Au lendemain de la manifestation du 17 octobre, le Préfet de la Réunion a fait le choix de divulguer les prénoms des mineurs impliqués. Cette action contrevient au droit rappelé par cet article du Code de la justice pénale des mineurs, "En aucune circonstance, l'identité ou l'image d'un mineur mis en cause dans une procédure pénale ne peuvent être, directement ou indirectement, rendues publiques". (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Par ce geste, le représentant de l’Etat désigne à la vindicte publique des "ennemis de l’intérieur", assigne le jeune à la catégorie "délinquant", réputation qu’il portera au-delà de sa majorité.
La Libre Pensée de La Réunion réprouve la désignation de bouc-émissaires alors même que remonte du tréfonds de notre pays des relents de haine fondée notamment sur la couleur de la peau ou la religion supposée et qui s’expriment de manière décomplexée dans l’espace public.
Qui plus est, la désignation des mineurs fauteurs de troubles, c’est aussi la stigmatisation des parents de ces mineurs coupables de manquer d’autorité.
A ce jour Monsieur le Préfet ne s’est toujours pas expliqué sur les raisons de cette décision.
Nous rappelons à Monsieur le Préfet qu’il est le garant à La Réunion de la bonne application des lois de la République et qu’à ce titre il doit répondre aux interpellations publiques de la Ligue des Droits de l’Homme, de Madame la députée Emeline K’Bidi et de la Libre Pensée.
