Tribune libre du collectif ARTERE

Les maires ont leur rôle à jouer pour protéger la ressource en eau

  • Publié le 14 février 2026 à 17:23
  • Actualisé le 14 février 2026 à 17:26
Sécheresse

Depuis début février, des affichages apparaissent pour interpeller les citoyens et les élus pour que la question de l’eau soit posée dans le programme des candidats aux élections municipales. Regroupés sous le collectif ARTERE, Alliance Régionale pour une Transition climatique Equitable et Résiliente en Eau, des citoyens et des associations se mobilisent pour alerter sur la problématique de l’eau à La Réunion. (Photo : rb/imazpress.com)

Selon un rapport de l’ONU, publié le 20 janvier 2026, la planète est entrée dans "l’ère de la faillite mondiale de l’eau".

- La Réunion n’est pas épargnée - 

En effet, les bouleversements climatiques au niveau mondial ont des effets à la Réunion : augmentation des épisodes de sécheresse et des pluies torrentielles liées aux cyclones de plus en plus puissants. La tragédie Garance de février 2025 devrait être une alerte pour mieux prévenir les inondations futures.

Nous voyons au fil des années des restrictions d’eau exigées par le préfet. En décembre 2025 par exemple, 7 municipalités étaient placées en alerte renforcée, 5 en alerte et 12 autres en vigilance.

Mais le manque flagrant en eau se fait le plus ressentir dans les communes de l’est. À Saint-André, les habitants vivent aux rythmes des coupures d’eau et voient apparaitre des machines pour désaliniser l’eau de mer. Et à Salazie, la baisse des précipitations est notable.

Du jamais vu pour les Réunionnais ! Historiquement, l’est n’a jamais manqué d’eau. Mais le secteur est très dépendant du niveau des rivières. Et les infrastructures (captages et forage) manquent.

- La gestion de l’eau doit être au cœur des politiques publiques -

À La Réunion, 37 % de l’eau n’atteint pas les robinets à cause des fuites sur le réseau. Le manque d’investissement dans ces infrastructures est un choix politique.

Les Réunionnais de l’Est attendent également des réponses quant aux choix politiques concernant le basculement de l’eau d’est en ouest.

La quantité d’eau vient à manquer mais la qualité est aussi préoccupante. Le rapport d’information de l’Assemblée nationale dresse un constat alarmant. Seulement 8 % des cours d’eau réunionnais sont en bon état écologique, un chiffre bien en dessous de la moyenne nationale.

L’artificialisation des milieux naturels ainsi que les nitrates et les pesticides expliquent en grande partie ce chiffre inquiétant. Le rapport conclut en appelant à la mobilisation rapide des collectivités, de l’État et des institutions de l’eau. Les maires ont leur rôle à jouer pour protéger la ressource en eau.

- Des solutions locales pour un problème mondial - 

Certes, il est difficile de régler un problème mondial mais les élus peuvent choisir d’adapter le territoire afin d’être plus résilients face aux conséquences du changement climatique.

Certes également, la gestion de l’eau relève des compétences intercommunales mais les maires ont le pouvoir de porter des choix politiques ambitieux pour protéger l’eau et la répartir de manière équitable.

Cela peut se faire notamment grâce au plan local d’urbanisme (PLU). Quelques candidats proposent des mesures fortes pour une meilleure infiltration de l’eau dans les sols : réduire la bétonnisation, replanter des arbres, créer des espaces verts dans les écoles et rendre les sols des parkings perméables.

En bref, augmenter le nombre de zones qui respirent, des îlots de fraicheur où l’eau s’infiltrera mieux dans le sol. 

D’autres candidats envisagent des mesures sociales pour répartir avec équité l’eau. Il n’est pas normal qu’une famille qui remplit sa piscine privée paye autant, en proportion, qu’une famille qui utilise l’eau pour ses besoins vitaux (boire, se laver, arroser son potager).

Ainsi, certains candidats proposent la gratuité des 10 premiers m³ d’eau et une facturation par paliers ensuite. Rendre un accès en eau plus équitable socialement tout en incitant les citoyens à réduire leur consommation.

Mais rares sont les candidats aux élections municipales qui évoquent le sujet de l’eau dans leur programme.

L’eau est un bien commun menacé. Son usage doit être débattu démocratiquement ! Parlons-en pendant les débats des élections municipales !

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