Tribune libre de Jean Claude Comorassamy

Le Musée de Stella fait carton plein mais sans ses murs porteurs

  • Publié le 24 mai 2026 à 13:25
  • Actualisé le 24 mai 2026 à 13:26
musee stella matutina

Le musée de Stella a donné rendez-vous hier soir au public comme chaque année en ce 23 mai à la nuit des Musées. Ça été l'occasion d'arpenter le musée entre amis, en famille ou seul, à la tombée de la nuit gratuitement. Où des activités et animations spéciales ont été organisées dans le cadre de cet évènement. (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)

À peine deux mois après le 80ème anniversaire de la départementalisation, le musée de Stella proposait hier soir dans le cadre de la nuit des Musées, visite gratuite, des activités ludiques et festives, littératures et des échanges nourris à la boutique du Musée...L’occasion était pour tout le public présent de (re)découvrir la riche histoire de l'usine sucrière devenue Musée il y a 35 ans, ses collections permanentes, mais également d'assister à des prestations musicales et enfin de repartir avec un livre dédicacé par son auteur présent.

Mais si le Musée de Stella a fait un carton plein hier au soir jusqu'à 22h en présence de la Directrice Générale des Musées Régionaux Mme Emmanuelle Thuong-Hime nous avons pu remarquer qu'aucuns anciens ouvriers de l'usine sucrière étaient présents sur la cinquantaine encore vivante. Pourtant ce sont eux les murs porteurs de cette histoire.et qui font les trésors de ce Musée.

À croire que l'histoire de cette classe ouvrière accablée par des conditions de travail extrêmement difficiles, et des luttes menées à l'époque semblent être sous la menace de l'effacement. Alors que nous devons à ces ancêtres disparus un souvenir pieu, aussi de reconnaissance et d'hommage.

Aujourd'hui j'ai l'impression qu'on s'intéresse plus à l'histoire des bâtiments comme si les ouvriers n'ont jamais existé. Peu visibles dans l'espace public alors que des photos à grand format existent, un facteur que je pense peut contribuer à une perte de visibilités de ces ouvriers et de la place qu'ils méritent.

Si l'usine sucrière fermée en 1978 a brisé des liens ayant existés, alors comment faire pour que ce musée si singulier par l'histoire redonne vie à ses murs porteurs que sont les femmes et les hommes ?

En finalité, comme dit un gramoune "zordi enkor zot i jèt a nou kom la mar kan". À méditer sur la portée de cette phrase !

Jean Claude Comorassamy

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6 Commentaires
Sarda
Sarda
1 mois

Le Komité zarboutan lizine Stella i souète travayè dosi in projet mémorial avèk la région po lo vin desanm, kosa Mme Bello i pens' ?

Virin J. M.
Virin J. M.
1 mois

Devoir de mémoire et reconnaissance est une obligation aussi et surtout à nos élus de l'approprier pour le graver dans du marbre. Ce que le livre de Jean Claude a commencé, à nos élus de suivre le chemin maintenant. Mersi a ou fréro ! Larg pa tienmbo ansanm !

Anais L.
Anais L.
1 mois

"Faire de ce musée Stella Matutina, le grand témoin de notre histoire" avait dit un certain Paul Vergès président de la région de l'époque....depuis l'eau n'a plus coulé sous le pont à cause de la sécheresse encore moins actuellement avec la gauche à la région.

Sandrany
Sandrany
1 mois

En lisant ce courrier, je vois dans ce passé colonial la canne à sucre et l'usine dont les colons et les industriels se sont enrichis sur le dos des esclaves et engagés, le devoir de mémoire aujourd'hui est déjà une 1ère réponse. Alors pourquoi pas un mémorial qui fédére dans la cour du musée de Stella ? Que pense la présidente du conseil régional qui puisait de gauche ? L'acte est mieux qu'un long discours Mme Bello ! Ce sujet devrait être à l'ordre du jour de la prochaine commission permanente de ce devoir de mémoire...

Albert P.
Albert P.
1 mois

Est-ce que le maire Karim Juhoor était présent pour la nuit des musées, lui qui se dit " grand défenseur de la culture et du patrimoine" ?

Sony A.
Sony A.
1 mois

Seul deux Président(e)s d'abord Paul Vergès en tant que Président de la région qui a pu réunir les anciens ouvriers de l'usine sucrière de Stella, faire le livre " les visages de l'usine" et de Didier Robert lors de son mandat ont "donné de la visibilité" à ses ouvriers en leur rendant hommage. Ce que l'article n'a pas précisé....Mon père a eu ce jour là outre la réception en leur rendant hommage des petits présents en souvenirs de l'usine.