Logements sociaux : la Région Réunion milite pour un renforcement du financement de l'Etat

  • Publié le 18 août 2026 à 16:06
  • Actualisé le 18 août 2026 à 16:12
logement social SHLMR  le Port

En 2026, le manque de logements à La Réunion représente une problématique de taille à l'échelle du territoire. Pour faire évoluer cette situation, la Région Réunion demande à l'État de s'engager davantage et de mettre les moyens nécessaires, via une augmentation de la LBU, pour financer une politique publique à la hauteur en matière de logements sociaux. (photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Sur l'île, selon les chiffres de la Région, plus de 50 000 ménages "sont en attente d’un logement" et 150 000 Réunionnais souffrent de mal-logement. Le nombre de logements sociaux construits chaque année, avec, par exemple, 1 739 logements livrés en 2024, reste trop faible pour répondre à ces besoins.

L'accession à la propriété, avec l'arrêt du dispositif Logements Évolutifs Sociaux (LES), semble aussi à l'arrêt. Tout comme la rénovation des logements sociaux.

Les causes de ces difficultés sont multiples selon la Région : "déficit des moyens financiers, difficultés de mobilisation du foncier, complexité des opérations d’aménagement, coût du foncier, augmentation du coût de construction".

Cet état des lieux pourrait encore s'empirer du fait de la baisse annoncée de la Ligne Budgétaire Unique (LBU) en 2026. Une LBU qui fait office de principal financement de l'État pour les territoires ultramarins en matière de logement social.

- Colère des professionnels -

Depuis plusieurs années, cette LBU se réduit, passant de 85,65 millions d'euros en 2024 à 78,5 millions en 2025. Pour 2026, les signaux d'alerte sont au rouge puisqu'elle va atteindre le faible niveau de 27 millions d'euros.

De quoi susciter la colère des professionnels du bâtiment et de la construction qui se sont mobilisés le 20 mai 2026. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait alors annoncé travailler sur une "réévaluation des crédits de la LBU", selon la Région.

Une enveloppe supplémentaire de 16,4 millions d'euros serait venue abonder le montant initial, portant la LBU à 43,4 millions.

Pour autant, la Région insiste et estime que le compte n'y est toujours pas. Elle estime que les conséquences "d’une telle baisse sur les opérations programmées et sur l’activité économique ne doivent pas être sous-estimées".

- Un désengagement de l'Etat -

Le difficile contexte socio-économique réunionnais est connu. Le territoire compte près de 171 170 demandeurs d'emploi au deuxième trimestre 2026.

Un cadre local spécifique qui explique que "75% de la population est éligible au logement social, et 85% des demandeurs sont éligibles au logement très social", selon les chiffres donnés par les services d'Huguette Bello.

Ce constat parle presque de lui-même. Et place l'État devant ses responsabilités dans la mesure où, historiquement, il constitue la principale source de financement des logements sociaux dans les territoires ultramarins.

Pour pallier ce désengagement manifeste, la Région rappelle qu'"aucun acteur local, aussi engagé soit-il, ne pourra compenser" ce retrait de la puissance publique étatique.

Insistant sur la nécessité d'organiser des Assises du logement, la collectivité territoriale souligne aussi que "la mobilisation doit se poursuivre pour obtenir de l’État le renforcement de la LBU". Une mobilisation qui pourrait, en partie, décider du nombre de logements qui sortiront de terre à La Réunion dans les années à venir.

fb/www.imazpress.com/[email protected]

 

guest
1 Commentaires
Tambi
Tambi
20 minutes

Arrêtez de mendier alors que votre critique est facile car quand le gouvernement donne c'est grâce à votre travail mais quand il refuse là c'est sa faute. Exemple de la nouvelle route du littorale !