Selon les chiffres d'une enquête publiée par l'Insee ce jeudi 25 août 2016, 25 % des Réunionnais sont surqualifiés, soit trop diplômés pour le poste qu'ils occupent. Ce faible taux s'explique surtout par la part importante de salariés sans diplôme. Les métiers les plus touchés : les employés non qualifiés du commerce, les serveurs, les assistantes maternelles et les aides à domicile. Nous publions le communiqué de l'Insee dans son intégralité ci-dessous.
En 2012, 25 % des salariés réunionnais sont déclassés : leur niveau de formation initiale dépasse celui normalement requis pour l’emploi occupé. À l’inverse, 14 % ont un diplôme moins élevé que celui normalement requis pour l’emploi qu’ils occupent. Enfin, 61 % occupent un emploi en adéquation avec leur niveau de diplôme.
Ce taux réunionnais s’explique essentiellement par la part importante de salariés sans diplôme qualifiant, qui ne peuvent, par définition, pas être déclassés : 31 %, contre 18 % dans les régions de province. Si l’on exclut ces salariés sans diplôme, le taux de déclassement s’établit alors à 36 % et La Réunion devient la quatrième région la plus concernée après la Martinique, la Corse et la Guadeloupe.
Les diplômés du supérieur et titulaires d’un CAP ou BEP plus souvent déclassés
Comme en province, les actifs diplômés du supérieur sont les plus touchés par le déclassement. Les diplômés de l’enseignement supérieur long (2e ou 3e cycle) sont particulièrement concernés à La Réunion : 54 % sont déclassés contre 46 % en province.
Après les diplômés du supérieur long, les titulaires d’un CAP ou BEP sont le plus souvent déclassés, en particulier à La Réunion (37 % contre 34 % en province). En revanche, les titulaires d’un baccalauréat sont moins souvent déclassés qu’en province.
Les femmes plus déclassées que les hommes
Les Réunionnaises sont plus souvent déclassées que les Réunionnais : 28 % contre 21 %. C’est en particulier le cas pour les diplômés de l’enseignement supérieur long (61 % des femmes sont déclassées contre 45 % des hommes) et pour les titulaires d’un CAP ou BEP (46 % contre 31 %).
L’écart Homme-Femme est néanmoins encore plus accentué dans les régions de province (34 % contre 22 %).
Par rapport à la province, des Réunionnaises avantagées, des Réunionnais désavantagés
Les Réunionnaises sont moins souvent déclassées qu’en métropole (28 % contre 34 % en province), notamment les bachelières. Elles occupent en effet plus souvent des postes d’employée qualifiée, en adéquation avec leur diplôme. En revanche les Réunionnais diplômés sont désavantagés. À diplôme équivalent, les hommes réunionnais sont toujours plus souvent déclassés qu’en province, sauf les titulaires d’un baccalauréat général.
Le déclassement diminue avec l’âge
Lors de l’entrée dans la vie active, les jeunes, peu expérimentés, doivent souvent accepter des emplois moins qualifiés. Ainsi, un salarié sur trois est déclassé parmi les jeunes de 15 à 34 ans contre un sur dix parmi les 55 à 64 ans. Le déclassement diminue avec l’âge pour deux raisons. D’une part, le niveau de formation progresse avec les générations, ce qui augmente le risque de déclassement. D’autre part, avec l’ancienneté, les plus âgés peuvent accéder à un poste à la hauteur de leur niveau d’étude, voire supérieur.
De plus en plus de salariés déclassés
Le déclassement a fortement augmenté entre 1999 et 2007, passant de 15 % à 22 % (+ 7 points). Il progresse nettement moins vite entre 2007 et 2012 (+ 3 points). Il augmente de façon concomitante dans les régions de province.
Les employés non qualifiés du commerce sont les salariés les plus déclassés
Comme dans les régions de province, les employés non qualifiés du commerce (vendeurs, caissiers, employés de libres-services,
pompistes, etc.), les agents de services, les serveurs, les commis, les aides-cuisiniers, les assistantes maternelles, les aides à domicile, les employés de maison et les agents civils de sécurité et de surveillance sont les salariés le plus souvent déclassés. À La Réunion, leur taux de déclassement varie entre 48 % et 73 %.
Toutefois, parmi ces métiers, la part des salariés déclassés est moins élevée à La Réunion. En effet, 63 % des employés du libre-
service sont déclassés contre 78 % en province. De même, 45 % des assistantes maternelles sont déclassées contre 69 % en pro-
vince; 46 % des ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment sont déclassés à La Réunion (69 % en province).
Les trois quarts des agents de service de la fonction publique sont déclassés dans les régions de province, c’est la 7e profession où le déclassement est le plus fort, alors qu’à La Réunion c’est le cas de moins de quatre salariés sur dix.
Plus de la moitié des professeurs des écoles (64 %), des professeurs d’enseignement général des collèges (64 %) et des professeurs de lycée professionnel (51 %) sont déclassés à La Réunion.
Ces taux élevés de déclassement sont fortement liés à la nomenclature des métiers. Ces professions sont en effet classées comme des professions intermédiaires. Ainsi, les diplômés de l’enseignement supérieur long qui occupent ces postes sont considérés comme déclassés. En revanche les professeurs de lycée général ou du supérieur sont dans la même catégorie que les cadres et ingénieurs.
