Les différents conseils communautaires qui se sont déroulés dernièrement ont été marqués par des débats autour des indemnités de fonction des élus, tout cela dans un contexte de crise persistante, de hausse vertigineuse du coût de la vie pénalisant - en premier lieu – la population réunionnaise la plus précaire (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Sur ce plan, une intercommunalité se distingue. Il s’agit de la Cinor. Déjà, outre la volonté d’un consensus politique qui est à souligner- elle est la seule interco dont le président n’exerce pas la fonction de maire.
Par ailleurs, sur le plan strictement indemnitaire des élus, elle se différencie là encore des autres. En effet, compte tenu du contexte économique et social actuel, lors de sa séance du 29 avril, le conseil a pris la décision de ne pas aligner les indemnités du président et vice-présidents sur le taux maximum autorisé par la loi.
- Et les autres -
Pour rappel, la Cinor regroupe les communes de Saint- Denis, Sainte-Marie et de Sainte-Suzanne, soit environ 220 000 habitants, constituant ainsi la plus importante communauté d’agglomération de la Réunion et de l’Outre-Mer. La décision d’attribuer à son président 3.893 euros tranche radicalement avec le choix des quatre autres collectivités que sont la Civis, Casud, TO et Cirest (la plus petite avec 130 000 habitants) qui appliquent le taux maximum, soit 5.960 euros par mois pour le président auxquels s’ajoutent les indemnités de fonction de maire.
Ce qui est parfaitement légal mais en même temps immoral et en décalage avec la réalité économique et sociale.
Rappelons que ce sont ces mêmes élus qui, au cours de la récente campagne municipale, sur les plateaux télé, s’insurgeaient contre les injustices, la vie chère et s’apitoyaient sur le sort de nos pauvres concitoyens.
Dans le contexte de crise actuelle, les choix de la Cinor relèvent du bon sens. Ils méritent d’être salués et devraient servir d’exemple.
Paul Dennemont
