministre délégué aux Outre-mer était le Bouclier qualité prix, qu’il indique avoir découvert lors de son séjour dans l’île. « Quand on s’occupe de l’énergie, on ne sait pas ce que c’est le BQP » a-t-il plaisanté ce jeudi soir, à l’occasion de la restitution des conclusions de la démarche.

Si ce dernier a bien été étendu et étoffé dans plusieurs territoires, à La Réunion, il n’y a eu finalement que très peu d’avancées. Le nombre de produits reste le même, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, c’est-à-dire passer de 153 à 358 produits. La justification : « le BQP avait déjà été significativement augmenté en début d’année 2022 ». Soit, mais cela ne rend pas moins fausse l’annonce du ministre.

On apprend par ailleurs que dans certains territoires, à l’image de la Guyane, de la Guadeloupe, de la Martinique ou encore Mayotte, que le BQP a été étendu à d’autres secteurs. Bricolage, forfaits téléphoniques, alimentation pour les animaux, ou même entretien automobile : de nombreux secteurs sont désormais concernés par le bouclier. Sauf à La Réunion. Pourquoi ? « Cela n’a pas été abordé au cours des négociations avec La Réunion ». Ah.

Le ministère se félicite en tout cas de l’augmentation du nombre de magasins où le BPQ+ sera disponible dans l’île. « Les 61 magasins participants s’engagent sur des efforts d’approvisionnement et de substitution accrues résultant d’une garantie sur les volumes et les prix négociés entre fournisseurs et distributeurs » insiste-t-il. Une petite victoire, somme toute, alors que les produits du BQP sont parfois difficiles à trouver en raison de l’inflation qui a fait flamber les prix des produits hors BQP.

- Des colis postaux moins taxés -

On note tout de même une bonne nouvelle en matière de taxation des colis postaux. A partir de 2023, seuls les colis dont la valeur excède les 400 euros seront taxés, contre 205 euros aujourd’hui. « Ce bond des prix dans l’envoi des colis postaux n’est que le résultat du respect de la loi par La Poste » a tenu à rappeler Jean-François Carenco. « On ne peut pas modifier toutes les lois, alors nous avons augmenté le plafond » a-t-il ajouté.

Il oublie cependant de préciser que le calcul de la valeur des colis reste toujours aussi flou, et que de nombreux témoignages font état de colis surévalués, et donc taxés bien qu’ils ne devraient pas l’être. Une problématique qui concerne plus La Poste que le ministère.

Des échanges qui ont effectués ce jeudi entre le ministère et les territoires ultra-marins, ce qu’il ressort surtout, c’est que les efforts apportés ne sont pas suffisant. Une situation soulignée par la plupart des membres de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR), qui étaient présents pour chaque territoire.

Ces annonces ne répondent finalement que très peu aux attentes des élus réunionnais. « Je l’avais interpellé sur le prix des effets scolaires, sur les communications qui coûtent entre 15 et 20% plus chers à La Réunion. Ce que l’on veut également c’est de la transparence voire la suppression des taxes des colis » avait indiqué Frédéric Maillot, député. C’est en - grande partie - raté.

"Le compte n’y est pas, cela montre encore une fois que les dirigeants sont éloignés de la réalité, les propositions ne sont pas à la hauteur" indique par ailleurs le député. "Ils n'ont pas abordé la question des monopoles et duopoles, il n'y a pas eu de réflexion sur les minimes sociaux, le salaire, sur les marges occultes et sans transparence" liste-t-il. "Concernant le BQP, ils font comme si nous étions au Mcdo : on créé un menu best of + où on ajoute quelques miettes" ironise-t-il.

Frédéric Maillot dénonce par ailleurs l'absence des députés dans les discussions. "Cela coule pourtant de source, on est élus par la population, il aurait fallu être inclus dans les discussions."

Jean-Hugues Ratenon avait de son côté interpellé le ministre sur de très nombreux sujets, mais n’a finalement reçu que très peu de réponses. Pour le prix des billets d’avion par exemple, une réponse a bien été donnée : le ministère souhaite augmenté l’aide de LADOM, qui pourrait à terme prendre en charge 50% des billets. Mais il faut tout de même préciser que LADOM n’est disponible que pour certains revenus, et sous certaines conditions strictes, notamment un délai de carence de trois ans.

Beaucoup de mesurettes donc. Mais Jean-François Carenco l’a promis, ce n’est qu’une première étape. Espérons donc que les prochaines seront plus concluantes. Offusqué sur le fait des efforts de CMA-CGM, vrai décalage avec la réalité

as/www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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