Tribune libre de Philippe Naillet

PLF 2026 : l’extrême droite attaque les collectivités !

  • Publié le 16 janvier 2026 à 19:09
  • Actualisé le 16 janvier 2026 à 19:10
Philippe Naillet et Audrey Belim

L’adoption, ce mercredi 14 janvier, d’un amendement au budget 2026 porté par le Rassemblement National et l’UDR sonne comme une déclaration de guerre contre les territoires et leurs élus. En supprimant près de 5 milliards d’euros de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF), soit près de 20% des dotations de fonctionnement, l’objectif affiché du RN est de supprimer à terme les régions ainsi que les EPCI tout en mettant en difficulté les communes. (Photo d'illustration Sly/www.imazpress.com)

Partout dans le pays, et notamment à La Réunion, un tel arbitrage aurait des conséquences dramatiques. La DGF est un levier essentiel pour financer les services publics de proximité. Dans notre territoire où les besoins sociaux et économiques sont immenses, une coupe budgétaire d’une telle ampleur serait une atteinte directe à la cohésion territoriale et à l’égalité républicaine.

Cet amendement des députés d’extrême droite témoigne par ailleurs d’une méconnaissance profonde du rôle joué par les collectivités qui représentent près de 70% de l’investissement public, alors que nous faisons fasse à des défis aussi conséquents que le changement climatique ou la transition démographique.

Il révèle le vrai visage du RN et de ses alliés : un projet politique qui vise à asphyxier les collectivités pour mieux les placer sous tutelle. L’action locale représente l’un des premiers remparts contre les inégalités à l’heure d’un désengagement souvent trop fréquent de l’État. L’affaiblir, c’est affaiblir la République.

Je m’associe pleinement à la démarche de mon collègue Stéphane Delautrette, député du groupe socialiste et Président de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, qui a écrit officiellement au Président de la commission des finances afin, en vertu des articles 101 et 119 du Règlement de l’Assemblée nationale, de procéder à une deuxième lecture de l'article 35 du PLF afin de rétablir les crédits aux collectivités.

Puisque le gouvernement a suspendu hier soir nos débats et semble s’orienter vers un 49.3 ou les ordonnances, il n’est malheureusement pas certain que nous puissions procéder à cette nouvelle délibération. Le maintien de cette coupe grotesque, dans un budget qui contournerait le Parlement, n’est pas acceptable.

Philippe NAILLET
Député de La Réunion 1ère circonscription

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