Il est des lieux où le temps ne s'efface jamais. C'est notamment le cas de l'ancienne usine sucrière Stella Matutina à Saint-Leu, devenue musée en 1991. Véritable lieu d'histoire de la canne et du sucre à La Réunion, c'est par un ouvrage intitulé "Léritaz nout zansèt Stella" que Jean-Claude Comorassamy, ancien laborantin de l'usine raconte ses souvenirs au travers de photographies et de témoignages émouvants (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Jean-Claude Comorassamy - désormais âgé de 74 ans - est fils d'un travailleur d'usine et d'une mère au foyer, il a grandi dans in kaz tabisman, au cœur même du quartier de Stella à Saint-Leu.
Cet ancien laborantin, maintenant retraité a commencé à travailler à l'usine de Stella en 1970. Il y a officié jusqu'à sa fermeture en 1978.
- La mémoire des travailleurs de l'usine Stella retranscrit dans un livre -
Selon Jean-Claude Comorassamy, il était important "de rendre la mémoire de nos ancêtres" pour "transmettre aux jeunes générations". "S'il n'y a pas de canne, il n'y a pas d'usine et s'il n'y a pas d'usine, il n'y a pas de travailleurs", souligne-t-il.
Pour ce faire, il s'est plongé dans les archives de l'usine de Stella, dans l'histoire des zarboutans, sur l'histoire de l'usine, la canne, une immersion de la campagne de 1977 et de la vie à l'usine avec Gabriel, l'annonce de la fermeture, la maison coloniale et la vie à l'intérieur, les souvenirs à Stella, l'histoire de la chapelle tamoule, la distillerie, le calebassier centenaire, le terrain d'aviation, la charrette boeufs, l'usine transformée en musée le grand Stella.
Des hommes, mais aussi des femmes qui "étaient à l'administrative et d'autres qui, suite au décès de leur mari, travaillaient pour le patron pour pouvoir garder la maison". Il se remémore d'ailleurs : "c'était ma femme qui apportait à l'usine le repas pour papa et maman. Mon père mangeait avant et laissait une grosse part pour moi". Écoutez.
"Mon but faire revivre ce pan d'histoire de l'intérieur et de raconter les affres subies par les plus âgés qui restent un goût amer, aussi bien pour les travailleurs de l'usine mais aussi les travailleurs des plantations que peu en parle, même les femmes aidaient leurs maris dans les champs voire les enfants", explique l'auteur.
- Ancien travailleur de l'usine, Jean-Claude Comorassamy raconte ses souvenirs -
Dans ce livre "Léritaz nout zansèt Stella", Jean-Claude Comorassamy partage son vécu personnel avec beaucoup de passion et une pointe de nostalgie. "Ma maman m'a raconté la mémoire orale de mes grands-parents, mon père nous racontait le soir ses souvenirs", dit-il. Écoutez.
Ce dernier a ensuite "commencé à travailler à 17 ans et demi, embauché comme journalier d'usine puis devenu laborantin pendant la campagne sucrière et ouvrier à l'entre-coupe grâce à mon père qui était lui-même considéré comme un bon travailleur", confie-t-il à Imaz Press. "Les "bons travailleurs" étaient appréciés par leur soumission", dit-il.
Il se souvient : "avoir partagé une soupe chaude la nuit à l'usine avec mon père et quelques ouvriers, préparée dans le laboratoire où je travaillais". Ou encore "avoir fait une analyse demandée par le PDG Émile Hugot et me féliciter pour mes travaux par la suite, moi petit laborantin se voyant reconnu par un grand monsieur du sucre".
Jean-Claude Comorassamy se remémore aussi des moments douloureux, notamment "les accidents de travail avec une chaudière qui explose, faisant un mort et un blessé grave à cause des brûlures".
"Ce livre est une autre manière de se nourrir à travers de ces porteurs d'histoires (les femmes et les hommes) et que chacun puisse le compléter", poursuit l'ancien travailleur de l'usine. Il se veut être le reflet des plus belles pages de l'époque de l'industrie de la canne, du sucre et du rhum à La Réunion.
Ce livre a été réalisé sous l'insistance de Georges Lazarre (le gendre de Jean-Claude Comorassamy) écrivain, journaliste, poète... "Il voulait absolument que ces histoires soient gravées dans un livre, alors à force d'insistance je lui ai dit que je suis d'accord à condition que tu écrives la préface et aujourd'hui cette préface est à titre posthume", dit-il.
"Je tiens ici à lui rendre hommage sans limite et lui dire merci", conclut Jean-Claude Comorassamy.
- L'histoire de l'usine Stella de Saint-Leu -
L'usine de Stella a été fondée en 1852 par Appolydor Lesport, rachetée par la suite par Jean Dussac, nouveau propriétaire. Les archives nous racontent que l'histoire de cette usine sucrière de Stella, appelée d'abord "Stella Maris" puis "Stella Matutina" s’est poursuivie un siècle plus tard, en 1956 exactement avec l'acquisition d'Émile Hugot, nommé le " monsieur sucre" de La Réunion.
Une usine qui fonctionnera jusqu'à 1978, l’année de sa fermeture définitive.
Laissée à abandon sur plus d’une dizaine d’années, le Conseil Régional de l’époque décida de la réhabiliter en Musée. C’est en 1991 que le Musée de Stella ouvrit ses portes sur le site même de l’ancienne usine sucrière de Saint-Leu.
Ainsi, le public pouvait découvert l’histoire patrimoniale riche de cette industrie sucrière et de ses " travayers tabisman ", la mémoire de la Réunion.
ma.m/www.imazpress.com/[email protected]


L'OUBLIÉ DE NOTRE SERVICE PUBLIC LA 1ÈRE. IL EST VRAI IL N'EST QU'UN SIMPLE "PETIT OUVRIER" DE L'USINE SUCRIÈRE ISSU DES ENGAGÉS DU SUCRE PEUT-ÊTRE ET NON UN HISTORIEN.....
D'abord mersi zot tout po zot messaze ki fé sho dan kèr.
C'est samedi 23 mai que je serais au musée (à la boutique) de Stella à partir de 18h. Nou va partaz in rogail kosé ansanm, mi atann' a zot. Mersi bonpé !
Exceptionnel de voir au Musée ce vendredi un ancien ouvrier de cette usine sucrière raconter et écrire un livre d'une telle profondeur. Je vous le conseille, je l'ai acheté à St-Suzanne fin la semaine dernière. Bel article qui reflète en partie le livre " Léritaz Nout Zansèt " et belles photos....
Je crois qu'il risque d'avoir un manque de livre ce vendredi 23 mai pour la nuit Européenne des Musées. Est-ce que l'éditeur et la boutique du musée ne peuvent pas prévoir un stock vu l'engouement suscité à cette histoire racontée par l'auteur Jean Claude Comorassamy ? Au regard du nombre exposé à la boutique la semaine dernière, en plus une vendeuse m'a dit qu'il n'y a pas en stock, la déception risque d'être grande....Merci à ces beaux souvenirs.
Merci de nous faire voyager as travers ce livre.
Mes grand parents Armougom Léon et Armougom Céliste ont travaillaient dans cette uniques. Malheureusement mon pépé et décédé trés jeunes ma mémé as du travaillé comme pour pouvoir élever c’est 7 enfants. De beaux souvenirs mais également de souffrances aussi.
A Lin Céliste.
Bonjour,
Oui ce sont des vraies souffrances qu'elles ont vécues comme vous le disiez, mais c'est la fierté et la mémoire d'aujourd'hui et de demain. Bien sûr que j'ai connu votre mémé une femme de grand cœur. Merci pour ce témoignage.
L'événement culturel fort de ce vendredi que la municipalité de saint-Suzanne a marqué par son absence. Même M. Bernard Batou à Patrice treuthare... semblaient être gêner devant un parterre rempli de femmes et d'hommes.
Dans ce livre on voit déjà le travailleur social qui deviendra plus tard et aussi l'essence du syndicaliste qui l'a nourri durant sa longue carrière professionnelle. Un exemple pour nous tous et un grand manque qui se fait encore sentir à l'epsmr!
ENFIN L'ÉCRITURE D'UN OUVRIER D'USINE QUI LUI MÊME RACONTE... SUPER CE LIVRE AINSI QUE L'ARTICLE DÉCRIT.
L'occasion pour les anciens de cette usine encore vivants de se réunir peut-être. Ce livre aurait pu être lancé au Musée dommage. Bravo à mon ami jean Claude collègue de l'epsmr.
Il y a quelques jours, je l'ai entendu avec Claude Montanet dans l'émission "zarboutan" Réunion la 1ère. Il m'a profondément touché dans sa voix plein d'émotions, et vendredi j'étais à l'auditorium Aimé Césaire, j'ai buvée sa parole comme du ptit lait, c'est quelqu'un de passionnant et de passionné dans ses histoires et dans son livre que je me suis empressée d'acheter et de lire. Très humble devant une salle remplie laissant couler discrètement une petite larme dans l'émotion...Un homme et un auteur grand et vrai. Merci monsieur.
Bel article d'imazpress que je remercie au passage. Merci aussi à vos commentaires et vous précise que pour la nuit Européenne des Musées du 23 mai je serai présent de 18h/22h à la boutique du Musée de Stella pour des échanges, des dédicaces, se souvenir...si vous le souhaitez bien sûr je reste à votre disponibilité.Merci encore et bon dimanche.
Jean Claude Comorassamy
bonjour Monsieur Comorassamy
un grand MERCI à vous pour ce livre de mémoire
je serai présent le 23 pour une dédicace de cet ouvrage qui pour moi trônera parmi ceux de mon ami disparu , mon Grand Dalon d’enfance Georges, partie trop tôt écrire une nouvelle page de vie dans l’au-delà …
merci encore d’avoir répondu à ses encouragements de mettre en lumière avec émotion et des mots ce temps passé et de mémoire.
Respectueusement
paco
Merci beaucoup Paco, au 23 au Musée. Bonne soirée.
Bonjour, un livre que le nouveau maire de Saint-Leu Karim Juhoor appréciera sûrement puisqu'il me semble que ses oncles peut-être même son grand père était un travailleur d'usine. Si c'est le cas, ce livre peut lui raviver des souvenirs d'enfance qui sait ?
Un très très grand merci Mr au non de tous ses gens qui ont ont vécu dans ses tabisman
Vous a st leu nous a bois rouge vie encore aujourd'hui avec son usine et ses centre énergétiques
Pas loin de quartier français devenu un lotissement et ravine creuse une zone industrielle
MERCI MR MERCI
UN ANCIEN DE BOIS ROUGE
Un livre qui arrive pil poil avec les 80 ans de la départementalisation et la 25eme année de la loi Taubira. Cyrille Melchior devrait placer ce livre " l'histoire de la canne et du sucre" dans ce cadre des manifestations de la départementalisation, lui qui est président du conseil départemental...
Est-ce qu'on peut trouver ce sublime bouquin riche d'histoire au musée de Stella svp ? Est-ce que M. Comorassamy sera présent le 23 nuit des Musées ? J'aimerais échanger avec lui sur ce passé sucrier et acheter le livre. L'article nous ouvre déjà l'appétit...Grand merci à lui.