Depuis plusieurs semaines, les parutions et diffusions médiatiques offrent un constat sans ambiguïté : les “petits candidats” sont quasi invisibles. Malgré des communiqués envoyés, des conférences de presse organisées et une volonté claire de participer pleinement au débat public, nos prises de parole ne sont pas relayées, ou le sont de façon marginale, parfois reléguées en brèves ou en contenus non valorisés. (Photo : D.R)
Monsieur le Préfet,
À l’approche du scrutin municipal, nous tenons à vous alerter sur une dérive inquiétante qui fragilise la vie démocratique de La Réunion : la manière dont les médias locaux, dépendants d’un modèle économique insulaire dominé par les financements publics, traitent — ou plutôt ne traitent pas — l’ensemble des candidatures en présence.
- Rien pour les "petits" candidats -
Depuis plusieurs semaines, les parutions et diffusions médiatiques offrent un constat sans ambiguïté : les "petits candidats" sont quasi invisibles.
Malgré des communiqués envoyés, des conférences de presse organisées et une volonté claire de participer pleinement au débat public, nos prises de parole ne sont pas relayées, ou le sont de façon marginale, parfois reléguées en brèves ou en contenus non valorisés.
Ce silence médiatique n’est pas anodin : il constitue une atteinte directe au pluralisme, un des fondements essentiels de notre démocratie. Il crée une distorsion dans la formation de l’opinion citoyenne, fausse la perception des enjeux du scrutin et profite mécaniquement aux candidats sortants, dont les collectivités demeurent les premiers financeurs des médias par leurs commandes institutionnelles.
Le modèle économique actuel — structurellement dépendant des budgets publics — installe un climat où l’indépendance éditoriale est difficile à garantir. Cette dépendance entretient un risque majeur : la crainte implicite de déplaire à des élus qui, aujourd’hui, sont candidats, et demain, redeviendront financeurs.
- Auto-censure, ou partialité involontaire -
Dans une île où le marché publicitaire privé est restreint et les acteurs médiatiques peu nombreux, cette dépendance crée un terrain propice à l’auto-censure, à la partialité involontaire, voire à l’exclusion pure et simple de certaines voix du débat public.
Nous appelons donc votre vigilance, Monsieur le Préfet, afin que soient rappelés et garantis :
L’égalité de traitement des candidats, quel que soit leur poids politique
La neutralité absolue des collectivités dans leur communication institutionnelle en période électorale ;
Le pluralisme de l’information, principe à valeur constitutionnelle ;
La liberté éditoriale, clef de voûte d’une presse réellement indépendante.
Nous vous demandons d’examiner rapidement cette situation et, le cas échéant, de rappeler aux collectivités leur obligation de ne pas instrumentaliser la commande publique, et aux médias leur responsabilité démocratique.
Car invisibiliser certains candidats, ce n’est pas seulement déséquilibrer une campagne : c’est priver les citoyens d’une information loyale et complète.
La Voix Citoyenne défendra toujours le droit à l’expression de toutes les sensibilités, la transparence, et la sincérité du scrutin. Notre engagement est clair : une démocratie n’est forte que lorsqu’elle fait place à toutes les voix, pas seulement aux plus puissantes.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre considération respectueuse.
Giovanni Payet
Pour La Voix Citoyenne
