Du 7 au 11 novembre 2026, la Plaine des Grègues, à Saint-Joseph, accueillera la 23ème édition du Safran en fête. Un rendez-vous incontournable pour les producteurs de curcuma de l'île, confrontés cette année à une récolte moins abondante. Sécheresse, changement climatique, hausse des coûts et manque de main-d'œuvre : les difficultés s'accumulent. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
À la Plaine des Grègues, le safran péï est bien plus qu'une simple épice. C'est un savoir-faire agricole et un produit qui se décline sous plusieurs formes. Mais cette année, pour certains producteurs, la récolte s'annonce moins généreuse.
"Nous avons moins de production que l'année précédente. La météo, le changement climatique et la sécheresse ont eu un impact sur la production... alors la récolte n'est pas top", confie France-May Lebreton, qui a repris l'exploitation de son conjoint en 2015.
À ces difficultés climatiques s'ajoute la hausse des charges. "On a dû faire face aussi à la flambée des prix sur les packagings. Tout a augmenté, on est un peu perdus avec tout ces changements".
- Le prix du curcuma augmente à La Réunion -
Conséquence de cette production plus faible, les prix du curcuma sont en hausse. Sur l'exploitation de France-May Lebreton, le curcuma en poudre utilisé pour les caris, vendu à 25 euros le kilo en 2025, passe à 35 euros le kilo en 2026. Le curcuma mère, plus prestigieux, auparavant commercialisé entre 90 et 100 euros le kilo, atteint aujourd'hui 100 à 120 euros le kilo. "On est obligés d'augmenter car le produit se fait plus rare", explique la productrice.
Malgré cette situation, elle parvient à écouler sa récolte grâce à une clientèle fidèle, aux marchés forains et aux visites de son exploitation, membre du réseau Bienvenue à la ferme. "Les gens aiment bien parce qu'ils savent ce qu'ils consomment. Alors ils viennet visiter la ferme et repartent avec mes produits", elle souligne.
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- "Notre métier d'agriculteur n'est pas assez reconnu" -
Sur son exploitation, France-May Lebreton travaille essentiellement en famille, avec l'aide ponctuelle de son fils. "C'est devenu très compliqué de trouver du monde pour travailler. Notre emploi du temps n'est pas fixe, alors pour le moment, ça reste familial. On fait avec ce qu'on a et ce qu'on peut".
Pour autant, elle encourage les jeunes à se tourner vers l'agriculture. "Il y a de l'avenir dans la filière, mais il faut être motivé". Elle regrette surtout le manque de reconnaissance accordé à la profession : "Notre métier d'agriculteur n'est pas assez reconnu. Mais si le métier disparaît, la population ne mange plus et ça, c'est malheureux de l'oublier".
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- Le Safran en fête, un rendez-vous essentiel pour les producteurs -
Malgré une récolte difficile, France-May Lebreton compte bien participer au Safran en fête, du 7 au 11 novembre prochain. Cette année, elle accueillera les visiteurs directement devant son exploitation, sur la route de Bel-Air, plutôt que sur le champ de foire. Au menu : curcuma en poudre, sirops, gelées, sa célèbre marmelade de curcuma et sa "limonade la kour", avec quelques nouveautés promises aux habitués.
Pour les producteurs, cette manifestation constitue un débouché commercial majeur. Selon les organisateurs, environ quatre tonnes de curcuma sont habituellement écoulées pendant les cinq jours de fête, soit près d'un tiers de la production annuelle des exposants concernés.
Cette 23ème édition réunira 12 producteurs et 135 forains, avec près de 30.000 visiteurs attendus. Au programme : concerts gratuits, visites d'exploitations, animations culinaires et concours de la meilleure tarte de voyage autour du maïs et du safran péï.
Retrouvez le programme complet ici.
Pour France-May Lebreton, l'objectif reste avant tout de faire vivre son exploitation et de valoriser le curcuma réunionnais. "Je veux surtout faire fructifier à La Réunion. Mais mon curcuma voyage quand même, puisque beaucoup de touristes viennent chez moi et en achètent pour en ramener chez eux".
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