Dans un rapport en date de ce lundi 2 novembre 2026, la Chambre régionale des comptes (CRC) de La Réunion pointe "des fragilités dans l’organisation, le pilotage et l’équilibre" de la politique du Département concernant l'autonomie des personnes âgées. La CRC invite le Département à améliorer son offre en matière d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
En 2024, le conseil départemental a dépensé 220 millions d'euros pour sa politique en faveur des personnes âgées, son premier poste de dépense budgétaire. L'essentiel de ces sommes va au financement des "27.000 aides individuelles au maintien à domicile et 1.600 aides sociales à l’hébergement" selon le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC).
- Des insuffisances "en termes d'organisation" du Département -
Selon la CRC, le Département "comporte des insuffisances en termes d’organisation qu’il devra corriger pour pouvoir structurer et conduire une politique d’autonomie efficace". Sur ce plan, le Département "pâtit de la complète obsolescence de son règlement départemental des aides sociales qui date de 2001 et qui prive les Réunionnais d’un document légal opposable destiné à régir l’accès à leurs droits sociaux".
Dans les faits, le Département a "su développer fortement sa politique de maintien à domicile en promouvant les aides individuelles aux seniors qui représentent 80 % des dépenses du secteur". Une politique qui lui permet d'être en tête, au niveau national, en termes d'attribution d'allocations personnalisées à l'autonomie (APA) et d'aides ménagères attribuées aux personnes âgées de plus de 75 ans.
Toutefois, la collectivité présente, avec seulement 5 %, "l’un des plus faibles niveaux de prise en charge de la dépendance sévère". Ce qui se traduit, notamment, par un retard important dans l'offre d'accueil des personnes vulnérables. Malgré un plan de rattrapage lancé en 2022, le département est le plus mal doté au niveau national puisqu'il ne compte que "20 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) pour 1 588 places ouvertes".
D'autres solutions ont été privilégiées avec, par exemple les familles d'accueil (1.600 places) ou les habitats inclusifs ou résidences autonomie. Un "déficit en place" qui aurait favorisé l'émergence de "maisons de retraite illégales" comme les pensions marron".
- Le Département risque de devenir "simple opérateur social" -
Pour l'aider à mieux financer sa politique d'autonomie, dont le reste à charge s'élève à 16 millions d'euros, le Département bénéficie depuis 2025 de deux réformes nationales. Il s'agit de "l’augmentation des concours de la sécurité sociale versés pour le financement de l’APA et l’expérimentation du transfert à l’agence régionale de santé de la section dépendance des EHPAD".
Par ailleurs, "l'insuffisance de contrôle de l’assemblée départementale entraîne le risque d’une gestion principalement administrative qui privilégie certaines aides individuelles au détriment de la prise en charge de la dépendance sévère et des capacités d’hébergement médico-social".
En conclusion, la CRC affirme que le Département "doit aujourd’hui réaffirmer l’exercice de sa propre politique au service du bien vieillir de ses aînés ou, à défaut, il risque d’être progressivement assigné à un rôle de simple opérateur social distribuant des prestations financières, à l’image de ce qui s’est produit avec la recentralisation du revenu de solidarité active".
Alors que le vieillissement de la population devient un enjeu majeur à La Réunion, qui compte plus de 65.000 personnes de plus de 60 ans en 2025, la CRC estime que l'objectif est de "garantir le principe de transparence concernant l’information et l’accès aux droits des Réunionnais dans la mise en œuvre de sa politique en faveur des personnes âgées". Cela, aussi, dans un contexte où les finances publiques sont bien plus contraintes qu'auparavant.
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Mauvaise politique.
Melchior a du prendre des cours avec Virapoullé.