La députée Karine Lebon salue l’adoption conforme et à l’unanimité par le Sénat de la proposition de loi relative à la reconnaissance et à la réparation des préjudices subis par les enfants dits "de la Creuse". Ce vote marque l’achèvement du parcours parlementaire d’un texte préparé de longue date et constitue une étape historique pour La Réunion comme pour la République. (Photo Photo sly/www.imazpress.com)
Cette avancée est d’abord le fruit du courage des victimes elles-mêmes. Pendant des décennies, malgré les blessures, l’éloignement, les séparations et les silences imposés, elles ont continué à témoigner, à rechercher leurs familles, à faire vivre la mémoire de ce drame et à réclamer justice.
À l’occasion de ce vote décisif, la députée tient à souligner la portée profondément humaine de ce moment. Présents au Sénat, de nombreuses victimes ainsi que celles et ceux engagés à leurs côtés ont vu reconnaître, au cœur des institutions de la République, une histoire trop longtemps ignorée. "Cette reconnaissance, ils l’ont conquise par leur courage. La République leur devait cette vérité", déclare-t-elle.
Karine Lebon rend hommage à toutes les victimes de cette transplantation institutionnalisée. "Rien n’effacera ce qui a été vécu. Mais aujourd’hui, la République regarde enfin cette histoire en face", souligne-t-elle.
La députée rappelle que ce texte s’inscrit dans une histoire longue de mobilisation collective. "Trop longtemps reléguée au silence, la parole des victimes est aujourd’hui consacrée par la loi. Ce texte vient parachever le travail engagé par Ericka Bareigts dans le prolongement de la résolution mémorielle adoptée à l’Assemblée nationale le 18 février 2014. Il prolonge aussi le combat mené dès 1968 par l’Union des Femmes Réunionnaises, qui avait très tôt dénoncé les effets humains et sociaux de ces politiques de déracinement", affirme-t-elle.
Elle salue le rôle essentiel joué par les associations, qui ont mené durant de nombreuses années un travail remarquable de documentation, d’accompagnement, de transmission et de sensibilisation. Elle tient à mentionner en particulier la Fédération des Enfants Déracinés des Départements et Régions d’Outre-mer (FEDD), ainsi que l’ensemble des structures et militants qui ont permis de faire émerger la vérité.
Karine Lebon adresse également ses remerciements à l’ensemble des chercheurs, historiens, psychologues, juristes, journalistes et citoyens qui ont contribué à la construction de cette mémoire collective. Elle salue aussi l’apport de Guido Fluri, dont le travail mené en Suisse et à l’échelle européenne a contribué à élargir la reconnaissance des injustices subies par ces enfants.
La députée exprime enfin sa gratitude à l’ensemble des parlementaires qui ont soutenu ce texte jusqu’à son adoption définitive, et tout particulièrement à Madame Viviane Malet, rapporteure du texte au Sénat, pour son engagement, son écoute et la qualité du travail mené. Elle souligne que son action a permis d’examiner cette proposition de loi avec le sérieux, la gravité et le respect qu’elle méritait.
Karine Lebon rappelle que cette loi ne pourra jamais effacer les séparations, les déracinements, les traumatismes ni les vies bouleversées. Elle constitue néanmoins une reconnaissance officielle de la responsabilité de l’État et une étape majeure dans le processus de réparation attendu depuis si longtemps.
À travers la création d’une commission pour la mémoire, l’instauration d’une journée nationale d’hommage le 18 février et la mise en place d’une allocation forfaitaire valant réparation, la République reconnaît enfin la blessure profonde subie par les victimes.
La députée indique qu’il appartient désormais à l’État de faire vivre pleinement cette loi par sa promulgation rapide et par la publication des décrets nécessaires à son application effective. "Reconnaître ne suffit pas : il faut réparer, transmettre et garantir que cela ne se reproduira jamais" conclut-elle
