Tribune libre de Joël Personné

Au Tampon, des croix gammées sur des affiches de campagne : quand la démocratie est prise pour cible

  • Publié le 5 mars 2026 à 08:24
  • Actualisé le 5 mars 2026 à 08:26
dégradations d'affiches et symboles nazis au tampon

Des croix gammées taguées sur les affiches d'un candidat à l'élection municipale du Tampon. Le mot "ASSASSIN" griffonné sur son visage. La mention "LFI = nazis" inscrite en grand sur du matériel de campagne officiel. Ces faits, signalés et documentés par Alexis Chaussalet et la liste "Nout' Voix, Nout' l'Avenir", ne sauraient être réduits à de simples dégradations matérielles. Ils constituent une attaque contre la démocratie elle-même.

Nous les condamnons avec la plus grande fermeté.

La croix gammée n'est pas un tag comme les autres. Ce symbole renvoie à une idéologie qui a organisé le génocide, institutionnalisé le racisme d'État, et persécuté des millions d'êtres humains. Le brandir — fût-ce à la nuit tombée et sur du papier — c'est banaliser l'innommable. C'est réintroduire dans l'espace public réunionnais une référence haineuse que notre société a le devoir de rejeter sans nuance ni équivoque.

Ce n'est pas un incident isolé. Ce n'est pas non plus une coïncidence.

Les tags de ce soir au Tampon s'inscrivent dans cette logique de déshumanisation que nous avons dénoncée : celle qui consiste à coller à un candidat l'étiquette infamante du nazisme pour le rayer symboliquement de l'espace public, avant peut-être de l'en chasser physiquement.

Nous tenons à dire clairement : "Alexis Chaussalet conduit une liste large, citoyenne, transpartisane, construite depuis des mois avec et pour les habitants du Tampon."

Peu importe les désaccords que l'on peut avoir sur tel ou tel point de programme : une campagne républicaine se gagne dans les urnes, pas dans la nuit, armé d'un feutre et d'une idéologie morbide.

Nous appelons les autres candidats à condamner publiquement ces actes, sans réserve ni ambiguïté.

Nous appelons les autorités compétentes à traiter cette affaire avec toute la gravité qu'elle mérite.

Et nous rappelons ce qui est un des engagements de Place Publique : la démocratie est fragile. Elle meurt toujours de l'intérieur, quand ceux qui prétendent la défendre décident qu'elle est un obstacle à éliminer. Ce que nous avons vu cette nuit au Tampon n'est pas de la politique. C'est de la lâcheté.

Nous ne nous habituerons pas et nous le combattrons toujours ! ici et ailleurs.

Joel Personné
Référent Place Publique Réunion

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