(Actualisé) Le parquet de Saint-Denis annonce, ce jeudi soir 8 octobre 2026, avoir enregistré 30 mesures de garde à vue depuis hier, mercredi 7 octobre. Des mesures en lien avec la mobilisation lycéenne débutée la semaine dernière dans l'île. Selon la procureure de la République, Véronique Denizot, 17 personnes doivent être présentées à la justice ce vendredi 9 octobre. Au total, 98 gardes à vue ont eu lieu sur La Réunion depuis le début du mouvement ajoute le parquet général (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Parmi les personnes qui seront présentées ce vendredi, trois personnes doivent comparaître en comparution immédiate. Trois autres dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), tandis que neuf mineurs seront présentés devant les juges des enfants.
La procureure ne précise pas, à ce stade, les suites judiciaires envisagées pour les deux autres personnes concernées par ces présentations.
Pour rappel, en marge de la mobilisation lycéenne à La Réunion, plusieurs violences urbaines ont éclaté. À l’issue des manifestations ce mercredi, 31 interpellations avaient eu lieu dans le sud, parmi lesquelles 28 mineurs. Dans le nord, la procureure Véronique Denizot annonçait que huit mineurs avaient été déférés, tandis que plusieurs procédures étaient toujours en cours hier soir.
- 98 gardes à vue sur La Réunion depuis le début du mouvement -
Les parquets de Saint-Denis, de Saint-Pierre sont également mobilisés sans discontinuer, de jour comme de nuit et durant le week-end, qu’il s’agisse de la direction des gardes à vue, du traitement en temps réel des procédures, des déferrements ou encore des audiences.
Du 1er au 8 octobre 2026, le bilan judiciaire s’établit comme suit à l’échelle du ressort :
- 110 gardes à vue, dont 92 concernant des mineurs (84 %) et 18 des majeurs.
- 68 gardes à vue sur le ressort du parquet de Saint-Denis, 30 sur celui de Saint-Pierre et 12 sur celui de Mamoudzou.
Les parquets ont apporté à ces faits des réponses pénales fermes, rapides et individualisées :
- 36 personnes font l’objet de poursuites devant les juridictions : 30 mineurs, dont 26 déférés et 4 convoqués devant le juge des enfants, ainsi que 6 majeurs, dont 5 déférés. 13 mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire, assorti notamment d’obligations de respecter un couvre-feu, de ne pas participer à des manifestations sur la voie publique, de ne pas quitter le département et de répondre aux convocations de la justice.
- 30 mesures alternatives aux poursuites ont été engagées, dont 6 à l’issue d’un déferrement.
- 19 procédures ont fait l’objet d’un classement sans suite.
- Les 25 autres procédures demeurent en cours d’enquête ou d’orientation.
Les père et mère des mineurs, responsables de l’éducation et de la surveillance de leurs enfants, sont responsables de plein droit et solidairement des dommages causés par leur enfant mineur (article 1242 du code civil) : ils pourront être tenus d’indemniser l’ensemble des victimes, qu’il s’agisse des forces de l’ordre blessées dans l’exercice de leurs missions ou des personnes et établissements touchés par les dégradations. Leur responsabilité pénale peut en outre être engagée lorsque la soustraction à leurs obligations légales a directement conduit leur enfant à commettre un crime ou plusieurs délits ayant donné lieu à une condamnation définitive, infraction punie de trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende (article 227-17 du code pénal).
Les représentants légaux sont systématiquement convoqués aux différentes étapes de la procédure.
Les personnes mises en cause demeurent présumées innocentes jusqu’à ce qu’une décision définitive soit intervenue.
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