Tribune libre de Frédéric ROUSSET

Le CEVIF condamne les menaces de mort proférées contre Saïrati Assimakou, fondatrice de l’association Ose et ça ira

  • Publié le 18 août 2026 à 05:36
  • Actualisé le 18 août 2026 à 05:41
ainoaid vif frederic rousset cevif

Saïrati Assimakou est l'une des figures de proue de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants depuis qu’elle a, en 2019, entamé le combat contre la silenciation massive qui frappe les victimes en devenant la première Mahoraise à dénoncer son agresseur qu’elle dénomme son géniteur et jamais son père. (Photo photo Sly/www.imazpress.com)

Elle n’a depuis de cesse d’évoquer publiquement ces sujets, à Mayotte comme à La Réunion où elle vit désormais, au travers d'interviews, d'une association, d'un livre autobiographique, "Ose et ça ira" et d’un ouvrage dédié aux enfants et aux familles "Lakinta et le secret d’oiseau".

Certain.es ne lui pardonneront jamais ce courage car comme le dit l’anthropologue Dorothée Dussy dans Le Berceau des dominations (2021), ce n’est pas l’inceste qui est interdit, c’est d’en parler.

Le sentiment d’impunité aidant, certain.es ne s’embarrassent plus de faux comptes pour proférer publiquement des menaces et des insultes à l’instar de cet homme qui le 13 Août dernier lui écrit en message privé : “Acory Bitingui be matavi”, c'est-à-dire : “Comment va ta grosse chatte”. Après avoir rendu public cet outrage sexiste, elle reçoit de sa part, de façon répétée et décomplexée, des menaces de mort.

C’est autant la violence du propos que l’inaction du monde politique et institutionnel mahorais pour défendre cette militante des droits des enfants, des droits universels aux fondements de notre République qui nous scandalisent.

-  Nous connaissons que trop bien ces silences bruyants - 

Alors que nous prenons peu à peu conscience du péril masculiniste notamment au travers du rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité qui le qualifie d'enjeu de sécurité publique, M Saïd Raos Ahamadi maire de Koungou illustre ce fixisme social dont parle la philosophe Juliette Sperenza, (AOC 26 février 2026), comme une exhortation faite aux femmes à se résigner pour finalement accepter le viol, le féminicide, le recul de leurs droits :

"Madame Ça Ira, je n’ai rien avoir avec ce qui se passe à Chiconi. Il y a une déléguée à la condition féminine. Tu peux la contacter et non sur facebook.".

Autrement dit, cette femme exposée à des menaces connues de tous.toutes qui demande de l’aide se voit répondre par un élu de La République se targuant d’être un pro-féministe le temps d’une campagne électorale : "cela ne me concerne pas, passe ton chemin, ne trouble pas ma tranquillité" tandis que l’immense majorité des édiles de l’île aux parfums se garde de lui apporter un quelconque soutien ou secours.

Parce que nous connaissons que trop bien ces silences bruyants, ces silences qui tuent, nous apportons notre plein soutien à Saïrati Assimakou.

"Je parle, on me tue, je me tais, on me tue, alors je parle" Femmes corses

guest
0 Commentaires