France

A la gare de la Part-Dieu, Ă  Lyon, des voyageurs sur les nerfs

  • PubliĂ© le 3 avril 2018 Ă  14:24
  • ActualisĂ© le 3 avril 2018 Ă  14:29
Des passagers s'informent auprÚs d'employés de la SNCF en gare de Lyon Part-Dieu au début de la "grÚve perlée" dans l'entreprise, le 2 avril 2018

Beaucoup ont changé leurs plans à cause de la grÚve: à la gare de la Part-Dieu, à Lyon, bondée lundi en fin d'aprÚs-midi, les voyageurs étaient sur les nerfs, croisant les doigts pour attraper leur train avant le mardi noir annoncé.


"Nous partons à New York et on a dû tout chambouler avec la grÚve", explique à l'AFP Sophie Martin, commerçante de 46 ans en SaÎne-et-Loire. "Au lieu de partir directement de la gare de Montchanin, mardi, nous avons dû venir à Lyon ce lundi pour attraper un TGV pour Paris".

"En plus, nous devons payer une nuit d'hÎtel. La grÚve des cheminots est inadmissible !", s'emporte son mari Olivier, un brocanteur indépendant de 50 ans. "C'est trop simple de prendre les gens en otage. Avec tout ça, on a qu'une envie, partir en courant à la concurrence".
La Part-Dieu accueille les trafics internationaux, nationaux et régionaux. C'est la premiÚre gare européenne par le nombre de passagers en correspondance.

Alain Lyothier, 67 ans, du Creusot (SaĂŽne-et-Loire), assure "comprendre les grĂ©vistes." "On a quand mĂȘme dĂ» rentrer d'Aix-en-Provence un jour plus tĂŽt Ă  cause de la grĂšve", ajoute ce retraitĂ© de Michelin. Pour Yves Dallely, un autre retraitĂ©, "ça va ĂȘtre la galĂšre pendant trois mois car je prends souvent le train. Je suis pour les cheminots mais contre la grĂšve !", assĂšne-t-il.

Assise prÚs de sa valise, en attendant son train pour Grenoble annoncé avec 40 minutes de retard, Perrine Fontana s'avoue "trÚs énervée".
"Je fais réguliÚrement des allers-retours entre Lyon et Grenoble, pour mon travail. La grÚve va me poser d'énormes problÚmes", soupire cette avocate de 27 ans qui a anticipé son retour d'une journée "avant le mardi noir".

"Je peux dans une certaine mesure comprendre les cheminots mais leur grÚve remet en cause la vie personnelle et professionnelle de beaucoup de monde".Les retours du long week-end de Pùques ont finalement été globalement épargnés avec un trafic "normal", selon la SNCF, qui prévoit ensuite un T GV sur dix sur l'axe Sud-Est et un TER sur vingt sur les lignes ferroviaires d'Auvergne-RhÎne-Alpes. Quelque 800 autocars devraient prendre le relais.

- "Le train, c'est vital!"-

"J'espĂšre que j'aurai mon train avant la grĂšve. Il y a du retard Ă  cause d'un incendie" aux abords des voies, soupire Mathieu Brochet, un lycĂ©en de 18 ans allant de ChambĂ©ry Ă  Nantes. Marie Bonnefond, qui se dit pourtant "trĂšs patiente", arrive de Rennes et son train prĂ©vu pour Grenoble n'est toujours pas affichĂ©. "J'aurais dĂ» ĂȘtre chez moi Ă  19H30. LĂ , je ne sais pas... C'est trĂšs Ă©nervant quand on a cours le lendemain", reconnaĂźt cette Ă©tudiante de 20 ans en Ă©cole de commerce, qui fait souvent ce trajet.

"Pour le reste des jours de grÚve, je n'aurai qu'une solution: rester à Grenoble et ne pas voir ma famille en Bretagne. Ou alors ce sera du covoiturage. Et j'ai plusieurs entretiens à Paris pour des stages dans les semaines qui viennent. La galÚre...". "Je comprends les revendications mais pas la méthode. Le train, c'est vital. C'est comme si les pompiers faisaient grÚve !", s'exclame la jeune fille.

AprÚs l'entrée en vigueur prévue de la grÚve, à 19H00, le hall de la gare s'était en partie vidé, les voyageurs ayant semble-t-il écouté les conseils de la SNCF.

AFP

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