L'Ătat va plafonner la hausse des loyers des habitations Ă loyer modĂ©rĂ© (HLM) Ă partir de 2011 a indiquĂ© Benoist Apparu, SecrĂ©taire d'Ătat au logement. "Nous allons limiter en 2011 la hausse des loyers HLM Ă l'augmentation de l'IRL (Indice de rĂ©fĂ©rence des loyers)", a-t-il dĂ©clarĂ©. La RĂ©union est concernĂ©e par cette mesure. Le plafonnement ne fait pas les affaires des bailleurs sociaux. Ils y voient un possible frein Ă la construction de logements neufs.
"Les mesures gouvernementales risquent de restreindre les investissements pour la construction de logements neufs", commente VĂ©ronique Ozil, directrice gĂ©nĂ©rale de la SHLMR. "Cela pourrait ĂȘtre prĂ©judiciable dans une Ăźle oĂč la demande en logements sociaux est forte", ajoute t-elle.L'annonce faite par Benoist Apparu inquiĂšte aussi du cĂŽtĂ© de la SIDR. "ModĂ©rer la hausse des loyers des HLM, c'est moins d'argent pour rĂ©nover les logements sociaux", explique Bernard Hoareau, directeur de la communication Ă la sociĂ©tĂ© d'Ă©conome mixte. "La hausse des loyers doit permettre de couvrir l'augmentation des frais de gestion. Un plafonnement pourrait dĂ©sĂ©quilibrer les comptes des sociĂ©tĂ©s qui ont une surface financiĂšre modeste", analyse t-il encore. Le discours est sensiblement le mĂȘme chez les autres bailleurs sociaux interrogĂ©s. Ils reconnaissent tout de mĂȘme "l'intĂ©rĂȘt indĂ©niable de ce type de mesure pour les locataires en cette pĂ©riode de crise".
MĂȘme son de cloche du cĂŽtĂ© de l'Armos (association rĂ©gionales des maĂźtres d'ouvrage sociaux). "AprĂšs avoir annoncĂ© une ponction de 2% sur la totalitĂ© des loyers perçus pour faire des Ă©conomies sur l'aide Ă la pierre, le gouvernement veut dĂ©sormais plafonner la hausse des loyers. C'est autant de marge de man?uvre en moins pour entretenir le parc locatif ou pour investir dans des logements neufs", explique Michel OberlĂ©, dĂ©lĂ©guĂ© Ă l'Armos.
Jusqu'ici, l'Ătat s'Ă©tait cantonnĂ© Ă un rĂŽle de conseiller. Le gouvernement se limitait Ă fournir aux organismes gĂ©rant les parcs d'immeubles des recommandations sur les hausses des loyers. Ainsi, pour 2010, le gouvernement avait conseillĂ© de ne pas dĂ©passer les 1% de hausse des loyers. Une recommandation peu suivie, que ce soit Ă La RĂ©union ou au niveau national.
Selon, une étude de l'association de défense des consommateurs (CLCV), 65,46% des organismes avaient procédé à des augmentations supérieures au plafond fixé par la circulaire gouvernementale, pouvant aller jusqu'à +2,8% en région Bourgogne. Le mouvement HLM avait reconnu une augmentation moyenne de 1,3% des loyers en 2010, mais soulignait que "cela répondait à une hausse sensible des charges pesant sur les bùtiments".
Face à cette situation, le gouvernement a décidé de réagir en plafonnant le montant de la hausse de ces loyers. Le barÚme de référence sera à partir de 2011 l'Indice de référence des loyers (IRL). Cet indicateur, unique au niveau national, est calculé sur la base de l'indice des prix à la consommation (hors loyer et tabac). Mis en place en février 2008, c'est l'élément permettant la révision des loyers d'habitation pour le propriétaire privé.
Désormais, l'Etat imposera cet IRL comme limite à ne pas dépasser par les bailleurs sociaux. Depuis le début de l'année, il est en hausse de 0,57% sur un an au deuxiÚme trimestre, selon l'Insee. "Il faudra attendre la publication des chiffres du troisiÚme trimestre pour avoir une idée sur la tendance qui sera enregistrée en 2011", signale Véronique Ozil.
Suite Ă cette annonce du SecrĂ©taire d'Ătat au Logement, la CLCV a "notĂ© des avancĂ©es". " Il s'agit lĂ d'une rĂ©ponse positive aux demandes de la CLCV d'encadrement des augmentations de loyer qui n'a eu de cesse de dĂ©noncer les hausses pratiquĂ©es", souligne l'association dans un communiquĂ©. "Mais les rĂ©ponses du ministres restent insuffisantes", nuance t-elle. L'association de consommateurs continue Ă demander, "au regard de la situation exceptionnelle", un "gel des loyers pour 2011, sans possibilitĂ© de rattrapage au cours des annĂ©es suivantes".
Mounice Najafaly pour


