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Coupe du monde 2018

Mais au fait, ça veut dire quoi, "jouer en équipe"?

  • Publié le 8 juillet 2018 à 15:43
  • Actualisé le 8 juillet 2018 à 15:58
Pas moins de 4 défenseurs de l'équipe de France bloquent l'accès à l'Uruguayen Luis Suarez lors du quart de finale disputé à Nijni Novgorod, le 6 juillet 2018

Les Bleus, la Belgique, "ils (ne) jouent (pas) en équipe": des commentateurs ont formulé ce genre de constat avant ou pendant le Mondial-2018. Mais qu'est-ce que ça signifie? L'AFP a sondé quelques techniciens pour décrypter cette expression phare du jargon footballistique, avant la demi-finale entre voisins mardi.

"Le Graal de l'entraîneur!"

"Jouer en équipe? Ah ça... C'est le Graal de l'entraîneur, et un vaste sujet, on pourrait en faire des bouquins!", observe en riant l'ancien entraîneur du Paris SG, Guy Lacombe, tandis que René Girard, champion de France 2012 avec Montpellier, grommelle: "il y a des intellos du foot qui aiment trouver des mots..."

"Si je voulais être un petit peu provoc', je vous répondrais qu'à partir du moment où on joue au football, c'est normal de jouer en équipe", sourit pour sa part Raynald Denoueix. Mais l'ancien entraîneur de la Real Sociedad apporte immédiatement une nuance: "ça DEVRAIT toujours être comme ça, ne pas pouvoir être autrement".

"Il y a des équipes qui ont des grosses individualités mais si chacun joue un peu pour sa pomme, il y a danger", abondait René Girard lors de la phase de poules. "Par exemple les Belges", futurs adversaires de la France, "ont un gros potentiel et pour eux, c'est un peu l'année ou jamais, mais s'ils ne mettent pas du leur pour jouer collectivement..."

"L'ego peut prendre le dessus"

"Plus vous avez de joueurs à fort potentiel, et plus c'est difficile parce que l'ego peut prendre le dessus, mais plus c'est facile à la fois parce qu'ils savent qu'ils ont besoin les uns des autres", déroule Guy Lacombe. "Et il y a des joueurs très individualistes qui peuvent apporter un plus, en marquant par exemple, et l'équipe doit alors être en harmonie avec ce joueur pour que la concrétisation puisse se produire."

"Jouer en équipe" n'est donc pas qu'une question d'individualisme réprimé... Même si Pierre Repellini, ancien entraîneur du Red Star et de Saint-Etienne, donne une définition "toute simple, celle d'une équipe où les individualités se mettent au service de la collectivité, parce que c'est ça qui fait avancer". Il donne l'exemple de l'avant-centre des Bleus Olivier Giroud, toujours en quête de son premier but lors du Mondial-2018. "Il se bat devant, un vrai chiffonnier, il donne des coups... Et d'autres ont la place de faire d'autres choses derrière. Chacun est dans son rôle pour que tout le monde apporte sa pierre à l'édifice."

"Avoir des repères"

Raynald Denoueix va plus loin. "Le boulot pour un entraîneur comme pour son équipe, c'est d'avoir des repères. Quand on dit que ça ne joue pas en équipe, pas collectivement, c'est qu'il manque des repères, des connexions qui font que les joueurs se comprennent sur le terrain."

"Quand il y a des repères et que chacun interprète à la même seconde le jeu de la même manière, c'est plaisant et c'est ce qui fait que les supporters peuvent éprouver un certain plaisir", observe l'ancien défenseur. "A contrario, quand il n'y a pas cela, ce n'est agréable ni pour ceux qui jouent, ni pour ceux qui regardent... Ca ne ressemble à rien!"

"Le travail passe par unir d'abord le groupe, ensuite les joueurs sur le terrain", poursuit Guy Lacombe. "Il y a plusieurs manières de faire, plusieurs philosophies possibles et ensuite entre en ligne de compte la qualité de l'entraîneur comme bien sûr des joueurs, certains ayant une notion de l'équipe un peu différente..."

"Adhésion et respect"

Et qui est le garant de ce jeu collectif? C'est "à l'entraîneur de préparer son équipe", estime Guy Lacombe mais attention: il lui faut l'adhésion des joueurs. "Ce n'est pas possible que chacun ait sa stratégie sur le champ de bataille", image Raynald Denoueix. "Il faut adhésion et respect de ce qui a été mis en place pour que ça fonctionne", quelle que soit la stratégie déployée.

Interrogé samedi sur la force collective des Bleus, le défenseur Raphaël Varane a synthétisé: "Ca ne vient pas du jour au lendemain, il y a tout un travail qui est réalisé. Ca fait plusieurs années qu'il y a une dynamique dans le groupe et c'est notre rôle au quotidien de bien faire vivre le groupe."

Le groupe vit bien. Voilà un autre grand classique du jargon footballistique...

- © 2018 AFP

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