Tribune libre de Évelyne Corbière

Prise en compte de la jeunesse ultramarine dans les réponses aux mobilisations lycéennes et étudiantes

  • Publié le 30 octobre 2026 à 06:25
  • Actualisé le 30 octobre 2026 à 06:27
Blocus de lycées

Je souhaite attirer votre attention sur la prise en compte de La Réunion et de l’ensemble de territoires ultra-marins dans les mesures annoncées par votre gouvernement.

Les mesures annoncées répondent à une urgence politique provoquée par des années d’austérité et de coupes budgétaires qui ont affecté les services publics essentiels que sont l’éducation et l’enseignement supérieur.

La politique budgétaire de l’austérité a un coût.

Ce coût social et économique ne doit plus obérer l’avenir de la jeunesse.

Vos annonces laissent encore plusieurs interrogations. Quels seront les effets réels de ces mesures sur les franges les plus vulnérables de la population ?

Quelles seront les conditions de leur application dans les Outre-mer ?

La création de 15.000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur concerne principalement les brevets de technicien supérieur (BTS), avec 10.000 places annoncées, tandis que les ouvertures à l’université se limitent à 1.000 places supplémentaires dans les licences avec portail santé, auxquelles s’ajoutent 4.000 places en bachelor universitaire de technologie (BUT). Ces créations ne répondent cependant pas à la pression générée par le manque de places en université ?

Les modalités de prise en compte des territoires ultramarins ne sont pas précisées. Un flou que je regrette d’autant plus que les lycéens ultramarins ont été parmi les premières parties prenantes d’une mobilisation devenue nationale.

Les jeunes de La Réunion, de la Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de Mayotte et de l’ensemble des Outre-mer ne peuvent être les oubliés des mesures que vous comptez déployer pour répondre à cette crise. Je tiens à vous rappeler que nos réalités territoriales sont marquées par un nombre limité de places dans nos établissements, de fortes inégalités d’accès à l’enseignement supérieur pour nos jeunes, et une mobilité qui a le goût amer du sacrifice des familles tant son coût est excessif.

En outre, Parcoursup aggrave les inégalités qui touchent singulièrement les Outre-mer. En avril 2026, j’ai déposé une proposition de loi visant à lutter contre les effets discriminatoires de cette plateforme. La pénalité ultramarine imposé à notre jeunesse n’est pas tolérable au sein de la République. Le remplacement annoncé de Parcoursup ne saurait toutefois répondre à ces inégalités sans une prise en compte effective des réalités ultramarines dans la construction du futur dispositif.

Or, les premières annonces relatives au comité chargé de cette réforme ne précisent pas les modalités de prise en compte du point de vue ultramarin.

C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Premier Ministre, que ce comité puisse rencontrer les parlementaires des territoires ultramarins, afin que votre gouvernement n’oublie pas les pays d’Outre-mer .

Convaincue que vous voudrez entendre la voix de la jeunesse des Outre-mer qui aspire à vivre dignement, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

Évelyne CORBIÈRE NAMINZO
Sénatrice de La Réunion

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