GRAND RAID Vincent Esmiol toujours en tête, a pointé à la Plaine des Merles

GRAND RAID La première féminine de la Diagonale des Fous, Ruth Croft, pointe à Hell-Bourg

voir plus

Tribune libre

Albert Mourvaye, un grand Réunionnais qui a su donner son temps et sa vision de l'avenir à notre jeunesse

  • Publié le 16 octobre 2026 à 07:43
  • Actualisé le 16 octobre 2026 à 08:08
eclairage bougie

Albert Mourvaye nous a quittés ce mercredi 14 Octobre, quelques courtes annéesseulement aprés Marie, sa chère épouse. Il avait 95 ans. Nous sommes très nombreux à avoir manifesté notre sympathie à Annie et Catherine, ses deux filles et à leurs conjoints ainsi qu’à ses deux petits enfants Yann et Julie (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Albert a marqué profondement la vie réunionnaise et plus particulièrement celle de sa ville du Port, là où il enseigna de nombreuses années durant les mathématiques et où il assuma, en sa fin de carrière, les fonctions de Principal de Collège. Nous n’oublierons jamais l’immense grandeur de sa perséverance dans la construction des bases d’une formation profonde pour notre jeunesse, dans le domaine de l’Education et plus particulièrement du Sport.

C’est tout logiquement que, lorsque en 1971 l’équipe municipale conduite par Paul Vergès décide de la création d’un Office Municipal du Sport qui aura à faire de la pratique sportive un levier du développement des quartiers de la cité, oui, c’est tout naturellement que la proposition est faite à Albert d’en assumer la responsabilité de Président.

Dans l’ouvrage paru en 1996 sur "L’OMS DU PORT, OÙ LE PARI DU SPORT POUR TOUS ET TOUTES", Albert écrivait en avant-propos ces lignes qui sont restées dans bien des mémoires :

"Mars 1971 , Le Port. Changement d’équipe à la tête de la municipalité. Liesse populaire ! Mais qu’y a-t-il vraiment de changé ? L’évènement vient de révéler l’existence d’une société à deux vitesses. La fracture sociale dont on parle tant aujourd’hui est déjà une réalité. On ne peut plus ignorer les-laissés-pour- compte avec leurs bidonvilles et "leur bois de lait".

"Il faut alors sans cesse dialoguer et encore dialoguer. Mais le verbe n’est pas toujours à la portée de ceux que l’on veut toucher. Ne les laisse-t-il pas indifférents, voire méfiants tant les préoccupations quotidiennes sont insupportables ?

Comment éviter que le faille ne se creuse davantage ? Comment arrêter, sinon réduire, la marginalisation d’une partie de la population ?

Le sport dans la ville constitue l’un des moyens les plus efficaces pour créer ce lien indispensable à toute cohésion sociale d’une cité...

Aprés de longues discussions, enrichissantes certes, parfois pénibles mais toujours indispensables , des séances de travail laborieuses, une observation critique du terrain, un petit groupe de personnes désireuses de participer elles aussi à l’évolution de la situation, sont convaincues que l’organisme le plus apte à rassembler, à organiser, à responsabiliser, c’est cet OMS adapté à nos besoins qu’il faut bâtir...

Et l’aventure commence..Entreprise délicate, ambitieuse, passionnante. Les projets et les idées ne manquent pas. Les problèmes aussi...

L’OMS s’y attaque résolument. Alors, l’OMS dérange. Aprés vingt-cinq ans de militantisme désinteressé et responsable, en dépit des insuffisances et des erreurs, le bilan incite à l’optimisme. La population, dans sa majorité, adhère. La sérénité est retrouvée. La confiance est là. Que l’aventure continue...

Oui, Albert , tu resteras pour beaucoup d’entre nous celui qui a su porter son regard sur l’avenir de notre population et plus particulièrement sur nos jeunes appelés à être les responsables de demain.

Tu es parti, pour une autre monde, là où tu retrouveras, nous l’espérons bien, tous ceux et toutes celles qui ont travaillé avec toi et plus particulièrement Marie, sa chère épouse, elle qui t’a soutenu dans ton engagement mititant et désintéressé...

Va, Albert, va plus loin encore. Et reste dans notre mémoire...Que ton parcours sur cette île éclaire la jeunesse de notre île pour qu’elle sache assumer à son tour sa part de responsabilité pour bâtir la Réunion de demain.

Raymond Lauret

guest
0 Commentaires