Le mouvement lycéen prend de l’ampleur à La Réunion, lancé ce jeudi 1er octobre 2026, à ses débuts, seuls deux établissements étaient concernés. Le lendemain, 17 ont rejoint le mouvement, sur les 49 lycées que compte l’île. L’académie assure rester vigilante et attentive la semaine prochaine, dans le cas d’une reprise des mobilisations. Le rectorat annonce également que les revendications des lycéens sont entendues et qu’une phase de dialogue va maintenant s’ouvrir avec les représentants des parents d’élèves. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Selon le Rectorat, tout au long de cette journée, les élèves ont notamment parlé "des bâtiments de leur vétusté et de la chaleur, mais aussi de l'interdiction des téléphones portables, de l'organisation de l'emploi du temps (sur la semaine et la journée)"
- Le dialogue est ouvert assure le Rectorat -
"Toutes ces revendications sont portées par des représentants d'élèves qui s'expriment très clairement. C'est une première partie du dialogue" explique l'académie lors d'une conférence de presse.
"Le dialogue continuera avec les représentants des parents d'élèves également, qui seront reçus en début de semaine prochaine", ajoute l'académie. "On est à une semaine des vacances scolaires, l'idée est que cette dernière semaine se passe bien et les lycéens en sont conscients. Je voudrais dire simplement que là où les élèves ont le sentiment de ne pas être écoutés, nous, on est dans une démarche d'écoute et de dialogue avec eux, mais aussi d'explication pour qu'ils comprennent la réglementation en vigueur".
Si les mobilisations sont restées "bon enfant" selon les termes du rectorat, quelques heurts ont eu lieu à Saint-Pierre où plusieurs mineurs ont été interpellés.
L’académie assure rester vigilante et attentive la semaine prochaine, dans le cas d’une reprise des mobilisations. Le rectorat annonce également qu’une phase de dialogue va maintenant s’ouvrir avec les représentants des parents d’élèves.
Ce vendredi 2 octobre 2026, le préfet de La Réunion réagit à la mobilisation lycéenne : "le droit de manifester et d’exprimer ses revendications doit pouvoir s’exercer dans le respect des personnes et des biens. Les actes de violence et les dégradations commis en marge des mobilisations ne relèvent pas de l’exercice de ce droit".
- 28 personnes interpellées dont 26 mineurs, cinq policiers et un gendarme blessés -
Dans un communiqué, les services de la préfecture annoncent que dans les communes de Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Saint-Paul, Le Tampon, Sainte-Marie, et Sainte-Suzanne, 28 personnes ont été interpellées dont 26 mineurs et deux majeurs en raison de plusieurs infractions : jets de projectiles, incendies de mobilier urbain, dégradation de véhicules et de bus. Regardez.
La préfecture explique : "des faits particulièrement graves ont été relevés dont le lancement de cocktail molotov, la présence de bidons d’essence et l’utilisation de mortiers d’artifice vers les forces de l’ordre".
"À Saint-Pierre, le mouvement aux abords du lycée François de Mahy a pris une toute autre ampleur avec la présence d’individus extérieurs à l’établissement et au mouvement lycéen, donnant lieu à des incidents qui dépassent le cadre de la mobilisation initiale et pour lesquels la police nationale est intervenue". Regardez.
Au cours de ces manifestations, cinq policiers et un gendarme ont été blessés.
"Le préfet de La Réunion condamne ces violences et apporte tout son soutien aux forces de l’ordre engagées sur le terrain qui ont agi avec responsabilité et discernement dans le cadre du droit", peut-on lire dans ce communiqué.
- La FSU Territoriale 974 demande des mesures urgentes -
Dans un courrier adressé au préfet de La Réunion, la FSU l'assure : "les tensions et les incidents rapportés aux abords de plusieurs lycées appellent une réponse urgente, fondée sur la protection des personnes, la prévention des violences et le dialogue."
La FSU Territoriale 974 rappelle "que les conditions d’étude des élèves et les conditions de travail des personnels sont indissociables".
"Les difficultés liées aux sous-effectifs, au non-remplacement des enseignants, des agents, à l’entretien des bâtiments, aux sanitaires, à la restauration et aux équipements doivent être examinées et recevoir des réponses concrètes. Les agents territoriaux des lycées contribuent chaque jour à la sécurité, à l’hygiène et au fonctionnement des établissements : leurs alertes doivent être entendues", peut-on lire dans ce communiqué.
La FSU Territoriale 974 demande au préfet, en lien avec le rectorat, la Région Réunion et les directions des établissements d’assurer la sécurité aux abords des lycées, en préservant les accès, les cheminements des élèves et des personnels, ainsi que l’intervention des secours.
- De mettre en place une médiation de proximité, avec des interlocuteurs identifiés, afin de permettre l’expression des revendications et de prévenir les affrontements ;
- De veiller à la protection particulière des mineurs, au respect de leur dignité et, en cas d’interpellation, aux garanties qui leur sont applicables ;
- De réunir sans délai une concertation élargie, associant représentants des lycéens, organisations syndicales des personnels, parents d’élèves, directions, rectorat et Région.
Le représentant de l'État indique que des outils sont à disposition des élèves quand ils souhaitent exprimer leurs revendications et de faire entendre leur parole.
Il cite par exemple : "le ministère de l’Éducation nationale a déployé des dispositifs de dialogue déployés localement par l’académie de La Réunion. Ces dispositifs, parmi lesquels les Conseils de la Vie Lycéenne (CVL) au sein des établissements et le Conseil Académique de la Vie Lycéenne (CAVL) à l’échelle académique, offrent aux élèves un cadre d’échange et d’expression sur les sujets qui les concernent".
La mobilisation lycéenne risque de reprendre ce lundi, le Rectorat annonce être vigilant, de son côté, la préfecture mobilisera les forces de l'ordre sur l'ensemble du territoire.
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