[Photos-Vidéos] Colère lycéenne : 15 établissements concernés par le mouvement à La Réunion, 22 personnes interpellées

  • Publié le 6 octobre 2026 à 17:30
  • Actualisé le 6 octobre 2026 à 18:19
Cortège de lycéens à Saint-Pierre

Ce mardi 6 octobre 2026, de nombreux lycéens manifestent à La Réunion. À Saint-Pierre, un cortège de lycéens, professeurs et syndicats a été reçu par la sous-préfecture. À Saint-Paul IV, des jets de galets ont eu lieu envers les forces de l'ordre. 22 interpellations ont par ailleurs été effectuées, dont 21 mineurs, depuis le début des rassemblements ce matin, informe la préfecture de La Réunion. Au total, 15 établissements ont été concernés par le mouvement. Parfois moquées ou minimisées, les revendications des lycéens de La Réunion sont pourtant pertinentes et connectées à des difficultés factuelles rencontrées au cours de leur scolarité. Des difficultés, comme le manque chronique de personnel ou l'opacité de Parcoursup, signalées depuis longtemps par leurs enseignants et qui, désormais, font planer l'ombre d'une crise majeure sur le système éducatif français. Reste à voir si la mobilisation en cours permettra d'amener des réponses à ces problématiques. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

  • Sébastien Lecornu annonce une suspension des cours de mercredi à vendredi pour organiser un "temps de démocratie interne"

    Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce mardi 6 octobre, devant l'Assemblée nationale, la suspension des cours dans les lycées en France de mercredi à vendredi afin "d'organiser un temps de démocratie interne". 

    Par ailleurs, il a condamné les violences en marge des manifestations de lycéens et réfuté toute "répression policière".

     

  • Saint-Louis : la ville compte porter plainte contre les auteurs des dégradations en marge de la mobilisation lycéenne

    Ce mardi 6 octobre 2026, la maire de Saint-Louis, Juliana M'Doihoma, a annoncé à Imaz Press, vouloir porter plainte contre les auteurs des dégradations survenues sur la commune ce lundi, en marge de la mobilisation lycéenne.

    Des feux de poubelles ont été allumés et un véhicule de la police municipal a été caillassé. Pour l'élue, ces auteurs reconnus doit répondre de leurs actes devant la justice.

  • 22 personnes dont 21 mineurs interpellés ce mardi

    22 interpellations ont par ailleurs été effectuées, dont 21 mineurs, depuis le début des rassemblements ce matin, informe la préfecture de La Réunion.

    À Saint-Paul, les lycées Paul Vergès et Louis Payen ont été bloqués mais les cours restent assurés. Une interpellation a eu lieu dans ce secteur.

    À Saint-Louis, des individus cagoulés, en marge du mouvement lycéen, ont cherché également à provoquer des affrontements avec les forces de l’ordre aux abords du lycée Roche Maigre.

    Des jets de projectiles ont été dirigés vers les forces de l’ordre à Sainte-Suzanne et Bras-Panon.

    Dans le Sud, un cortège s’est constitué à Saint-Pierre, en présence d’élèves, d’enseignants et de représentants des organisations syndicales, soit près de 350 manifestants. Dans le cadre de ce cortège : un mineur scolarisé au lycée Roland Garros a été interpellé alors qu’il transportait un mortier dans son sac.

    Le préfet de La Réunion rappelle "que la mobilisation ne doit pas se transformer en confrontation. Les revendications doivent pouvoir s’exprimer dans le calme et le respect de chacun. L’État restera pleinement mobilisé pour garantir la sécurité de tous et faire respecter l’ordre public".

    Pour assurer la sécurité des élèves, des personnels des établissements, des manifestants, des riverains et des usagers, plus de 111 policiers et 276 gendarmes sont actuellement engagés sur l’ensemble du département.

  • 15 établissements concernés par le mouvement

    À ce jour, 15 établissements (collèges et lycées) sont concernés par le mouvement.

    Quatre établissements sont fermés dont le lycée agricole de Saint-Joseph, le lycée Gérard Ethève et le collège Harry Gruchet à Saint-Leu ainsi que l’ensemble scolaire Les Girofles (écoles primaire et maternelle) de Saint-Benoit, ces deux derniers établissements ayant été fermés sur décision du maire.

    Environ 1.500 participants sont actuellement recensés sur l’ensemble du département. Plusieurs points d’attention sont identifiés sur le territoire.

  • Les élèves ressortent de la sous-préfecture : leurs revendications vont être remontées

    À Saint-Pierre, les élèves reçus à la sous-préfecture ressortent. Les porte-paroles expriment leur contentement face au mouvement, qui est resté pacifique.

    Un document va être préparé afin de faire remonter les revendications des élèves. Toutefois, si aucun changement ne s'effectue, le mouvement se poursuivra.

     

  • Les élèves dénoncent des journées trop longues

    Les élèves de La Réunion déplorent des journées trop longues. Certains dorment même à même le sol. Certes ce n'est pas autorisé "mais nos journées sont trop longues", nous dit-on.

    Des journées de 7h20 à 17h30, en comptant les transports pour rentrer à la maison.

    De plus des élèves dénoncent des classes de 32 élèves en spécialité langue "alors qu'ils doivent se préparer à deux épreuves majeures écrites et orales, plus le contrôle continu qui pèse lourd dans Parcoursup".

  • Quatre lycéens reçus par la sous-préfecture

    À Saint-Pierre, le cortège de lycéens, de syndicalistes et de professeurs est toujours positionné devant la sous-préfecture de Saint-Pierre.

    À la mi-journée, plusieurs d'entre eux sont reçus à la sous-préfecture pour évoquer leur mécontentement et les raisons de leurs revendications.

  • À Saint-Louis, les gendarmes ont dispersé les jeunes présents devant le lycée Schoelcher

    Ce mardi matin, s'est avéré plus calme du côté de Saint-Louis, selon la maire, Juliana M'Doihoma.

    Vers 8h30, des agitations ont eu lieu du côté du lycée Victor Schoelcher.

    Par la suite c'est vers l'établissement de Roches Maigres que des jeunes ont allumé des feux. Ils ont été par la suite dispersés par les gendarmes.

    Les gendarmes et la police municipale restent sur place. 

  • Des tensions et des heurts du côté du lycée Saint-Paul IV (lycée Paul Vergès)

    À Saint-Paul, du côté du lycée Paul Vergès (anciennement Saint-Paul IV), la situation s'est tendue dans la matinée après le montage de barricades et des jets de galets.

    Les gendarmes sur place ont dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser les élèves.

    Devant cet établissement, plusieurs élèves d'autres lycées les ont rejoints, comme ceux de Lepervanche, Évariste de Parny ou Le Payen. 

    Des élèves sur place déplorent le fait que ce matin, les internes n'aient pas pu sortir, même avec décharge des parents et n'ont donc "pas pu exercer leur droit de manifester". 

     

  • Un mouvement pacifique à Saint-Pierre qui va rallier la sous-préfecture

    "Nous avons réussi à rallier des syndicats, des professeurs, des travailleurs à la cause et beaucoup d'élèves dans le calme pour ce mouvement pacifique", se réjouit Gabrielle, porte-parole des lycéens du lycée Roland-Garros du Tampon.

    Désormais, les élèves vont se diriger vers la sous-préfecture de Saint-Pierre pour de nouvelles prises de parole. Écoutez.

  • Plusieurs mineurs dans l'Hexagone blessés à la suite d'interventions des forces de l'ordre, dix enquêtes de l'IGPN ouvertes

    Main arrachée, perte de l'usage d'un œil, "mâchoire scellée" : plusieurs jeunes ont été gravement blessés depuis une semaine à la suite d'interventions des forces de l'ordre face aux violences en marge du mouvement de blocage des lycées.

    Dix enquêtes de l'IGPN, la "police des polices", ont été ouvertes depuis le début du mouvement lycéen, a indiqué lundi soir le ministère de l'Intérieur.

    Au total, 215 élèves ont été blessés depuis le début de la mobilisation selon Matignon, de même que 715 policiers ou gendarmes d'après la place Beauvau.

    Lire l'article ici.

  • Jeunes, syndicats, lycéens, professeurs mobilisés à Saint-Pierre

    Sur place, une jeune lycéenne prend la parole. Elle le dit : "nous sommes là pour revendiquer les droits des étudiants. Nous avons des droits fondamentaux, comme celui de manifester. Aujourd'hui, la jeunesse revendique ses idées."

    Elle ajoute : "nous ne voulons pas vivre dans un monde où ne nous sommes pas écoutés".

    Elle évoque Parcoursup. Écoutez.

  • Place Publique soutient le mouvement lycéen

    La mobilisation actuelle des lycéens réunionnais met en lumière des difficultés bien réelles dans les établissements scolaires. Pour Place publique Réunion, cette mobilisation doit être entendue et ouvrir un véritable dialogue, sans que les violences et les dégradations ne viennent confisquer la parole de toute une génération.

    "Derrière cette mobilisation, il y a avant tout des jeunes qui expriment des inquiétudes concernant leur quotidien, leurs conditions d’études et leur avenir", est-il écrit dans le communiqué.

  • "Une jeunesse à écouter" pour Yvette Duchemann

    Pour Yvette Duchemann des Écologistes, il faut écouter la jeunesse.

    "Ce qui se passe aujourd’hui dans les lycées ressemble, par certains aspects, à un Mai 68 des lycéens. Pas parce que l’Histoire se répète. Mais parce qu’une génération qui arrive à l’âge adulte refuse de rester silencieuse face à un système dans lequel elle ne trouve plus suffisamment de réponses", dit-elle.

  • À Saint-Pierre, un cortège de lycéens se dirige vers la sous-préfecture

    Dans le sud de l'île, un cortège de lycée a quitté le lycée Ambroise Vollard pour se rendre vers la sous-préfecture. Ils sont rejoints par les élèves des lycées Boisjoly Potier et Roland Garros du Tampon venus par bus affrétés par les syndicats.

    Ils sont entourés de syndicalistes et de professeurs. 

    Ils seraient près de 300 selon les forces de l'ordre.

  • Saint-Denis : un lycéen interpellé devant le lycée l'Horizon

    Ce mardi 6 octobre 2026, sur Saint-Denis, aucun rassemblements n'a été signalé. Des tentatives ont eu lieu mais les forces de l'ordre sont directement intervenues.

    Selon nos informations, un jeune a été interpellé devant le lycée l'Horizon.

  • "L'outre-mer avait sonné l'alarme bien avant l'Hexagone", alerte l'Association des communes et collectivités d'outre-mer

    Pour l'Association des communes et collectivités d'outre-mer (ACCD'OM), la réponse du Gouvernement ne peut pas être la même partout : là où l'Hexagone réclame de meilleures conditions d'étude, l'outre-mer réclame d'abord des places, des enseignants titulaires et un accès à l'école.

    Dans les outre-mer, elles s'exprimaient ces revendications existaient "avant que les premières grilles soient bloquées en Seine-Saint-Denis".

    La Réunion, la Martinique et la Guadeloupe ont perdu ensemble près de 200 emplois d'enseignants en collège et lycée à cette rentrée. Et le budget 2027 en prévoit 1.588 de plus au niveau national.

    L'ACCD'OM appelle le Gouvernement à intégrer à sa réponse au mouvement lycéen un volet ultramarin distinct :

    - un moratoire sur les suppressions de postes dans les académies ultramarines au budget 2027, et le rétablissement des contrats PEC dont dépendent les écoles ;
    - l'ouverture du Fonds vert et d'EduRénov à la construction neuve outre-mer, comme nous l'avons demandé à la Banque des Territoires le 10 septembre dernier, et l'intégration des établissements ultramarins au plan canicule.

  • À Saint-Pierre, les forces de l'ordre positionnés devant la sous-préfecture

    Sur la commune de Saint-Pierre, les forces de l'ordre sont devant la sous-préfecture de Saint-Pierre.

    Plusieurs élèves des lycées Saint-Charles, de Terre-Sainte et ceux du Tampon qui descendraient en bus, devraient se mobiliser devant l'enceinte de l'État. 

    Selon nos informations, des élus seraient sur place.

  • Le lycée Gérard-Ethève et le collège Harry-Gruchet de la Chaloupe à Saint-Leu sont fermés

    À l’exception du lycée Gérard-Ethève (ex-Stella) et du collège Harry-Gruchet de la Chaloupe à Saint-Leu, où les chefs d’établissement ont pris la décision de suspendre les cours et de les faire assurer en distanciel, tous les collèges et lycées de l’île devraient fonctionner normalement aujourd’hui, indique le rectorat. 

  • Une mobilisation dans le calme devant le lycée Jean Hinglo du Port

    Au Port, devant le lycée Jean Hinglo, plusieurs élèves sont rassemblés pour dénoncer leurs conditions de travail. Ils sont appuyés par les syndicats comme la FSU qui a fourni ses photos à Imaz Press.

  • L'intersyndicale en soutien des lycéens 

    Pour cet "Acte III" d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés.

    Des manifestations sont prévues devant la préfecture de Saint-Denis et la sous-préfecture de Saint-Pierre pour porter ces revendications et les représentants syndicaux appellent leurs adhérents à se tenir aux côtés des lycéens pour éviter les débordements, mais aussi pour les protéger de possibles violences policières.

    Lire aussi - Colère lycéenne à La Réunion : l'intersyndicale appelle à rejoindre la mobilisation

  • Bonjour La Réunion,

    De nombreux lycéens vont de nouveau manifester ce mardi à La Réunion pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement, alors que des tensions ont émaillé les mouvements dans l'île.

    Retrouvez notre précédent live ici.

À propos

Les débordements ont pu faire oublier l'essentiel dans cette mobilisation des lycéens. Lancée le 21 septembre 2026 dans un établissement de Créteil, la grogne a mis une dizaine de jours supplémentaires pour gagner La Réunion. Au Tampon, le jeudi 1er octobre, près de 400 élèves se sont mobilisés devant le lycée Roland-Garros, bientôt suivis par d'autres lycées du sud, à Boisjoly Potier et à Ambroise Vollard. Ces rassemblements ont pu donner lieu à des heurts avec la police.

Des heurts qui ont parfois masqué une réalité. Celle que les revendications posées par les élèves du secondaire font écho à des difficultés réelles dans le domaine de l'éducation.

Ces difficultés liées à l'insuffisance de moyens humains, à Parcoursup ou à un bâti inadapté sont martelées depuis de nombreuses années par les enseignants auprès de leur hiérarchie. En vain.

"Les revendications des lycéens sont légitimes et elles se placent dans la droite ligne des nôtres.", affirme Antoine Laurenti, co-secrétaire départemental de la FSU Éducation. "Vouloir ramener cette grève à des violences, qui ne sont pas généralisées, c'est passer à côté de leur message, qui souligne plutôt que les conditions de travail et d'apprentissage sont de plus en plus difficiles."

Ne s'arrêter qu'à certains slogans ou pancartes humoristiques brandies par des lycéens ferait ainsi passer à côté du sérieux des problématiques qui traversent le secteur de l'enseignement.

À commencer par le sous-effectif chronique du corps enseignant. Un sous-effectif qui entraîne des difficultés dans les remplacements en cas d'absence de professeurs. Autre effet négatif de ce manque global d'enseignants, celui de voir des classes surchargées dans les lycées, qui sont peu propices à une pédagogie qualitative.

Pour rappel, 90 postes de professeurs, dont 65 dans les collèges et lycées, ont été supprimés dans l'académie de La Réunion à la rentrée 2026. Une réduction que le rectorat justifie par la baisse démographique chez les élèves réunionnais.

Un argument qui ne convainc pas vraiment Jérôme Motet, vice-président du SNALC Réunion. "Ça ne tient pas la route. La baisse démographique ne se voit pas dans les effectifs des classes où il y a toujours beaucoup de monde. Et quand bien même ça aurait un effet immédiat, ça se verrait surtout en primaire avec les générations les plus jeunes. Alors pourquoi supprimer des postes au lycée ?"

Lire aussi - Colère lycéenne à La Réunion : l'intersyndicale appelle à rejoindre la mobilisation

- Un bâti scolaire en cours d'adaptation -

Autre écueil que soulignent les lycéens dans leur colère, celui de la chaleur dans des bâtiments inadaptés à ces conditions climatiques. Une chaleur qui ne peut aller qu'en augmentant, en intensité et surtout en durée, au vu du dérèglement climatique.

Interrogée sur ce point, la Région, propriétaire du foncier dans les lycées et chargée de la rénovation des locaux, estime jouer son rôle et prend ses responsabilités.

"Nous avons installé 1.800 brasseurs d'air en 2025 et 90% des salles de classe du territoire en sont équipées", pose Céline Sitouze, vice-présidente en charge de l'éducation. "Par ailleurs, nous allons déminéraliser 11 lycées cette année, notamment en replantant des arbres. Ce qui représente un budget de 250.000 euros par lycée." Pour réaliser ce chantier sur l'ensemble des établissements, cela représenterait ainsi plus d'une dizaine de millions d'euros.

Pour Céline Sitouze, la Région n'a pas à rougir de son action dans les lycées. "Localement, il n'existe pas de situation d'insalubrité récurrente comme on peut parfois le voir dans l'Hexagone. C'est une priorité de cette mandature puisqu'un tiers du budget de la collectivité est consacré à l'éducation et à la formation professionnelle, soit 310 millions d'euros par an." 

Les chiffres valident cet engagement puisque la Région Réunion investit 4.871 euros par an et par lycéen alors que la moyenne nationale, en 2025, n'est que de 3.248 euros.

- Des appréhensions face à un avenir bouché - 

Toutefois, cet investissement financier n'est pas suffisant pour dissiper les craintes des lycéens. Des craintes qui évoquent un avenir bouché et une impossibilité de se projeter sereinement dans des études supérieures. Notamment à cause du tri opéré par Parcoursup, porte d'entrée vers ces études.

"Parcoursup, c'est une machine à sélection. Il y a des dysfonctionnements qui existent depuis sa création en 2018-2019. Rien n'est transparent et les algorithmes proposent des choix qui ne sont pas logiques", Rayan Remtoula, vice-président étudiant à l'université de La Réunion.

Lire aussi : Saint-Benoit : les écoles maternelle et élémentaire Les Girofles fermées, de manière préventive, à cause de la mobilisation des lycéens

Selon le représentant des étudiants, la mobilisation des lycéens est compréhensible. "Il y a une vraie appréhension autour des études en ce moment. On a l'impression qu'il y a une sélection par l'argent qui se dessine avec des frais d'inscription qui pourraient peut-être augmenter à l'avenir." Un scénario loin d'être fictif, puisque le gouvernement avait prévu d'instaurer des frais d'inscription en BTS et en classes préparatoires. Une mesure sur laquelle, il a, depuis, fait marche arrière.

Les élèves ne sont pas les seuls à poser un regard critique sur leur scolarité. C'est aussi le cas de leurs parents.

"Les parents alertent sur les conditions d'enseignement, mais ne sont pas entendus, car notre avis n'est que consultatif mais pas décisif.", indique Isabelle Poncharville, présidente de Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) à La Réunion. La représentante des parents d'élèves pointe notamment du doigt les difficultés pour les lycéens à s'orienter correctement et à trouver leur voie.

"C'est paradoxal, il existe beaucoup d'outils en matière d'orientation, mais ça ne fonctionne pas." Pour preuve, la commission de droit à l'erreur, qui permet à un élève de seconde de changer d'orientation, a vu ses chiffres exploser. En 2025, 380 élèves avaient fait une demande auprès de cette commmission. En 2026, 890 dossiers ont été déposés.

- Une solidarité des syndicats avec les revendications des lycéens -

Cette errance en matière d'orientation n'est pas le seul signe du malaise qui touche les lycéens. Pour Daniel Amouny, président de la Fédération des Conseils de Parents d'Élèves (FCPE), la problématique est bien plus large. "Nous assistons à une crise profonde du système scolaire, à une casse, qui vise à créer une école à deux vitesses. Avec ce contexte, il n'est pas étonnant que les enfants aient du mal à se projeter dans l'avenir et dans le monde professionnel."

Pour autant, s'ils disent comprendre et partager les revendications des lycéens, les représentants des parents d'élèves réprouvent les tensions constatées entre les forces de l'ordre et les élèves. "Nous sommes inquiets face à cette violence. En tant que parents, nous soutenons les manifestations pacifiques", affirme Isabelle Poncharville. Daniel Amouny, va même plus loin. "La FCPE n'a jamais appelé à la violence. Les violences sur les policiers et sur les jeunes sont inacceptables. Mais, surtout, il n'est pas normal que des enfants soient chassés et violentés par des adultes. Il ne faut pas oublier que ce sont des enfants."

C'est pour éviter ces débordements qu'une intersyndicale, incluant la CGTR, la FSU, FO et Solidaires, appellent à soutenir les revendications lycéennes ce mardi 6 octobre.

Des manifestations sont prévues devant la préfecture de Saint-Denis et la sous-préfecture de Saint-Pierre pour porter ces revendications et les représentants syndicaux appellent leurs adhérents à se tenir aux côtés des lycéens pour éviter les débordements, mais aussi pour les protéger de possibles violences policières. Dans un communiqué de presse, l'intersyndicale s'interroge en ces termes : " la responsabilité de l'État n'est-elle pas aussi de garantir à la jeunesse les conditions nécessaires pour apprendre et réussir ?"

Interpellé sur l'évolution de la mobilisation lycéenne à La Réunion, le rectorat se dit attentif et ouvert au dialogue pour faire remonter les doléances des élèves jusqu'au ministère de l'Education nationale. 

Peut-être que cette administration serait inspirée d'évoquer une requête déjà ancienne formulée par la FSU pour améliorer les conditions d'enseignement localement, comme l'exprime Antoine Laurenti. "Il faudrait que le système d'éducation prioritaire, qui s'arrête au niveau collège, soit aussi appliqué aux lycées. Ça ferait une vraie différence en termes de moyens. Mais on a l'impression que le ministère écoute, mais est-ce qu'il entend vraiment ?" Une question qui, pour l'instant, reste ouverte.

fb/www.imazpress.com/[email protected] 

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16 Commentaires
Tipierlakaval
Tipierlakaval
1 heure

Totor, le ban marmaï na drapeau LFI, après on veut pas parler de manipulation d'esprits jeunes et maléables par ce parti et son représentant le PLR ici, SCANDALEUX que des politiques aussi lamentables téléguident ces jeunes pour attiendre leurs objectifs dangereux pour nous reunionnais...

HULK
HULK
3 heures

Jean ZAY,ministre de l'éducation nationale sous le front populaire, assassiné par la milice en 1944 et entré au Panthéon a dit : "les écoles doivent rester l'asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas". Il y en a qui devraient méditer cette pensée.

Stop monarchie politique et familiale
Stop monarchie politique et familiale
3 heures

Stop a la monarchie familiale en politique notamment a stn’ andre

Nat
Nat
4 heures

Certains profs , ceux qui sont pour un certain parti qui voudrait une révolution sont toujours à chouiner, toujours à mendier. Ils devraient plutôt être dans leur classe à travailler car vu le niveau des enfants ...Plus tard ,ces futurs adultes viendront pleurer et jalouseront ceux qui ont préféré travailler au lieu d’aller battre le pavé avec l’accord des parents laxistes

Pour quand ?
Pour quand ?
8 heures

Mme Bello, il faut agir ! C'est pour quand la climatisation de toutes les salles de classes ? C'est bien vous, la région, qui êtes en charge de cela. Arretez de vous cacher derrière le gouvernement.

Lycées top
Lycées top
6 heures

Les lycées sont récents et bien entretenu.ici a la Reunion.

Ce qui n'est pas le cas des lycées en région parisienne.

974
974
6 heures

Vous dites n'importe quoi.
Renseignez vous et voyagez.

achtung
achtung
6 heures

La climatisation créée de la chaleur et consomme énormément d'énergie, ce n'est pas la solution.

Un sceptique
Un sceptique
2 heures

Achtung ! Vous êtes tellement brillant sur le sujet , alors donner à la région réunion la solution pour pouvoir rafraîchir une classe de 35 élèves pendant la période de grandes chaleurs svp .

Nina
Nina
11 heures

Les lycées sont quasi neufs à la Reunion avec du matériel informatique et ça pleure encore brandissant des pancartes bourrées de fautes d'orthographe .
C’est bien, mettez le feu et vous n'aurez plus rien .

Missouk
Missouk
6 heures

Encore une nantie qui est née avec une cuillère d'argent dans la bouche et qui n'y connaît strictement rien au système éducatif. Allez travaillez dans des classes surchauffées sans clim, et souvent sans ventilateurs. Essayez de travailler dans des classes qui comptent parfois jusqu'à 40 élèves. Essayez de travailler quand certains profs ne sont pas remplacés pendant plusieurs mois. Essayez de travailler quand vous êtes dans un lycée parfois pendant plus de 40 heures semaines, sans compter les trajets en bus. Essayez de travailler quand vos parents n'ont pas les moyens de vous payer un ordinateur convenable et tout simplement parfois des études convenables. Ca vous va comme raisons madame la donneuse de leçons ?

Man974
Man974
10 heures

@ Nina
Plutôt que de relayer la propagande du Pouvoir capitaliste libéral fascisant, rendez-vous compte du sentiment de la jeunesse d'aujourd'hui, qui se sent abandonnée, à raison, par ce Pouvoir. Avec des conditions d'éducation lamentables, le manque de profs et de personnels, le surnombre en classe, la plateforme injuste Parcoursup, le taux de chômage, le réchauffement climatique, etc... bref, les perspectives d'un futur très compliqué !
De plus, il est avéré que les directives du ministre de l'intérieur vont dans le sens de l'escalade de la violence, avec, notamment, des policiers en civil qui ont jeté des pierres sur les CRS pour faire envenimer la situation.
A VOIR : https://www.youtube.com/watch?v=biyJsUYgBnk

achtung
achtung
10 heures

ninanerie

Gros malaise
Gros malaise
12 heures

Comme un gros malaise.
Les moyens pour l'ecole en France sont faibles par rapport al moyenne de l'OCDE.

Goutanou
Goutanou
4 heures

Tout comme le niveau des élèves et par conséquent celui de leurs professeurs

Pierrot 974
Pierrot 974
11 heures

"Faible", c'est peu dire.
Déjà, quand on a un ministre qui croit que "accueil" s'écrit "acceuil" (voir replay de l'émission TV), on a une idée assez précise sur sa qualification à diriger l'Education nationale.