Entre fin avril et début mai 2024, trois jeunes majeurs et six mineurs ont littéralement écumé l'ouest de l'île. En quelques jours, on ne dénombre pas moins d'une soixantaine de victimes. Ce vendredi matin 21 août 2026, le tribunal correctionnel de Saint-Denis se penchait sur l'un des premiers volets de ce dossier, dont une partie est toujours à l'instruction. A la barre, les trois jeunes majeurs, dont deux avec un casier vierge, mais surtout une mère de famille de bientôt quarante ans poursuivie pour complicité et recel. Ils ont tous été reconnus coupables et condamnés (Photo d'illustration www.imazpress.com)
Fin avril 2024, la gendarmerie de Saint Paul enregistre de nombreuses plaintes pour des home jacking, des cambriolages d'habitations et de vols à la roulotte.
Les enquêteurs sont persuadés qu'ils ont affaire à un ou deux équipes de cambrioleurs. Grâce aux visionnages de vidéosurveillance et aux témoignages de quelques témoins, les militaires repèrent une Clio qui est immédiatement mise sous surveillance.
Ils découvrent que le véhicule est loué sous le nom d'une mère de famille saint-pauloise. Les militaires s'aperçoivent aussi qu'un second véhicule, une 308, provenant d'un home jacking, sert aussi dans les délits.
Mais tout s'accélère rapidement. Le 2 mai, les policiers de Saint-Denis, sans être au courant de sa mise sous surveillance, arrêtent la Clio. A l'intérieur, plusieurs jeunes, dont des mineurs et deux des prévenus.
Les policiers remarquent aussi un sabre à canne et de nombreux provenant objets provenant de multiples cambriolages. Tout le monde est interpellé et placé en garde à vue avant d'être relâché.
Le lendemain, le 3 mai, les gendarmes de Saint-Paul prennent en chasse la 308. Après une course poursuite le véhicule est stoppé par un accident sans gravité.
Les militaires interpellent, à l'intérieur, 3 jeunes filles mineures, ainsi que plusieurs membres de la petite bande de cambrioleurs, et encore une fois de nombreux objets volés. Lors de leurs interrogatoires, les jeunes filles désignent les jeunes ayant participé aux multiples vols.
- De véritables expéditions dans l'ouest de La Réunion -
L'enquête se scindent en deux. D'un côté, l'enquête se poursuit en préliminaire, tandis qu'une information judiciaire, toujours pas terminée, est confiée à un magistrat concernant un second volet mais dans la continuité de la première.
C'est donc le premier volet de cette enquête qui était jugé vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Durant la première enquête, les militaires découvrent que les trois majeurs étaient hébergés chez la mère de famille.
De plus, lors de la perquisition effectuée chez elle, ils mettent la main sur des centaines d'objets provenant des cambriolages. "Il y avait tellement d'objets dans la chambre de votre fille que les gendarmes ont eu du mal à y entrer", souligne la Présidente Caroline Meunier.
En effet, alors qu'elle est clairement mise en cause par l'ensemble des prévenus, la quadragénaire nie formellement les faits tentant d'expliquer qu'elle était totalement sous l'emprise des jeunes. "Je reconnais les avoir amenés en promenade. C'est tout, le reste je ne cherchais pas à savoir", affirme-t-elle à l'audience.
Il est noté que dans cette affaire de vols commis par de jeunes adultes et des mineurs sur tout l'ouest de l'île, seul un jeune majeur est connu de la Justice avec déjà six mentions à son casier.
- Peine de prison ferme -
"Ce sont des véritables expéditions qui ont été organisées entre La Saline et Saint-Denis par cet équipe de jeunes. Ils se regroupent et partent razzier le secteur", lance la représentante du parquet.
"L'enquête prend du temps car il faut que les enquêteurs rassemblent toutes les plaintes, recensent tous les objets retrouvés et doivent aussi retrouver à qui ils appartiennent. Globalement, ils reconnaissent les faits", admet la magistrate en requérant des peines allant de 18 mois dont 9 avec sursis probatoire à 6 mois avec sursis probatoire
Tous les prévenus ont été reconnus coupables des faits. La mère de famille est condamnée à 12 mois de prison avec sursis.
Les trois majeurs sont condamnés à des peines allant prend 18 mois d'emprisonnement à un a-12 mois.
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