En marge de la mobilisation lycéenne à La Réunion, plusieurs violences urbaines ont éclaté. Les forces de l'ordre - en charge de la sécurisation du mouvement - ont essuyé des jets de galets par des jeunes cagoulés et gantés. À l’issue des manifestations 31 interpellations ont eu lieu au total dans le sud, parmi lesquelles 28 mineurs. 15 d’entre eux ont été déférés annonce le parquet de Saint-Pierre ce mercredi 7 octobre. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire et seront prochainement convoqués devant le juge des enfants avant la fin de l'année pour être jugé (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Un majeur sera déféré dans le cadre de la procédure de comparution immédiate, précise le parquet du sud.
Les mineurs déférés ont été placés sous contrôle judiciaire avec plusieurs obligations à respecter, notamment : le respect d'un couvre-feu, l'interdiction de participer à des manifestations sur la voie publique, l'interdiction de quitter le département ainsi que l'obligation de répondre aux convocations de la justice, ou ont bénéficié d’une mesure éducative judiciaire provisoire.
L'ensemble de ces jeunes est convoqué devant le juge des enfants avant la fin de l'année pour être jugé.
Dans un communiqué, Élodie Landat, procureure de Saint-Pierre, rappelle que "les parents, en leur qualité de représentants légaux, présents lors de la phase de déferrements(devant le parquet et le service de la protection judiciaire de la jeunesse) sont eux aussi convoqués devant le juge".
- Des violences en marge de la mobilisation lycéenne -
La mobilisation lycéenne a débuté le vendredi 2 octobre 2026. À Saint-Pierre et au Tampon, des tensions ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre. 28 personnes ont été interpellées dont 26 mineurs, cinq policiers et un gendarme ont été blessés.
Les faits se sont poursuivis en début de semaine. Ce lundi, d'autres violences ont eu lieu, mais pas sur les communes du sud de l'île. Au total, 18 personnes ont été interpellées, dont trois majeurs. Sept membres des forces de l’ordre ont été blessés, dont deux gendarmes, quatre policiers nationaux et un policier municipal.
Ce mardi 6 octobre 2026, 22 interpellations ont été effectuées, dont 21 mineurs. Dans le sud, un mineur scolarisé au lycée Roland Garros a été interpellé alors qu’il transportait un mortier dans son sac.
L’"ensemble de ces faits a entraîné des blessures chez 6 policiers et 1 gendarme qui présentent une incapacité totale de travail, alors que le dispositif de maintien de l’ordre mis en place avait pour objectif de sécuriser les manifestations lycéennes et de permettre aux lycéens d’exprimer leurs revendications dans le calme", déplore le parquet de Saint-Pierre.
Ces faits, "d’une gravité extrême, ont été qualifiés de participation à un attroupement armé malgré sommations de dispersion, intrusion dans un établissement scolaire en réunion et en étant porteur d’armes, et violences volontaires commises sur les forces de sécurité intérieure aggravées par leur commission en réunion et avec usage d’armes".
Ces infractions pénales sont respectivement punies d’une peine d’emprisonnement de 5 ans et 75.000 euros, et 10 ans et 150.000 euros d’amende.
- Des mineurs sous la responsabilité de leurs parents -
Il est rappelé que les parents sont responsables de l'éducation et de la surveillance de leurs enfants, et sont donc responsables de plein droit et solidairement des dommages causés par leur enfant mineur, sur le fondement de l’article 1242 du code civil.
Ils pourront ainsi être tenus d'indemniser toutes les victimes, notamment les forces de l'ordre blessées dans l'exercice de leurs missions, ainsi que les personnes touchées par les dégradations.
La responsabilité pénale du père et de la mère est en outre susceptible d’être engagée sur le fondement de l’article 227-17 du code pénal dans l’hypothèse où la soustraction à leurs obligations légales a directement conduit à la commission par le mineur d’au moins un crime ou plusieurs délits, ayant donné lieu à une condamnation définitive. Cette infraction est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.
Les mineurs mis en cause demeurent présumés innocents jusqu’à leur jugement définitif devant le tribunal pour enfants.
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