Les organisations professionnelles du secteur culturel et artistique organisent ce lundi 10 février 2014 une marche nationale pour la culture. À La Réunion, les artistes et le centre dramatique de l'océan Indien se mobiliseront à Saint-Denis. L'objectif : refonder la politique culturelle. La mobilisation souhaite que la création permette d'enrichir "la liberté de penser, de s'émouvoir, de vivre ensemble contre toute idée d'exclusion". La marche débutera à partir de 10 heures devant la préfecture. Les artistes péi défileront jusqu'à l'hôtel de région selon un parcours bien défini. (photo archives)
Préfecture, direction des affaires culturelles océan Indien (DACOI), ancien hôtel de ville, le service culturel du conseil général, Palais de la Source et Pyramide inversée. Le trajet et les arrêts, qui sont prévus par les artistes réunionnais, est calculé précisément. Le monde de la culture marche ce lundi à partir de 10 heures pour défendre et "refondre la politique culturelle." Cette mobilisation nationale souhaite lutter contre la "paupérisation des travailleurs de la culture."
Les professionnels du secteur culturel mettent en cause la loi de finance 2014, qui "s’est traduite par une nouvelle baisse du budget du ministère de la culture et de la communication de 2%", soulignant "qu’en 2013 le budget du ministère était revenu à son plus bas niveau depuis 1981." Selon les organisateurs, ce texte "confirme et renforce le désengagement de l’État de sa politique culturelle, de l’audiovisuelle, en totale contradiction avec les engagements du candidat Hollande et des déclarations du Parti socialiste"
La mobilisation pointe du doigt une situation qui se concrétise par une "baisse des moyens pour l’ensemble du champ du spectacle vivant, des arts visuels, du cinéma, de l’audiovisuel, de l’enseignement artistique et de l’action culturelle", ainsi qu'une diminution des "budgets culturels des collectivités territoriales suite à la diminution de leurs dotations."
Cette marche compte également lutter contre la loi de décentralisation, surnommée MAPAM. D'après les artistes, ce texte "entérine le désengagement de l’Etat, le transfert de ses compétences aux collectivités territoriales et la fragilisation, voire la disparition des DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles)." Une situation incompréhensible pour les acteurs du secteur, d'autant plus qu'ils génèreraient 3,2 % du PIB français d'après un rapport de l'inspection des finances et de l'inspection des affaires culturelles.
"Cette politique est désastreuse pour la démocratie culturelle, pour l’économie du pays. Nous n’acceptons pas cette situation. Nous refusons de voir anéanti le service public des Arts et de la Culture, au seul bénéfice de la marchandisation de tout acte culturel", concluent les organisations professionnelles artistiques qui seront mobilisées ce lundi de Lille à Saint-Denis, en passant notamment par Paris, Lyon, Rennes et Montpellier.

