Tribune Libre de Laurent Virapoullé

CCAS de Saint-André : la CRC confirme nos alertes

  • Publié le 9 octobre 2026 à 13:24
  • Actualisé le 9 octobre 2026 à 14:03
2ème tour des muncipales - Saint-André

Dans son avis du 2 octobre 2026, la Chambre régionale des comptes de La Réunion met en évidence une situation budgétaire particulièrement préoccupante au Centre communal d’action sociale de Saint-André. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Comme nous l’avions dénoncé, les dépenses de personnel inscrites au budget 2026 ont été fortement sous-évaluées. La Chambre constate explicitement que leur prévision n’a pas été établie de manière sincère sur le plan budgétaire.

Ce constat exige des explications précises et publiques de la part du maire, également président du CCAS.

Pourquoi avoir sous-estimé à ce point les dépenses de personnel ?

Le CCAS avait inscrit 3,72 millions d’euros de charges de personnel pour 2026, contre 5,70 millions d’euros dépensés en 2025. Cela représente une diminution de 34,8 %, alors que la Chambre relève que les effectifs n’avaient pas évolué de manière significative et que les missions étaient restées les mêmes.

Au 4 septembre 2026, 98,6 % des crédits annuels de personnel étaient déjà consommés. La Chambre estime nécessaire de porter cette enveloppe à 5,28 millions d’euros, soit une correction de plus de 1,56 million d’euros.

Comment un budget aussi éloigné des besoins réels a-t-il pu être présenté et voté ? Qui a validé ces prévisions et sur quelles justifications ?

Nous demandons également que toute la lumière soit faite sur l’évolution des recrutements, des rémunérations et des dépenses du CCAS dans la période précédant les élections municipales. Des dépenses ont-elles été engagées à des fins électorales ? Nous demandons que l’évolution des dépenses avant les élections municipales soit examinée avec précision et que les responsables du CCAS apportent des explications publiques sur leur justification.

Une aide de 2,1 millions d’euros qui ne suffit pas à résorber le déficit

Le 30 septembre, le conseil municipal a voté une subvention supplémentaire de 2,1 millions d’euros, portant le soutien communal au CCAS à 5 millions d’euros pour 2026.

Malgré cet effort considérable, la Chambre évalue encore le déficit prévisionnel global à 391 708 euros après prise en compte de cette aide. Elle propose un plan de redressement sur deux exercices, en 2026 et 2027.

Cette dépense supplémentaire pèse sur les finances communales et réduit les moyens disponibles pour les autres besoins de Saint-André. Comment est-elle financée ? Quels investissements ou services devront être réduits ou reportés ? Quelles conséquences pour les contribuables ?

Nous réitérons nos inquiétudes sur la sincérité du budget communal. L’avis porte sur le CCAS et ne permet pas, à lui seul, de conclure à l’insincérité des comptes de la ville. Mais les responsabilités communes exercées à la tête de ces deux institutions rendent indispensable une transparence complète sur les prévisions municipales et sur leur capacité à supporter durablement ce financement.

Des conséquences sociales particulièrement inquiétantes

Les perspectives présentées pour 2027 prévoient la fermeture des maisons d’accueil familial et la fin du recours aux agents en contrats aidés. Même avec ces mesures, une subvention communale d’environ 4,06 millions d’euros pourrait être nécessaire pour rétablir l’équilibre.

Ces orientations suscitent notre plus vive inquiétude pour les personnes accompagnées, leurs familles et les agents. Quelles solutions seront proposées aux bénéficiaires ? Comment la continuité de leur accompagnement sera-t-elle assurée ? Quelles conséquences humaines auront les réductions envisagées ?

Les Saint-Andréens les plus fragiles ne doivent pas subir les conséquences de prévisions budgétaires irréalistes.

Le CCAS fait désormais l’objet d’un suivi budgétaire par la Chambre

La Chambre demande au préfet de lui transmettre, pour information, les décisions modificatives du budget principal du CCAS pour 2026. Elle rappelle également que le budget primitif 2027 devra lui être transmis par le préfet dans le cadre de la procédure de redressement.

La situation exige donc un suivi institutionnel sur deux exercices. Elle ne peut plus être minimisée.

Le Département ne peut pas servir d’explication générale à ces défaillances

À aucun moment, cet avis ne constate que le Département aurait manqué à ses engagements. Il relève une diminution des autres dotations reçues par le CCAS, mais n’établit pas un manquement de la collectivité départementale.

Il met en revanche clairement en évidence une sous-évaluation des dépenses de personnel et des recettes insuffisamment justifiées. Il relève notamment que des financements espérés au titre d’appels à projets ne peuvent être retenus, faute de dossiers complets transmis dans les délais.

Le différend avec le Département ne dispense donc pas les responsables du CCAS de répondre aux constats précis de la Chambre.
Nous demandons la présentation publique d’un plan de redressement chiffré, de ses conséquences sur le budget communal et des garanties apportées aux bénéficiaires comme aux agents.

L’avenir de l’action sociale et des finances de Saint-André exige de la vérité, de la transparence et des décisions responsables. Notre inquiétude est profonde : les habitants doivent savoir comment leurs services seront préservés et comment l’argent public sera géré.

Laurent Virapoullé
Conseiller municipal d’opposition à Saint-André

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