Tribune libre de FO

Les fonctionnaires toujours attaqués et sacrifiés

  • Publié le 25 juin 2026 à 15:23
  • Actualisé le 25 juin 2026 à 15:33
intersyndicale de proxim service

Dans son allocution du 15 juillet, le Premier ministre François Bayrou a présenté les orientations du Gouvernement pour les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale. C’est un énième plan d'austérité d'une brutalité sans précédent près de 44 milliards d’euros d’économies sur le dos des salariés (fonctionnaires compris), retraités, précaires, malades, chômeurs et les plus pauvres (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Y en aura pour tout le monde sauf pour les plus riches et le patronat !

Tout y passe : suppression de 2 jours fériés, remise en cause de la 5ème semaine de congés, moins de remboursement des médicaments, remise en cause des ALD, multiplication des contrôles des arrêts de maladie, remise en cause des principes de fonctionnement de la Sécurité sociale, nouvelle réforme de l’Assurance chômage, gel des aides et prestations sociales, démantèlement des services publics (-3 000 postes d’ici 2026), suppression de l’abattement des 10 % sur l’impôt, gel du barème des impôts, ...

Comme à chaque fois, ce sont les plus précaires, plus modestes et les fonctionnaires à qui l’on demande de faire des efforts et se serrer la ceinture. Alors que, dans le même temps, les plus aisés et les plus riches se voient épargnés par l’effort pourtant annoncé comme « collectif ».

Le Premier ministre continue d’épargner le patronat en maintenant les cadeaux et exonérations en tous genres déjà accordés aux grandes entreprises et aux plus riches. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises ne sont pas remises en cause !

Pour Force Ouvrière, il faut remettre en place l’ISF (10 milliards d’euros), supprimer certaines niches fiscales (17 à 19 milliards d’euros), conditionner les aides aux entreprises (211 milliards d’euros)....

Les fonctionnaires et les plus précaires ne sont pas responsables des déficits abyssaux creusés à grands coups d’exonérations et de cadeaux fiscaux par les différents gouvernements, ni responsables d’une guerre au profit du capital financier.

Les conséquences sont déjà visibles : Baisse du budget du Ministère des Outre-Mer de 200 millions d’euros pour 2026 !

Cette austérité encore plus indigeste que celle de ses prédécesseurs, impacte lourdement la fonction publique.

Les missions travail, emploi, insertion et solidarités devraient subir de plein fouet les coupes arbitrées par Matignon pour 2026.

Le Ministère de la Transition Écologique a déjà subit une baisse de budget de 3 milliards d’euros.

La Transition écologique ne serait plus la grande cause nationale ! Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur appelle « à cesser de subventionner les énergies renouvelables. » Ajouter à cela, À la loi agricole du début d’année a succédé – entre autres — la loi Duplomb, ainsi que le vote des députés pour la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), alors que la pollution de l'air est un sujet de santé publique majeur.

À ces mesures s’ajoutent également des coupes dans les dotations aux collectivités territoriales, une pression accrue sur les dépenses de santé – notamment pour les patients souffrant d’affections de longue durée –, la chasse aux arrêts maladies et le gel général du budget de l’État.

Supprimer deux jours fériés pour soi-disant produire plus. Pour la Fonction publique, produire est un non-sens. La notion de rentabilité n’a pas sa place dans la Fonction Publique !

Une année blanche qui aura pour conséquence le gel des prestations sociales, des salaires avec la reconduction du budget 2025. Cela signifie que tous les Français et donc les agents publics auront une baisse avérée de leur pouvoir d’achat par la hausse de l’inflation. Pour les fonctionnaires, gel du point d’indice pour la troisième année consécutive, non reconduction de la GIPA, et aucune mesure catégorielle.

Début juillet, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, appelait déjà à réaliser des économies sur la masse salariale de la fonction publique.

Trois mille postes supprimés dans la Fonction publique de l’État dès 2026. Pire à partir de 2027, ce serait le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite: une saignée sans précédent !

En résumé, pour les fonctionnaires et agents publics :
- gel des salaires et du point d’indice pour la 3ème année consécutive. Au 1er janvier 2025, les agents ont subi une perte sèche de 31,5% de leur pouvoir d’achat;
- pas de mesures catégorielles ;
- 3.000 suppressions de postes en 2026 ce qui signifie surcharge de travail et dégradation des conditions de travail. À partir de 2027 des dizaines de milliers de suppressions de postes ;
- 2 jours fériés en moins ;
- et toujours une grille indiciaire smicardisée et 10 % de réduction de la rémunération en cas d’arrêt maladie, mais aussi la perte de 67 % du complément de rémunération à la 1ère année de CLM ;
- fermeture d’agence avec 1500 suppressions de postes.

Les fonctionnaires souhaitent tout simplement vivre dignement de leur travail.

La violence des attaques du Gouvernement nécessite un rapport de force à la hauteur et une grève dans la durée pour gagner.

FO a mandat pour préparer la mobilisation des fonctionnaires et agents publics afin de faire aboutir nos revendications en matière de rémunération et défendre les services publics.

Janick Cidney, secrétaire général

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