Tribune libre de Philippe Naillet

"Engageons-nous pour la paix, pas pour la guerre !"

  • Publié le 5 mars 2026 à 14:05
  • Actualisé le 5 mars 2026 à 14:10
Philippe Naillet et Audrey Belim

Alors que les tambours de la guerre résonnent à nouveau au Moyen-Orient, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez rappelait il y a peu une évidence : "on ne corrige pas une illégalité par une autre". L’Iran est aujourd’hui le théâtre d’une guerre imposée en dehors de tout cadre juridique international. Cette violation flagrante du droit international est devenue la nouvelle norme (Photo : Stéphan Lai-Yu/www.imazpress.com)

L’Organisation des nations unies (ONU), fondée sur les cendres de la deuxième guerre mondiale, garante de la paix et de la sécurité collective, a été une fois de plus contournée, et même les membres permanents du Conseil de Sécurité, dont la France, n’ont pas été informés du déclenchement des hostilités. Les buts de guerre américains sont flous, l’opacité règne, et déjà les civils innocents subissent les conséquences de ce déchaînement de violence (près d’un millier de morts).

Le poète Khalil Gibran, nous rappelle dans "Le Prophète" que "la dignité d’un peuple ne se mesure pas à la crainte qu’il inspire, mais à l’humanité qu’il préserve." Cette guerre, déclenchée alors que le médiateur d’Oman indiquait encore récemment qu’un accord diplomatique était "à portée de main", est une attaque directe, comme toutes les guerres, contre l’humanité qui nous lie chacun et chacune par-delà les frontières.

Les États-Unis et Israël ont fait le choix inacceptable de privilégier la force brute à la négociation. Il ne s’agit pas ici de pleurer la disparition d’un dirigeant sanguinaire comme Khamenei. Mais les enlèvements et les assassinats de dirigeants ne sauraient être légitimés. Ils ne font, comme on le constate actuellement, qu’alimenter un cycle de violence dont les premières victimes sont toujours les populations le payant directement du prix de leur vie. La fin des hostilités ne sera pas pour autant synonyme d’un statu quo politique, et les dirigeants de la théocratie iranienne devront être traduits devant la justice internationale pour les crimes perpétués contre leur peuple de même que Benyamin Netanyahou qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour sa politique génocidaire menée contre les palestiniens.

Ainsi, le déclenchement de conflits ces dernières décennies au mépris du droit international, que ce soit en Irak, en Ukraine, ou bien en Iran, viole la Charte des Nations Unies pourtant clé de voûte du système multilatéral. Quelle place pour la France alors que les logiques guerrières des nouveaux "empires" semblent s’imposer ? La réponse est aussi simple que le défi est grand : engageons-nous pour la paix, pas pour la guerre !

La France doit plaider sans relâche la paix et le respect du droit international.

Ne cédons pas aux sirènes bellicistes qui voudraient nous enliser dans une confrontation militaire aux issues incertaines. Seul pays de l’Union européenne membre du Conseil de sécurité de l’ONU, la France est face à une responsabilité historique alors que l’embrasement du Moyen-Orient menace.

Philippe Naillet
Député de La Réunion
1ère circonscription

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