Depuis plusieurs semaines, Madagascar connaît une série de disparitions inquiétantes et de meurtres particulièrement violents. Les victimes sont le plus souvent des enfants, des adolescents ou des jeunes adultes. Face à cette hausse des faits divers, la population est inquiète, tandis que les autorités tentent de renforcer la sécurité. Pour les médias malgaches, ces faits soulèvent une polémique autour d'une possible instrumentalisation politique de ces drames. (Photo d'illustration Pierre Bellusci / www.imazpress.com)
Au fil des semaines, les disparitions et les assassinats se multiplient à Madagascar. En une semaine, trois mineurs et un père de famille ont été retrouvés assassinés.
Selon Midi Madagasikara, les premières vagues de disparitions ont débuté en mai 2026. Certains des enfants ou adolescents ont été retrouvés morts, dans des circonstances extrêmement violentes, à l'image de Sahala, 12 ans, retrouvée sans vie au lendemain de sa disparition. Ou encore Johary, 19 ans, découvert mort dans une carrière après avoir disparu le 6 juillet dernier. D'autres, comme Jessica 4 ans, ou Tatamo Onisoa, 31 ans, restent introuvables.
- 47 personnes toujours portées disparues -
D'après L'Express Madagascar, la situation est devenue préoccupante dans la capitale, Antananarivo. Le quotidien rapporte que treize nouvelles disparitions ont encore été signalées en une seule journée. Les chiffres communiqués quelques jours plus tôt par la police faisaient déjà état de 90 disparitions d'enfants depuis le début de l'année, dont 47 personnes toujours portées disparues. "Les familles n’ont aucun retour et les recherches n’ont rien donné. Depuis, les chiffres se sont aggravés et la situation devient alarmante", souligne le journal.
- Un sentiment d'insécurité -
Comme le rapporte Midi Madagasikara, cette succession de drames plonge de nombreux parents dans la psychose, ces derniers préférant désormais ne plus laisser leurs enfants jouer dehors ou se déplacer seuls. Associations, artistes, influenceurs et créateurs de contenus malgaches multiplient également les appels sur les réseaux sociaux afin d'obtenir des mesures fortes de la part des autorités.
Face à cette émotion grandissante, le gouvernement malgache a annoncé un important renforcement des dispositifs de sécurité. "Des mesures préventives sont déjà en place et des ordres stricts ont été donnés aux ministres concernés", a assuré le premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, dans une déclaration publiée mardi sur la page Facebook de la Primature.
Selon La Tribune de Madagascar, des centaines de militaires, policiers et gendarmes ont été déployés afin d'intensifier les patrouilles de jour comme de nuit. Le quotidien indique également que ces événements prennent une dimension politique.
- Polémique sur fond d'affrontement politique -
Le Premier ministre malgache estime que certaines personnes chercheraient à compromettre le processus de "Refondation" engagé par le gouvernement. Plusieurs soutiens du pouvoir évoquent même une stratégie de déstabilisation orchestrée par des responsables de l'ancien régime.Â
À ce stade, précise le média de la grande île, aucune preuve publique n'a été présentée pour étayer ces accusations.
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Au-delà des débats politiques, les trois médias s'accordent sur un même constat : la population attend avant tout que la lumière soit faite sur ces drames. Les familles réclament des enquêtes approfondies, des réponses de la justice ainsi que des mesures concrètes pour garantir la sécurité de tous.
Dans ce contexte, rappelons que dans des pays confrontés à une forte pauvreté, à la corruption ou à la faiblesse des institutions, à l'instar de Madagascar, "les disparitions d’enfants et de femmes alimentent depuis longtemps des réseaux criminels particulièrement lucratifs", telles que l’exploitation sexuelle, la prostitution forcée, les adoptions illégales ou encore le trafic d’organes. À ce stade, aucun élément ne permet toutefois d’établir un lien entre ces réseaux et les disparitions actuellement recensées à Madagascar, où les enquêtes se poursuivent.
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