À La Réunion, une mortalité périnatale plus élevée qu'au niveau national

  • Publié le 8 juillet 2026 à 16:05
  • Actualisé le 8 juillet 2026 à 17:49
Enfants

La Réunion reste confrontée à des défis majeurs en matière de santé périnatale. Si le suivi des femmes enceintes s'améliore, plusieurs indicateurs demeurent plus défavorables qu'en France hexagonale, d'après le dernier bulletin régional publié par Santé publique France. La mortalité périnatale est notamment plus élevée qu'au niveau national. (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)

La natalité poursuit sa baisse. En 2024, 11.818 naissances vivantes ont été enregistrées sur l'île, contre près de 2.500 de plus en 2012. Malgré ce recul, La Réunion conserve un taux de natalité de 13,2 naissances pour 1.000 habitants, nettement supérieur à la moyenne nationale (9,6 ‰).

Le bulletin de Santé publique France met également en lumière une mortalité périnatale plus élevée qu'au niveau national. En 2024, La Réunion enregistre 11,8 enfants mort-nés pour 1.000 naissances et 5,8 décès infantiles pour 1.000 naissances vivantes, des indicateurs qui restent parmi les plus préoccupants du territoire français.

Le rapport rappelle également que la mortalité maternelle atteint 18,1 décès pour 100 000 naissances vivantes sur la période 2013-2018, contre 11,1 pour 100 000 à l'échelle nationale. Un écart qui souligne la persistance d'inégalités de santé entre La Réunion et l'Hexagone.

Selon Santé publique France, ces résultats sont à mettre en perspective avec la fréquence plus élevée de plusieurs facteurs de risque observés sur l'île, notamment la précarité, le surpoids, le diabète, les troubles hypertensifs de la grossesse et la prématurité, autant de déterminants susceptibles d'influencer la santé des mères et des nouveau-nés.

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- Des grossesses plus précoces -

Le rapport met aussi en évidence une situation sociale plus fragile que dans l'Hexagone. Près d'une femme sur deux ayant accouché en 2024 (48,6 %) bénéficiait de la Complémentaire santé solidaire (C2S) ou de l'Aide médicale de l'État (AME), contre seulement 17,4 % au niveau national. Cette forte proportion témoigne d'une précarité importante, susceptible d'influencer la santé de la mère comme celle de l'enfant.

Autre particularité réunionnaise : les grossesses précoces restent beaucoup plus fréquentes. Les femmes de moins de 20 ans représentent 5,7 % des accouchements, soit trois fois plus que la moyenne française (1,8 %). À l'inverse, la proportion de mères âgées de 35 ans ou plus demeure légèrement inférieure à celle observée dans l'Hexagone.

Sur le plan médical, plusieurs facteurs de risque progressent. Avant même la grossesse, 46,2 % des femmes sont en situation de surpoids ou d'obésité, une proportion largement supérieure à la moyenne nationale. Le diabète préexistant touche également deux fois plus de femmes qu'en France (2,07 % contre 0,92 %), tandis que l'hypertension chronique est aussi plus fréquente.

Ces facteurs se répercutent pendant la grossesse. Le diabète gestationnel concerne désormais 19,5 % des femmes enceintes à La Réunion, contre 15 % au niveau national. Les troubles hypertensifs de la grossesse touchent 9,5 % des grossesses, soit près du double du taux observé en France.

Les conséquences se retrouvent également chez les nouveau-nés. En 2024, un enfant sur dix est né prématurément sur l'île, contre 6,7 % en France. Les bébés de faible poids sont aussi beaucoup plus nombreux : 13,1 % pèsent moins de 2,5 kg à la naissance, contre 7,4 % au niveau national.

- Certains indicateurs qui s'améliorent -

Le bulletin souligne toutefois plusieurs points positifs. La Réunion figure parmi les régions où le recours à l'entretien prénatal précoce est le plus élevé. En 2024, près de sept femmes enceintes sur dix (69,3 %) en ont bénéficié, un taux supérieur à la moyenne nationale.

L'entretien postnatal progresse lui aussi, avec 32,5 % des jeunes mères concernées, contre 24,9 % en France.

L'allaitement constitue également un point fort. En maternité, plus de huit mères sur dix mettent en place un allaitement, et deux mois après la naissance, 66 % poursuivent un allaitement exclusif ou mixte, des niveaux supérieurs à ceux observés dans l'Hexagone.

En revanche, certaines pratiques de prévention restent perfectibles. Seules 12 % des femmes déclarent avoir pris de l'acide folique avant la grossesse, pourtant recommandé pour prévenir certaines malformations. La vaccination contre la grippe pendant la grossesse demeure également très faible, avec seulement 3,4 % de femmes vaccinées lors de l'enquête de 2021.

Enfin, le rapport attire l'attention sur la santé mentale des futures mères. Plus d'une femme sur trois (38,1 %) rapporte avoir ressenti une période prolongée de tristesse ou de perte d'intérêt pendant sa grossesse, tandis que près d'un quart indique que la grossesse n'était pas souhaitée ou aurait été préférée plus tard.

Pour Santé publique France, ces données doivent permettre d'adapter les politiques de prévention aux spécificités réunionnaises. Si la qualité du suivi périnatal progresse, les niveaux élevés de précarité, de diabète, de surpoids et de prématurité montrent que la santé des mères et des nourrissons demeure un enjeu majeur sur le territoire.

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