Tribune libre de Perceval Gaillard

Mortalité infantile en France : une honte et un scandale

  • Publié le 6 août 2026 à 05:53
  • Actualisé le 6 août 2026 à 05:57
Perceval Gaillard

Alors que le taux de décès d'enfants avant leur premier anniversaire a grimpé à 4,1 pour 1000 naissances en 2024, soit 2709 enfants, plaçant ainsi la France au 23ème rang sur 27 des pays de l'Union européenne, la presse nationale révèle qu'un rapport de 304 pages de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été littéralement enterré par la ministre de la Santé depuis janvier 2026. (Photo d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

À la honte d'être responsable d'une telle situation, le gouvernement ajoute le scandale de vouloir cacher la réalité crée par sa politique.

Les conclusions de ce rapport sont en effet particulièrement critiques des politiques publiques menées depuis deux décennies.

"Si la France connaissait le taux de mortalité ­infantile moyen de l’UE, soit 3,3 pour 1.000, ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées en 2024. Et, si la France avait obtenu les résultats de l’Italie ou du Portugal, soit une mortalité infantile de 2,5 pour 1.000, elle aurait cette fois évité le décès avant 1 an de 1.057 enfants". Deux pays qui connaissent pourtant les mêmes tendances que la France, soit des mères de plus en plus précaires et âgées.

La France a donc un problème structurel. Les politiques menées depuis 20 ans, en particulier les fermetures massives de maternités, sont en cause.

D’autre part le document note que la France présente d’immenses défauts dans l’accompagnement des mères touchées par la pauvreté.

Ce qui atteste des défaillances de notre système de prévention. En France, du fait de leurs difficultés budgétaires, les centres de protection maternelle et infantile (PMI) ont vu le nombre de mères et d’enfants suivis être divisé par deux depuis 1995.

Alors que les besoins, eux, ont augmenté. Passée des premiers rangs européens, la France ne cesse de dégringoler depuis 2011. Cette situation catastrophique n'a rien d'une fatalité, c'est un choix politique.

En tant que député de la République, je vais donc officiellement saisir le ministère de la Santé afin qu'il rende public ce rapport.

Pour ce qui est du changement de politique, nous réparerons tout ce qui a été cassé à partir de 2027 en augmentant les moyens des centres de PMI, en rouvrant les maternités fermées, en refaisant de la prévention une priorité.

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