ConsĂ©quence des cyclones, production en berne, pĂ©nurie sur les Ă©tals... le prix des bananes flambe. Et encore faut-il en trouver. Contrairement aux idĂ©es reçues, cette flambĂ©e des prix ne ne profite pas aux agriculteurs. Ils sont mĂȘme plutĂŽt contre cette pratique de hausse fulgurante des tarifs (Photo sly/www.imazpress.com)
Non, les producteurs de bananes ne s'en mettent pas plein les poches. Sur les marchés et dans les rayons, les consommateurs s'étonnent de voir la banane s'afficher parfois à plus de 8 ou 10 euros le kilo.
Une aberration pour Jean-Michel Moutama, prĂ©sident de la CGPER : "Ă la sortie de lâexploitation, on vend le kilo entre 3 et 3,50 euros. Ce sont les revendeurs qui gonflent les prix".
- "On est désolés pour les consommateurs" -
MĂȘme constat pour StĂ©phane Sarnon, prĂ©sident de la FDSEA : "Ce sont les marges intermĂ©diaires qui posent problĂšme. En vente directe, on ne pratique pas de tels prix. Les gens pensent que lâagriculteur en profite, mais câest faux. Nous aussi on est dĂ©solĂ©s pour les consommateurs".
Gilbert Bafinal, producteur de bananes à la Ravine des Cabris, a perdu 40 % de sa production lors du passage du cyclone Garance. Malgré cela, il continue de vendre ses bananes à un prix raisonnable : "Il y a deux semaines, je les vendais à  3,60 euros le kilo, sur le marché de gros. Hier, mercredi, je suis monté à 4 euros, pas plus", explique-t-il.
Selon les prix relevĂ©s par la Direction de lâalimentation, de lâagriculture et de la forĂȘt (DAAF) de la RĂ©union au marchĂ© de gros, le mercredi 4 juin 2025, le kilo de banane Ă©tait vendu Ă 1,50 euros en moyenne et 2,35 euros au maximum, soit 1,15 euros de moins qu'au relevĂ© prĂ©cĂ©dent.
Selon Gilbert Bafinal, certains revendeurs profitent de la pénurie pour pratiquer des tarifs beaucoup plus élevés. Pour limiter les abus, il préfÚre répartir ses ventes entre plusieurs acheteurs : "Si je ne vends qu'à une ou deux personnes, et qu'elles se retrouvent seules à proposer des bananes sur un marché, elles deviennent les rois du pétrole".
- La banane, un fruit qui se fait rare -
Il faut dire que depuis le passage du cyclone Garance en février dernier, les bananiers réunionnais ont été quasiment anéantis. Déjà fragilisées par Belal, l'année derniÚre, les plantations n'ont pas eu le temps de se relever.
"Tous les pieds porteurs ont été déracinés, entraßnant des pertes de récolte dépassant les 100 %", écrivait la Chambre de l'Agriculture de La Réunion dans une note officielle dressant le bilan aprÚs post-Garance. "Les régimes tombés au sol ne sont pas récupérables".
Selon Olivier Fontaine, prĂ©sident de la Chambre, la filiĂšre banane est lâune des plus sensibles aux intempĂ©ries : "Les bananiers sont toujours les premiers touchĂ©s. Et avec lâarrivĂ©e de lâhiver, la production baisse naturellement. Il ne faut pas sâattendre Ă un retour Ă la normale avant la fin de lâannĂ©e".
Résultat : une pénurie, aggravée par un cycle de production long (8 à 10 mois pour retrouver des fruits), qui entraßne mécaniquement une hausse des prix.
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- L'importation comme solution ? -
Face Ă la pĂ©nurie, les importations deviennent une solution tentante, mais dangereuse selon les professionnels. "Ăa pose problĂšme lorsque les normes ne sont pas respectĂ©es. On a vu les consĂ©quences avec les tomates du Maroc. RĂ©sultat : un virus a Ă©tĂ© introduit Ă La RĂ©union", s'indigne Jean-Michel Moutama.Â
En mai dernier, le Tomato Brown Rugose Fruit Virus (To.B.R.F.V) avait Ă©tĂ© introduit Ă La RĂ©union, suite Ă l'importation de tomates cerises provenant du Maroc. Ce virus, extrĂȘmement dangereux pour les tomates, est contagieux et trĂšs rĂ©sistant. Si la nouvelle avait inquiĂ©tĂ© de nombreux agriculteurs, aucun champ n'avait Ă©tĂ© contaminĂ©.
Pour le prĂ©sident de la CGPER, "ce qui semble ĂȘtre un bon moyen de compenser la pĂ©nurie risque finalement de mettre Ă mal la production locale. Si dans les prochaines semaines il y a de l'importation de bananes, je monterai au crĂ©neau". Une position partagĂ©e par les autres syndicats, qui alertent aussi sur les risques sanitaires que pose l'importation de produits aussi fragiles que la banane.
- Les agriculteurs en difficultĂ© -Â
Au-delĂ des conditions mĂ©tĂ©orologiques, les agriculteurs doivent faire face Ă des difficultĂ©s au quotidien. Ils attirent l'attention notamment sur le manque de moyens pour relancer rapidement la production. "On nâa pas encore touchĂ© les indemnisations promises aprĂšs le cyclone. On nous avait parlĂ© dâavril-mai, on est en juin et seulement une cinquantaine de dossiers ont Ă©tĂ© instruits", dĂ©plore StĂ©phane Sarnon.
Ă cela sâajoutent des problĂšmes de sĂ©curitĂ©. Dans le sud de l'Ăźle, les producteurs subissent une vague de vols sur leurs exploitations. Gilbert Bafinal tĂ©moigne : "Mon voisin a retrouvĂ©, dimanche matin, plusieurs rĂ©gimes coupĂ©s au milieu de sa parcelle", il raconte.Â
Les voleurs nâhĂ©sitent pas Ă dĂ©couper les clĂŽtures pour pĂ©nĂ©trer sur les terrains agricoles, causant non seulement la perte de rĂ©coltes, mais aussi des frais supplĂ©mentaires pour les rĂ©parations. "Perdre deux ou trois rĂ©gimes, câest dĂ©jĂ 80 Ă 120 euros de marchandise envolĂ©e. Mais le pire, câest quâon doit ensuite ressouder la clĂŽture".
Pour se protĂ©ger, Gilbert a installĂ© des camĂ©ras sur son exploitation. "Ce sont des dĂ©penses quâon ne devrait pas avoir Ă faire. Avec les cyclones, la reprise est dĂ©jĂ assez compliquĂ©e comme ça. Ces vols, câest la goutte dâeau de trop".Â
- Consommer responsable -
En attendant un retour Ă la normale, les agriculteurs appellent les consommateurs Ă faire preuve de comprĂ©hension et Ă s'adapter Ă la saison : "En ce moment, câest la pĂ©riode des agrumes. Il faut apprendre Ă consommer local et de saison", souligne Olivier Fontaine. "S'il y a moins de bananes, mangeons plus d'oranges".
"On a un devoir envers les RĂ©unionnais.e.s. On veut nourrir la population, pas lâarnaquer", rĂ©sume StĂ©phane Sarnon. "Aujourd'hui, il faut penser l'agriculture autrement. On a besoin de structures plus solides pour faire face aux cyclones. Sinon, câest un Ă©ternel recommencement".
Alors que plus de 40 % des agriculteurs réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté, selon des chiffres de la DAAF de La Réunion, tous appellent à un soutien fort des pouvoirs publics pour éviter de nouvelles crises.
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je suis siderer
Longtemps le créole y mangé quand les bananes était mûr.
Aujourd'hui ya des gens venu d'ailleurs y mange bananes verte
Chercher l'erreur pourquoi il n'y a plu de bananes murs.
Difficile de faire plus c... comme commentaire.
C justement ce à quoi je faisais référence
Et vous y arrivez ; les droiteux sont dans la batailles des bananes .
Dans le sud, des bananes il y en a ! Et pourtant elles sont chÚres aussi... J'ai cueilli trois régimes autour de notre maison en moins de deux semaines. Il faut donc m'expliquer!
Ah ouais, le Pdt de la FDSEA se sent désolé pour les petits "vaches à lait" que sont les consommateurs? Mdr...Alors dans ce cas qu'attend-il pour faire organiser des ventes directes chez les producteurs? A 3,00⏠le kg, je suis preneur.
Les agriculteurs de la RĂ©union ne sont vraiment pas trop intelligents, si ce produit revient trop cher, il faut l'importer car en FRANCE le prix de vente en grande surface au kilo est Ă moins d'un euro et eux ils sont dĂ©jĂ en sortie de leurs champs Ă plus de 3 euros du kilo, c'est de la folie l'agriculture Ă la RĂ©union, c'est pareille en ce qui concerne le prix de la canne Ă sucre qui est 4 fois plus cher qu'au BRESIL et est subventionnĂ© depuis sa plantation jusqu'Ă la coupe et aussi mĂȘme au niveau des engrais, il n'y a pas tout ça ailleurs et le prix du kilo de sucre est tellement Ă©levĂ© que personne ne peut l'acheter.
Il faut penser passer Ă autre chose comme culture et importer tout ce qui n'est pas rentable Ă la RĂ©union, vivement que cela se fasse et arrĂȘter toutes sortes d'aides et de subventions.
Encore heureux que l'UE a stoppé toutes ces aides envers ces planteurs de canne à sucre, qu'ils apprennent à changer leurs plantations ou passer à un autre métier.
Menteurs,ils ont vendu leur bananes au prix exubérant aprÚs le cyclone,ont touché une indemnité sur des fruits qu'ils ont vendu plien pot et ils continuent à vendre trÚs cher. Ce sont des menteurs et profiteurs
Eh bien si on ne vendait pas tous nos régimes de bananes à 20⏠à certaines communautés, on n'en serait pas arrivé à là aujourd'hui
Le racisme n a pas de llmite dans la c....rie...
Lisant votre commentaire pourquoi pas ?
Mais,
Les intermédiaires, les grandes surfaces se mettent plein les " fouilles " quand les consommateurs passent à la caisse.
" Non, les producteurs de bananes ne s'en mettent pas plein les poches "
Bien dit.
Lilie ferme la