Mondial-2018

France-Argentine: les Bleus ont rendez-vous avec leur destin

  • PubliĂ© le 29 juin 2018 Ă  15:23
  • ActualisĂ© le 29 juin 2018 Ă  15:28
Séance d'entraßnement pour les joueurs de l'équipe de France à Istra, le 27 juin 2018, à trois jours du choc contre l'Argentine

Ça passe, en Ă©teignant l'astre Lionel Messi, ou ça casse, et c'est la crise assurĂ©e: l'Ă©quipe de France doit montrer contre l'Argentine ce qu'elle a dans le ventre, en 8e de finale du Mondial samedi Ă  Kazan (16h00 Ă  Paris).

C'est dans la capitale du Tatarstan que les Français avaient débuté leur Coupe du monde, de maniÚre apathique, et c'est là qu'ils s'engagent dans les matches à élimination directe, les "mata-mata" comme on dit en Amérique du Sud: soit on tue, soit on est tué. Apathie interdite, et frissons garantis entre les vice-champions d'Europe et vice-champions du monde.

L'objectif officiel des Bleus est d'atteindre la demi-finale, mais les joueurs, le peuple français et jusqu'au prĂ©sident de la RĂ©publique ont la "deuxiĂšme Ă©toile", aprĂšs celle de 1998, dans un coin de la tĂȘte ou sur le bord des lĂšvres.
Il faut dĂ©jĂ  monter dans le quart, oĂč les Bleus s'Ă©taient arrĂȘtĂ©s au Mondial-2014. Le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration (FFF) NoĂ«l Le GraĂ«t a martelĂ© que Didier Deschamps resterait en poste jusqu'en 2020, mais une Ă©limination dĂšs les 8e de finale rognerait forcĂ©ment l'attache Ă  "DD"...

- Griezmann attendu -

Son Ă©quipe a pour l'instant avancĂ© de guingois. Elle a obtenu les rĂ©sultats, deux victoires et un nul (Australie 2-1, PĂ©rou 1-0, Danemark 0-0), mais a sacrifiĂ© la maniĂšre sur l'autel de l'Ă©tanchĂ©itĂ© - un seul but encaissĂ©, sur penalty, sans ĂȘtre vraiment inquiĂ©tĂ©e dans l'ensemble. Un jeu atone qui ne fait guĂšre vibrer ses supporters... Contre l'Argentine, le jeu, ce sera de mettre ses tripes sur le grill argentin, attisĂ© notamment par un Javier Mascherano assaisonnĂ© Ă  la grinta. Les Bleus ont-ils du caractĂšre? "Contre le PĂ©rou, je l'ai vu. Ils nous sont rentrĂ©s dedans, on a rĂ©pondu prĂ©sent. On a eu une fin de match compliquĂ©e, avec pas mal d'attaques, mais tout le monde a dĂ©fendu. On a eu cet Ă©tat d'esprit, il faut le garder contre l'Argentine", a soulignĂ© Samuel Umtiti.

La défense bleue avait alors été compacte, quitte à faire jouer Kylian Mbappé contre-nature cÎté droit, avec repli obligatoire, et à aligner Blaise Matuidi en faux ailier gauche. "On est en bloc et on essaie de récupérer le ballon pour pouvoir contrer, parce qu'offensivement on a des joueurs de qualité, qui vont vite et qui sont capables de faire la différence", a expliqué le gardien remplaçant Steve Mandanda.
En pointe, Olivier Giroud apportera son "plaisir dans la douleur" et voudra prouver qu'il peut marquer contre une sélection huppée en phase finale, et ainsi dépasser l'idole Zinédine Zidane au classement des buteurs historiques en équipe de France (ils sont quatriÚmes à égalité, avec 31 réalisations).

Mais, dans l'animation offensive, c'est surtout Antoine Griezmann qui est attendu de pied ferme par la France du foot, lui qui n'a été lors du premier tour que l'ombre du meilleur joueur de l'Euro-2016. "J'espÚre hausser encore mon niveau en huitiÚmes", avait-il dit aprÚs la mascarade moscovite de mardi face aux Danois. Le temps presse...

- Messi revanchard -

Paul Pogba, auteur au contraire d'un bon tournoi jusqu'à présent, voulait les clefs de l'équipe; à lui désormais de s'en servir, et de montrer comment une "Pioche" écrase une "Puce". Car cette fois pour les Bleus en 8e de finale, c'est l'Argentine de Messi; ce n'est ni le Nigeria (2-0 au Mondial-2014) ni l'Irlande (2-1 à l'Euro-2016), mais une nation majeure du foot, titrée deux fois en Coupe du monde (1978, 1986) et finaliste de la derniÚre édition.

Certes, l'Albiceleste s'est qualifiĂ©e sur le fil, aussi bien pour aller en Russie que pour s'extraire de son groupe au premier tour; certes, elle prĂ©sente des carences dĂ©fensives, exploitĂ©es par Islandais (1-1), Croates (0-3) et NigĂ©rians (2-1); certes, son sĂ©lectionneur Jorge Sampaoli s'est fait dĂ©poser par la "rĂ©publique des joueurs". Mais le prĂ©sident en est rien moins que Messi, mythe vivant, avec des ministres tels que Sergio AgĂŒero, Angel Di Maria, Gonzalo Higuain ou Ever Banega. Et le buteur hors norme, aprĂšs quatre finales perdues (trois Copas America, un Mondial), vit peut-ĂȘtre Ă  31 ans sa derniĂšre chance de glaner un titre international et d'Ă©loigner l'encombrant Diego Maradona, qui mĂšne toujours le jeu dans la mĂ©moire collective comme dans les tribunes russes.

- © 2018 AFP

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