Santé : les maires s'inquiètent d'une possible suppression du SMUR pédiatrique et néonatal du Sud

  • Publié le 17 septembre 2026 à 10:31
  • Actualisé le 17 septembre 2026 à 10:48
Les pouponnières de l'Aide sociale à l'enfance accueillent des bébés de la naissance à trois ans, placés le plus souvent par la justice car ils sont à risque de danger dans leur famille ( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

L'Association des maires du département informe le directeur de l'Agence régionale de santé de sa "vive inquiétude au sujet d'une éventuelle suppression du SMUR pédiatrique Sud". Dans un contexte de forte tension hospitalière sur l'ensemble de l'île, l'AMDR craint "des conséquences irréversibles sur la sécurité des nouveau-nés et des enfants les plus fragiles de notre territoire en provoquant : une rupture d'équité territoriale, un allongement des délais d'intervention pour le Sud et l'Ouest." Pour rappel, à La Réunion, les femmes ont deux fois plus de risques de perdre leur bébé que les mères de l'Hexagone.

Dans un communiqué envoyé aux rédactions ce jeudi 17 septembre 2026, l'AMDR interpelle Jean-Jacques Coiplet, directeur de l'ARS et lui demande une réunion d'urgence sur ce sujet.

Serge Hoareau écrit : "Cette suppression, si elle venait à être entérinée, aurait des conséquences irréversibles sur la sécurité des nouveau-nés et des enfants les plus fragiles de notre territoire en provoquant : une rupture d'équité territoriale, un allongement des délais d'intervention pour le Sud et l'Ouest, un risque de perte de chance significatif et une modification substantielle de la finalité territoriale des moyens initialement attribués".

"Le sujet d'une éventuelle suppression du SMUR pédiatrique Sud est un enjeu majeur de santé publique" lance l'AMDR.

"Très concrètement, il s'agit de garantir un égal accès aux soins urgents spécialisés à tous les enfants réunionnais, où qu'ils vivent. Une telle rupture d'égalité menace l'équilibre de l'ensemble du territoire, c'est pourquoi nous nous y opposerons farouchement" expliquent les maires de l'île.

"Cette orientation semble d'autant plus incompréhensible que le 6 janvier 2026, l'Agence régionale de santé a défini une organisation reposant sur deux SMUR pédiatriques, l'un au Nord et l'autre au Sud, disposant de moyens dédiés et intégrés à une régulation régionale commune par le SAMU 974" assure l'AMDR.

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- Mortalité infantile : une situation "très sérieuse" et "méritant une attention particulière" dans des départements d'outre-mer - 

Si les chiffres de la mortalité infantile sont connus, un nouveau rapport de l'Igas, inspection générale interministérielle du secteur social, publié en début d'année, déplore une situation "très sérieuse" et "méritant une attention particulière" dans des départements d'outre-mer.

Des risques bien connus de l'ARS dans un contexte local où les nouveaux-nés réunionnais ont deux fois plus de risques de mourir entre leur naissance et leurs premiers mois de vie. 

Une étude de l'Insee, publiée en avril 2025, indiquait que les femmes originaires des départements d'outre-mer ou d'un pays d'Afrique sont plus à risque de perdre leur bébé dans leur première année de vie.

De 2004 à 2022, le taux de mortalité infantile est deux fois plus élevé dans les DOM avec un niveau qui atteint les 8 ‰ contre 3,5‰ en moyenne dans l'Hexagone. Sur notre île, ce taux est à 6,9 ‰ de décès pour 1.000 naissances.

Si la précarité est l'un des éléments qui favorisent le taux de mortalité infantile, l'accès aux soins est également un facteur à prendre en compte. 

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