Tribune libre de La Réunion Fanm Kapab

Motion relative à la lutte contre les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes

  • Publié le 18 juin 2026 à 05:41
  • Actualisé le 18 juin 2026 à 05:44
femmes

Les récentes affaires ayant marqué l'actualité nationale et réunionnaise rappellent avec une douloureuse acuité que les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes demeurent une réalité alarmante. Femmes, enfants, adolescents, mais également personnes vulnérables continuent de subir des violences physiques, psychologiques et sexuelles dont les conséquences sont souvent irréversibles. Face à cette réalité qui touche l'ensemble de la société, il apparaît essentiel que l'Assemblée départementale réaffirme avec force son engagement en faveur de la protection des victimes et de la lutte contre toutes les formes de violences (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Considérant que la famille constitue le premier lieu de construction de l'individu, de transmission des valeurs, de protection et de solidarité, et qu'à ce titre elle doit demeurer un espace de sécurité, de respect et de bienveillance pour chacun de ses membres ;

Considérant que les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes constituent une atteinte grave à la dignité humaine et aux droits fondamentaux ;

Considérant que les femmes et les enfants demeurent les premières victimes de ces violences, dont les conséquences physiques, psychologiques et sociales sont souvent durables voire irréversibles ;

Considérant que de nombreuses victimes renoncent encore à dénoncer les faits subis par peur de ne pas être crues, d'être jugées ou insuffisamment protégées ;

Considérant que la prévention, l'accompagnement des victimes et la sanction des auteurs doivent constituer des priorités constantes de l'action publique ;

Considérant que le rôle du Conseil départemental de La Réunion, chef de file de l’action sociale, est de toujours porter la solidarité pleine et entière de la société, et que celle-ci s’exprime envers les personnes vulnérables ;

L'Assemblée délibérante est invitée à réaffirmer sa volonté de participer pleinement à la lutte contre ces violences et à appeler l'ensemble des pouvoirs publics à renforcer leur mobilisation autour de trois priorités :

Première orientation : prévenir

La prévention doit intervenir dès le plus jeune âge à travers une éducation adaptée au respect de l'autre, à l'égalité entre les femmes et les hommes, à la vie affective et au respect du consentement. Elle doit également s'adresser à l'ensemble de la population afin de lutter contre la banalisation des comportements violents et de promouvoir une véritable culture de la protection de l’autre. La prévention constitue également un levier essentiel pour rompre les mécanismes de reproduction des violences qui, trop souvent, se transmettent d'une génération à l'autre.

Deuxième orientation : mieux accueillir, protéger et accompagner la parole des victimes
Toute personne qui trouve le courage de dénoncer des violences doit pouvoir être écoutée, soutenue et orientée sans jugement. Cela suppose un renforcement de la formation des professionnels concernés ainsi que des moyens humains et matériels consacrés à l'accueil, à l'écoute et à l'accompagnement des victimes.

Troisième orientation : garantir une réponse judiciaire à la hauteur des enjeux
Les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes doivent faire l'objet d'un traitement prioritaire et systématique par l'autorité judiciaire, avec des moyens renforcés permettant une instruction rapide et efficace des dossiers, ainsi qu'une protection effective des victimes tout au long de la procédure, tout en appliquant des sanctions adaptées à la gravité des faits.

Parce qu'aucune société ne peut se construire durablement sur la violence et la peur, et parce que la famille doit demeurer un espace de protection, de respect et d'amour, l'Assemblée départementale est appelée à réaffirmer son engagement aux côtés des victimes et de tous les acteurs mobilisés contre ce fléau.

En conséquence, il est proposé à l'Assemblée départementale :
- de réaffirmer son engagement en faveur de la lutte contre les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes ;
- d'appeler l'État à renforcer les moyens consacrés à la prévention, à l'accompagnement des victimes et au traitement judiciaire de ces affaires ;
- de soutenir le développement d'actions de sensibilisation au respect, à l'égalité et au consentement dès le plus jeune âge ;
- de réaffirmer son soutien aux associations et professionnels qui accompagnent les victimes ;
- d'appeler à une réponse pénale rapide, systématique et proportionnée à la gravité des faits commis ;
- de demander que la lutte contre les violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes demeure une priorité nationale bénéficiant de moyens humains, financiers et judiciaires
à la hauteur des enjeux ;
- de faire légiférer pour que les violences intrafamiliales soient déclarées 'urgence nationale"

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