Le Parlement adopte (enfin) définitivement une loi de réparation pour les enfants de la Creuse

  • Publié le 17 juin 2026 à 05:35
  • Actualisé le 17 juin 2026 à 06:32
stèle commémorative les enfants de la creuse

Le Parlement français a adopté définitivement, ce mardi 16n juin 2026, une loi de réparation pour les enfants de la Creuse, ces plus de 2 000 mineurs réunionnais arrachés à leurs terres et déplacés dans l'Hexagone entre 1962 et 1984. Le texte, approuvé à l’unanimité, mardi, par le Sénat, après le vote de l’Assemblée, leur ouvre un droit à réparation sous forme d’allocation forfaitaire. La proposition de loi désormais adoptée a té d"posée par a députée réunionnaise Karine Lebon du groupe GDR, communiste et ultramarin (Photo www.imazpress.com)

Avec un vote unanime au Sénat, mardi, quelques mois après un vote identique à l’Assemblée nationale, les parlementaires entendent reconnaître les torts de l’Etat dans ce scandale du XXe siècle.

Lire aussi - L’Assemblée adopte à l’unanimité une proposition de loi de réparation pour les "enfants de la Creuse"

La proposition de loi de la députée Karine Lebon (groupe GDR, communiste et ultramarin) prévoit notamment la création d’une commission pour la mémoire, l’institution d’une journée nationale d’hommage le 18 février et l’ouverture d’un droit à réparation sous forme d’allocation forfaitaire versée par un fonds mis en place par l’Etat.

- 2.015 mineurs ont été arrachés de La Réunion -

 Entre 1962 et 1984, 2.015 mineurs ont été déplacés de La Réunion vers 83 départements hexagonaux, principalement ruraux. Cette politique visait officiellement à répondre au doublement de la population réunionnaise en trente ans et à repeupler des zones rurales comme la Creuse, département ayant accueilli le plus d’enfants, d’où le surnom de ces mineurs parfois baptisés "enfants de la Creuse".

Mais dans les faits, ce furent des jeunesses interrompues soudainement, des changements d’état civil brutaux, voire des maltraitances ou des humiliations à l’origine de profonds traumatismes pour ces enfants initialement placés au sein de l’Aide sociale à l’enfance. Ces mineurs étaient de tous âges, des nouveau-nés aux adolescents.

- Les "parts d’ombre" de l’histoire de France -

En résumé, "des milliers de trajectoires bouleversées par l’exil, par la séparation des familles, par la rupture brutale avec une terre, avec une langue, avec une filiation", a expliqué la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, saluant l’adoption 

La sénatrice de La Réunion, la socialiste Audrey Bélim a aussi souligné la situation des proches de ces enfants déracinés, "des parents qui ont attendu en vain le retour de leurs enfants et des familles marquées pour toujours par le silence, l’incompréhension et parfois la honte".

"Au-delà de la réparation individuelle, cette proposition de loi contribue également à renforcer le lien de confiance entre l’État et les territoires ultramarins. Elle rappelle que l’égalité républicaine ne peut être pleinement effective que lorsqu’elle s’accompagne de respect, d’écoute et de considération pour les réalités de chacun de nos territoires" a commenté le sénateurs de La Réunion, Stéphane Fouassin (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants)

Parmi ces enfants exilés, Marie-Germaine Périgogne, devenue depuis lors présidente de la Fédération des enfants déracinés des DROM.

Adoptée en 1969 après un placement en famille d’accueil, séparée de ses frères et sœurs, elle pense durant des années s’appeler Valérie, être née dans la Creuse. Elle ne découvre qu’à 16 ans un document d’identité lui révélant ses vraies racines, et ne retrouve son vrai nom qu’après une longue bataille avec l’état civil.

Lire aussi - Enfant de la Creuse, Marie-Germaine Périgogne retrouve sa véritable identité

- "Un long chemin de reconstruction" - 

En 2017, Emmanuel Macron avait qualifié cette politique d’Etat de "faute" ayant "aggravé la détresse" de ces "mineurs de la Réunion transplantés". Les parlementaires estiment aujourd’hui que certains de ces enfants ignorent sans doute encore aujourd’hui leurs origines.

La proposition de loi a été adoptée en présence d’une délégation de rescapés et d’associations les défendant. C’est "une nouvelle pierre mémorielle dans un long chemin de reconstruction des enfants transplantés de la Réunion", a salué la sénatrice de La Réunion Viviane Malet (Les Républicains), qui portait le texte au Sénat.

Le texte s’appuie sur la loi de 2005 sur les rapatriés d’Afrique du Nord et de 2022 sur les harkis, qui avaient prévu des dispositifs similaires de reconnaissance et de réparation.

L’allocation sera versée sur demande aux victimes ou à leurs descendants.

www.imazpress.com avec l'AFP / [email protected]

 

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2 Commentaires
Sarda
Sarda
12 minutes

Il y a t-il une différence entre la traite des esclaves et celle des enfants de la Creuse ?
Pourquoi pour les esclavagistes ont été indemnités et non des esclaves ? Que font nos élus ? Que font les autorités de l'Etat pour cette mémoire ? Le débat est lancé.

Saint André  40 ans dans le fénoir  avec les Vira
Saint André 40 ans dans le fénoir avec les Vira
1 heure

Il y a la Creuse.
Il y a les Vira.

2 catastrophe pour la Reunion