Un incendie a ravagé la clinique des Orchidées au Port le 17 juillet 2026. Les blocs opératoires de l'établissement ont été touchés et détruits par le sinistre. Plusieurs semaines après le feu, aucun planning pour la reconstruction des blocs n'a encore été établi et les conséquences à terme sur le système de santé et de prise en charge de La Réunion restent encore à établir (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)
"Ce n'est pas anodin ce qui s'est passé. Cet incendie impacte les chances de la population en termes de soins." Expedit Lock-Fat, secrétaire général de la CFDT Santé, exprime un sentiment d'amertume et de désenchantement après avoir visité le site du sinistre le jeudi 6 août 2026.
Il s'interroge aussi clairement sur l'organisation à venir pour les équipes médicales et les patients qui devaient se faire opérer au Port. "Il y aura moins de créneaux disponibles pour les opérations. Je pense qu'il ne faut pas que les opérations de reconstruction traînent sinon ça peut constituer une perte de chances pour les patients réunionnais. On a l'impression que chaque jour qui passe est un jour de trop pour eux."
Interpellée sur ce point, l'ARS se veut rassurante. L'agence de santé locale participe à coordonner la cellule de crise mise en place depuis le mois dernier et travaille à minimiser les conséquences du brasier. Notamment en optimisant "la complémentarité de tous les établissements du territoire".
Ainsi, les interventions seront réparties vers les cliniques Sainte-Clotilde et Saint-Vincent pour la cancérologie et les opérations urgentes. Les autres spécialités utiliseront les blocs opératoires du CHOR, du CHU, du GHER, des cliniques Durieux et Avicenne. Par ailleurs, la maternité des Orchidées reste pour le moment à l'arrêt.
- Des activités moins intensives -
Cette solidarité entre établissements de santé semble pour l'instant solide et fonctionnelle. Mais, en août, les activités sont moins intensives à cause du grand nombre de congés dans les hôpitaux. Le véritable test aura lieu dans quelques semaines, à la rentrée.
En décrivant la nouvelle organisation mise en place, Aurélia Pazolles, directrice des Orchidées, se veut optimiste mais réaliste. "Ce sont les chirurgiens et leurs équipes qui se déplaceront dans les blocs opératoires des hôpitaux. Nous travaillons là-dessus. Mais il est certain que le CHU et le CHOR ont leur propre file d'attente de patients et leur propre activité à gérer. Tout est fait pour ne pas impacter négativement la santé des patients."
Les patients qui pourraient être le plus affectés par ces décalages dans les diagnostics ou les interventions sont ceux qui souffrent de pathologies considérées comme légères ou non urgentes. Toutefois, un retard thérapeutique peut parfois amener une blessure à s'aggraver ou une maladie, même bénigne, à s'amplifier.
- Un flou persistant -
Pour répondre aux besoins locaux et absorber les demandes des patients réunionnais, la seule réponse adaptée est de remettre en état le plus rapidement possible les blocs opératoires de la clinique des Orchidées. Pour l'heure, aucun planning n'est encore établi en ce sens. "Nous essayons d'agir le plus rapidement possible mais il y a eu un temps de mise sous scellé incompressible. Et nous abordons maintenant la phase de décontamination."
Ces étapes apparaissent indispensables pour relancer l'activité de la clinique. L'ARS ébauche un début de calendrier en indiquant espérer "au plus tôt une reprise progressive de la maternité et de la PMA, sous réserve des validations techniques et réglementaires". Le redémarrage des actes chirurgicaux n'est pas attendu, au mieux, avant quelques mois.
Même si le flou persiste autour d'une éventuelle date de retour à la normale, l'agence de santé insiste pour dire "qu'aucune perte de chance n’est identifiée à ce stade" grâce à la mobilisation de "l'ensemble du système de santé réunionnais". Un message rassurant pour les patients, mais qu'il faudra, tout de même, valider en pratique à l'usage de la réalité médicale des prochains mois.
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