Sébastien Lecornu a condamné mardi 6 octobre 2026 devant l'Assemblée nationale les violences en marge des manifestations des lycéens, réfuté toute "répression policière" et annoncé une suspension des cours en fin de semaine dans les lycées pour organiser un "temps de démocratie interne". (Photo AFP)
Le chef du gouvernement a aussi accusé La France insoumise (LFI) d'avoir le "projet politique" de "bordéliser le pays" avant l'élection présidentielle et de "semer le chaos" depuis le début du mouvement des lycéens, qui manifestaient à nouveau mardi.
L'"ultraviolence (...) doit être condamnée sans condition. Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence", a déclaré le Premier ministre à la reprise de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, en appelant la classe politique à "faire corps" avec les fonctionnaires touchés par ces violences.
"Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe", "brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées", et "lyncher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs", a-t-il développé, en réponse à une question du chef des députés Horizons Laurent Marcangeli. Écoutez.
Blocus lycéens : face au "déferlement de violences", @LMarcangeli (HOR) affirme que "c'est un problème d'ordre public" et demande que "l'ordre revienne". Il réclame au Gvt un bilan et évoque une "manipulation de notre jeunesse" de la part d'un "parti politique". #DirectAN #QAG https://t.co/vpKcXgnmht
— Assemblée nationale (@AssembleeNat) October 6, 2026
- Parler d'"instructions politiques de répression policière" contre ces manifestations était un "mensonge" -
"Il n'y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps derrière" les fonctionnaires, a-t-il ajouté, en jugeant "pas acceptable" qu'il y ait "une banalisation de cette violence contre les personnels de l'éducation nationale".
Le chef du gouvernement a estimé en outre que parler d'"instructions politiques de répression policière" contre ces manifestations était un "mensonge", en évoquant des "accidents" et en reprochant à La France insoumise de "souffle(r) sur les braises".
"Est-ce que, dans une manœuvre aussi sensible d'ordre public, des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui. Et je dis accident puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violences policières. Violences policières suggérerait qu'il y ait des instructions politiques de répression policière. C'est faux, c'est un mensonge et c'est jeter l'opprobre sur la police de la République", a-t-il dit.
Vivement attaqué par la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, il a accusé les députés insoumis d'être "ambigus avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle". Regardez.
Blocus lycéens : @MathildePanot (LFI) accuse le Gouvernement de "jouer le pourrissement" et de rejeter "la faute à LFI". Affirmant que "la répression sauvage est le contraire de l’ordre républicain", elle exige une "réponse politique et non policière". #DirectAN #QAG https://t.co/XkIe7RUFto
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- Des dizaines de milliers de manifestants en région -
"Mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen est un scandale" et "nous ne vous laisserons pas faire", a complété le Premier ministre.
Après avoir lancé cinq chantiers pour tenter de répondre aux demandes des lycéens, Sébastien Lecornu a annoncé la suspension des cours dans les lycées de mercredi à vendredi, afin de permettre aux chefs d'établissement d'organiser un "temps de démocratie interne" avec les élèves.
Après des dizaines de milliers de manifestants en région, les lycéens ont à leur tour pris la rue mardi après-midi à Paris, rejoints par des parents, des profs, des étudiants et des syndicalistes, pour réclamer davantage de moyens pour l'éducation.
AFP
