Il a été champion du monde en 1998

Robert Pires : "A eux de rendre la France très fière", souligne Pires à l'AFP

  • Publié le 14 juillet 2018 à 21:11
  • Actualisé le 15 juillet 2018 à 07:04
Le Français Robert Pires (c) lors d'un match exhibition au Stade de France le 12 juillet 2008

"C'est à cette nouvelle génération d'écrire son histoire. A eux de rendre la France très fière", lance le champion du monde 1998 Robert Pires, dans un entretien accordé à l'AFP samedi, à la veille de la finale du Mondial-2018 entre la France et la Croatie.

Q: Sentez-vous un parallèle entre votre titre de 1998 et cette finale 2018 ?

R: "Ce serait formidable qu'ils gagnent tout simplement, il y aurait une passation de pouvoir. On a eu notre propre génération, on a écrit notre propre histoire, c'est à cette nouvelle génération, cette nouvelle équipe emmenée par Didier (Deschamps) d'écrire sa propre histoire. Si on fait un parallèle entre les deux, on est dans la même physionomie de jeu, on ne pratique pas un beau football, mais à l'arrivée on gagne, comme en 1998".

Q: Comment préparer une finale de Coupe du monde ?

R: "C'est compliqué, stressant avec beaucoup d'adrénaline, beaucoup de pression, beaucoup de choses qui entrent en jeu. C'est des moments magiques, uniques. Ca dépend comment on gère la situation. C'est un événement planétaire, c'est pour ça que le rôle de Didier (Deschamps) va être important dans l'avant-match".

Q: Gardez-vous un souvenir de votre avant-match ?

R: "Les titulaires et les remplaçants ne préparent pas le match de la même manière. J'étais plus dans une phase plus relax et tranquille, je savais que les titulaires étaient dans une autre ambiance. Nous à l'époque, on avait des joueurs avec beaucoup d'expérience, ça nous a beaucoup aidés, c'est clair. J'avais beaucoup aimé l'une des phrases de Lilian Thuram quand il disait, +on n'est pas bon, mais qu'est-ce qu'on rigole+ . Ca, c'était plutôt pas mal pour évacuer la pression. Il le disait à tout le monde".

Q: Quel regard portez-vous sur Didier Deschamps de 98 à 2018 ?

R: "Je suis très content et heureux pour lui. Je ne suis pas surpris. Sur le terrain, c'était déjà un meneur d'hommes, un vrai leader. Aujourd'hui, il est dans le même personnage, sauf qu'il est sur le banc. C'est quelqu'un qui va vous aider, vous stimuler, quelqu'un qui va vous tirer les oreilles, vous engueuler. Certes, l'homme fort c'est le groupe, mais pour moi l'homme fort, c'est Deschamps".

Q: Quelles images gardez-vous de cette Coupe du monde 2018 ?

R: "Ce que j'aime, c'est que tout le monde tire dans la même direction. On sent une certaine solidarité, une envie avec beaucoup de courage. Le capitaine du navire, en fait, c'est Didier. Il sait ce que ça veut dire gagner, il sait ce que ça veut dire lever une Coupe du monde, donc il a un très beau message à faire passer à ses joueurs. Il le sait qu'on ne pratique pas un beau football, mais vous savez en 98, c'était un peu la même chose et à l'arrivée on a décroché le titre de champion du monde. C'est la même physionomie. Je lui souhaite et leur souhaite de décrocher la deuxième étoile".

Q: Y a-t-il un parallèle entre Deschamps et Aimé Jacquet ?

R: Oui, bien sûr. Il y a eu l'élève et le maître. Chaque sélectionneur a sa philosophie de jeu, mais les deux sont dans une phase où le plus important, c'est la base défensive. Avec Jacquet, on ne prenait pas beaucoup de buts, aujourd'hui mis à part les trois buts encaissés face à l'Argentine, cette équipe est très très solide".

'Q: Le titre de 98 a-t-il changé votre vie ?

R: "Ah oui, il a changé notre vie. On est passés dans un autre univers. Au lendemain du 12 juillet, les gens nous regardaient différemment, nous ont aimés, nous ont adorés. Après, sur le marché des transferts, les prix n'étaient plus les mêmes. C'est pour ça que ce titre est important, pour la France déjà, et pour les joueurs aussi".

Q: Quand vous regardez Kylian Mbappé, que dites-vous ?

R: "On a eu le même phénomène en 98 avec Thierry Henry, je n'ai pas peur de le dire. Il avait vingt ans, peut-être qu'il était moins titulaire, mais il allait aussi vite. Techniquement, il était doué, il marquait des buts. C'est pour ça que je ne suis pas trop surpris de voir l'explosion de Mbappé. Il me rappelle +Titi+, tout simplement. A lui de suivre le même chemin, je lui souhaite".

Q: Votre message à Didier Deschamps ou aux joueurs avant la Croatie ?

R: "DD, je lui parle souvent, régulièrement, j'aime beaucoup ce qu'il fait. Ce n'est pas facile, pas évident. Il y a des gens qui ne lui ont pas fait de cadeaux. Le message aux joueurs, c'est de profiter de cet instant et encore une fois de marquer l'histoire, c'est important pour eux et pour la France. Je pense qu'ils en sont conscients. A eux de rendre la France très fière d'eux".


AFP

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