C'est officiel, aprÚs cinq semaines de relative liberté de voyager, les motifs impérieux sont de nouveau obligatoires pour voyager entre La Réunion et la Métropole à partir de ce jeudi 28 janvier 2021. L'annonce a été faite ce samedi, alors que le nombre de cas de Covid-19 explose dans l'Hexagone et que le variant sud-africain est apparu dans l'ßle. Pour rappel, il faut aussi justifier un motif impérieux pour se déplacer entre Mayotte et La Réunion (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Protéger la Métropole du variant sud-africain, et La Réunion du variant britannique : c'est tout l'objectif de ce nouveau renforcement des mesures sanitaires. Désormais, il faut donc justifier d'un motif impérieux pour se déplacer. Les déplacements avec la Métropole n'auront finalement été assouplis qu'environ cinq semaines, les motifs impérieux ayant été levés seulement le 15 décembre 2020.
Si l'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral prĂ©cise que la mesure est en place du "28 au 31 janvier 2021", la prĂ©fecture assure que les motifs impĂ©rieux ne seront pas remis en place pour seulement trois jours. "Il s'agit juste d'harmoniser les diffĂ©rents arrĂȘtĂ©s pris, l'arrĂȘtĂ© en question sera renouvelĂ©" explique-t-on Ă Imaz Press.
Les contrĂŽles semblent aussi se renforcer du cĂŽtĂ© de l'embarquement. Si, lors des derniĂšres limitations de dĂ©placement, prendre l'avion ne semblait pas trop compliquĂ©, les autoritĂ©s semblent demander plus de documents cette fois-ci. AprĂšs renseignement auprĂšs de la prĂ©fecture et des compagnies aĂ©riennes, plusieurs justificatifs peuvent dĂ©sormais ĂȘtre demandĂ©s.
De plus, alors que les tests PCR de moins de trois jours sont dĂ©sormais demandĂ©s dans le sens RĂ©union-MĂ©tropole, les contrĂŽles Ă l'arrivĂ©e ont aussi Ă©tĂ© renforcĂ©s. En effet, la brigade sanitaire Ă Paris "a relevĂ© plus de 107 tests frauduleux en trois jours pour des vols La RĂ©union â MĂ©tropole" nous rĂ©vĂ©lait Reuben Veerapen, vice-prĂ©sident du Conseil de l'Ordre des mĂ©decins de La RĂ©union, ce mercredi.
Le secteur touristique mis Ă mal
ConsĂ©quences directes des motifs impĂ©rieux : l'arrĂȘt des arrivĂ©es touristiques dans l'Ăźle. HĂŽtels, mais aussi entreprises de loisirs voient leurs rĂ©servations s'annuler, ou ĂȘtre reportĂ©es. "Depuis quelques jours, on voit un afflux d'annulation de rĂ©servation" confirme une employĂ©e de l'hĂŽtel Juliette Dodu, Ă Saint-Denis.
"On ne comprends pas vraiment cette dĂ©cision, dans la mesure oĂč les Antilles n'ont pas de motifs impĂ©rieux, alors qu'ils sont tout autant exposĂ©s au risque du variant britannique" souligne par ailleurs Patrick Serveaux, prĂ©sident de l'Union des mĂ©tiers des industries de l'hĂŽtellerie (UMIH) de La RĂ©union. "Ce qui est sĂ»r, c'est que les annulations ont commencĂ© Ă pleuvoir aprĂšs l'annonce du retour impĂ©rieux" souligne-t-il. "Beaucoup pensent que l'arrivĂ©e des touristes ces derniĂšres semaines nous permet de revivre normalement, mais les touristes qui sont venus nous ont surtout permis de garder la tĂȘte hors de l'eau" termine-t-elle.
Les entreprises de loisirs voient déjà les premiers effets de cette annonce aussi, à l'image de Parapente Réunion à Saint-Leu. "Il n'y a pas vraiment eu d'annulation, par contre nous n'avons quasiment pas de réservation pour le mois de février. Les rares réservations enregistrées proviennent de numéros réunionnais" explique Delphine, secrétaire de l'entreprise.
"D'un cĂŽtĂ©, je comprends cette dĂ©cision, mĂȘme si elle nous impacte forcĂ©ment. Il vaut mieux protĂ©ger La RĂ©union du variant britannique, et contenir celui sud-africain, et Ă©viter un couvre-feu comme en MĂ©tropole. On n'est pas seuls, les autres commerces sont importants et souffriraient Ă©normĂ©ment d'une fermeture" continue-t-elle.
Du cĂŽtĂ© de l'entreprise PikPik Tours, qui propose des excursions guidĂ©es, ce sont surtout des reports de rĂ©servation qui ont Ă©tĂ© notĂ©s. "On a eu plusieurs clients qui ont demandĂ© Ă reporter, Ă une date indĂ©finie, leur rĂ©servation. Ils ne pourront pas venir tout de suite, mais prĂ©voient quand mĂȘme un voyage plus tard" explique Damien.
Les compagnies aériennes, elles, n'arrivent pas encore à évaluer l'impact de ces restrictions. "Il est encore un peu tÎt pour avoir une estimation de l'impact du retour des motifs impérieux" explique Air austral.
Globalement, cette décision aura forcément un impact sur le secteur touristique. Celui-ci dépend désormais de la population réunionnaise, pour survivre jusqu'à la réouverture des frontiÚres.
Pour rappel, depuis le lundi 18 janvier il faut obligatoirement justifier un motif impérieux et un test covid négatif datant de moins de 72 heures pour voyager entre La Réunion et Mayotte et inversement.
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Le secteur touristique est bien moins en danger que la planÚte, et le réchauffement climatique causé par tous ces déplacements.