42.700 seniors en perte d’autonomie à La Réunion à l’horizon 2050

  • Publié le 26 octobre 2026 à 13:02
  • Actualisé le 26 octobre 2026 à 13:53
la saline

À l’horizon 2050, le nombre de seniors en perte d’autonomie à La Réunion devrait plus que doubler : 42.700 seniors seraient concernés. La hausse serait plus importante que dans l’ensemble du pays du fait d’un vieillissement plus rapide de la population de l’île. Selon les données de l'Insee publiée ce lundi 26 octobre 2026, la perte d’autonomie augmente fortement avec l’âge et concerne davantage les femmes (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

En 2021, à La Réunion, 18.200 personnes âgées de 60 ans ou plus étaient dans l’impossibilité d’effectuer, sans assistance, certains actes de la vie quotidienne. Parmi elles, 31 % étaient en perte d’autonomie sévère. 

La perte d’autonomie augmente fortement avec l’âge : elle concerne seulement 6 % des seniors de 60 à 74 ans, 17 % de ceux de 75 à 84 ans et 45 % des personnes de 85 ans ou plus.

La perte d’autonomie touche davantage les femmes (12 %) que les hommes (10 %), en lien avec leur plus grande longévité : à 60 ans, une Réunionnaise peut espérer vivre encore 26 ans et 7 mois, contre 22 ans et 2 mois pour un Réunionnais.

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- Le nombre de seniors en perte d’autonomie devrait plus que doubler à l’horizon 2050 -

Dans un scénario de croissance de la population où l’espérance de vie convergerait vers la moyenne hexagonale et où les gains d’espérance de vie se répartiraient entre années avec et sans perte d’autonomie dans les mêmes proportions qu’en 2021, 42.700 seniors en perte d’autonomie vivraient à La Réunion en 2050, pour comprendre. Leur nombre augmenterait de 24 500 par rapport à 2021, soit +135 % en 29 ans, une hausse bien plus importante que celle attendue au niveau national (+36 %).

Dans ce scénario de référence, la perte d’autonomie sévère devrait progresser encore plus rapidement : +159 % entre 2021 et 2050 à La Réunion (+45 % en France). Ainsi, en 2050, 14.600 seniors seraient en perte d’autonomie sévère, soit 9.000 de plus qu’en 2021.

Au total, en 2050, 15 % des seniors seraient en perte d’autonomie et 5 % d’entre eux en perte d’autonomie sévère. À La Réunion, le nombre de seniors en perte d’autonomie devrait continuer à progresser, au-delà de 2050, alors qu’au niveau national le pic serait atteint à cet horizon. L’augmentation du nombre de personnes en perte d’autonomie provient principalement du vieillissement attendu de la population entre 2021 et 2050 encadré 1. Ce vieillissement se traduit à la fois par un effet volume, c’est- à-dire une hausse du nombre de seniors (+14 500 personnes en perte d’autonomie supplémentaires), et par un effet âge, c’est- à-dire une augmentation de leur âge moyen (+16 000).

Dans le même temps, les progrès en matière de santé et d’autonomie à âge donné permettraient d’éviter 6.000 situations de perte d’autonomie selon le scénario de référence.

Dans un scénario alternatif, plus optimiste, l’état de santé des seniors s’améliorerait plus rapidement : les gains d’espérance de vie en bonne santé seraient supérieurs aux gains d’espérance de vie. Selon ce scénario, 34.000 personnes, soit 12 % des seniors, seraient en perte d’autonomie en 2050. Les formes sévères concerneraient 9.400 personnes, soit 3 % des seniors.

Ce scénario semble envisageable au regard de plusieurs évolutions structurelles de la société réunionnaise qui pourraient s’accompagner d’une amélioration de la santé des seniors : la baisse progressive de la pauvreté monétaire, la hausse du niveau de diplôme et plus généralement, l’amélioration des conditions de vie et de travail des générations qui atteindront 60 ans d’ici 2050.

D’autant que des marges de manœuvre existent : le changement de comportements vis-à-vis des pratiques à risque entre 40 et 64 ans est un levier important pour retarder l’apparition des maladies chroniques et de la perte d’autonomie. De plus, le développement de l’offre de soins sur le territoire, qui permet notamment de limiter le non-recours aux soins, est également un facteur qui favorise une amélioration progressive de l’état de santé de la population. Toutefois, ce scénario suppose une amélioration très nette de l’état de santé de la population qui ne paraît pas acquise alors que les écarts de santé restent marqués à tous les âges sur l’île.

- 3.100 places supplémentaires en établissement pourraient être nécessaires à l’horizon 2050 -

En 2021, 2.000 seniors en perte d’autonomie vivent dans un établissement pour personnes âgées dont plus de 80 % dans un des 20 Ehpad de l’île. Compte tenu de la hausse attendue du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie, 3.100 places supplémentaires seraient nécessaires à l’horizon 2050, sous l’hypothèse du maintien des taux d’accueil en établissement selon le degré de dépendance.

Comme au niveau national, la préférence des seniors pour le maintien à domicile et les coûts plus élevés du placement en établissement pourraient amener les pouvoirs publics à prioriser l’entrée en établissement pour les situations où le

En 2021, 167.000 personnes de 60 ans et plus habitent à La Réunion. Depuis 2000, le nombre de seniors fait plus que doubler (+141 %). Cette progression, plus rapide qu’au niveau national (+47 %), est liée à la hausse plus dynamique de l’espérance de vie sur l’île.

Toutefois, les seniors vivant à La Réunion sont plus jeunes que l’ensemble des seniors du pays : en 2021, 73 % d’entre eux ont moins de 75 ans, contre 65 % en France figure.

En 2050, 294.000 seniors vivraient à La Réunion si les tendances démographiques se maintenaient et que l’espérance de vie poursuivait sa dynamique de rattrapage avec le niveau national pour comprendre.

La hausse du nombre de seniors continuerait d’être plus rapide à La Réunion que dans l’ensemble du pays : +77 % entre 2021 et 2050, contre +27 % attendu en France. En 2050, la part des seniors dans la population réunionnaise serait toutefois encore inférieure à celle attendue dans l’ensemble du pays : 27 % contre 33 % en France.

En revanche, la structure par âge des seniors réunionnais devrait évoluer plus vite qu’au niveau national et rejoindre, en 2050, celle attendue dans l’ensemble du pays. En particulier, le nombre de seniors de 85 ans ou plus devrait quadrupler, passant de 12.000 personnes en 2021 à 53.000 en 2050. L’arrivée dans les effectifs des seniors des générations les plus nombreuses, nées entre 1960 et 1970, qui ont 60 ans à partir de 2020, et 75 ans à partir de 2035, contribue à la fois à la forte croissance du nombre de seniors et à l’augmentation rapide de la part des plus âgés parmi eux.

- À La Réunion, les seniors vivent plus souvent à domicile que dans le reste du pays -

À La Réunion, en 2021, 89 % des seniors en perte d’autonomie vivent à domicile. C’est beaucoup plus que dans l’ensemble du pays où 70 % des seniors sont dans ce cas. Les Français privilégient de plus en plus le maintien à domicile en cas de perte d’autonomie.

Cette préférence s’accorde avec le virage domiciliaire entériné par la loi "Bien vieillir" de 2024, qui promeut le développement des services à domicile et le soutien aux aidants.

L’hébergement en établissement est plus fréquent à mesure que la perte d’autonomie s’aggrave. Sur l’île, 5 % des seniors en perte
d’autonomie modérée et 25 % des seniors en perte d’autonomie sévère résident en établissement. Dans l’ensemble du pays, ces proportions sont plus importantes : 17 % des personnes en perte d’autonomie modérée et 57 % des seniors en perte d’autonomie sévère vivent en établissement.

Plusieurs raisons expliquent ces écarts.

Tout d’abord, l’offre en établissement est nettement moins développée qu’au niveau national avec 48 places pour 1 000
personnes de 75 ans ou plus en 2022, contre 132 dans l’ensemble du pays. Cela se traduit par un taux d’occupation très élevé des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) à La Réunion (97 % en 2021). Par ailleurs, les services à la personne sont bien implantés sur l’île : en 2021, 98 % des seniors en perte d’autonomie vivant à domicile bénéficient d’une aide professionnelle, contre 94 % dans l’ensemble du pays. De surcroît, l’île se démarque de l’Hexagone avec des solidarités familiales encore dynamiques et notamment une cohabitation intergénérationnelle plus fréquente : en 2021, 33 % des personnes de 85 ans ou plus vivent avec un proche autre que leur conjoint, soit quatre fois plus qu’au niveau national (8 %).

Toutefois, comme partout en France, les solidarités familiales tendent à s’éroder progressivement : les seniors vivent moins
souvent avec d’autres adultes, et les proches en capacité d’aider sont moins nombreux. De fait, dans un contexte de forte hausse de la perte d’autonomie, les besoins d’accompagnement devraient s’accroître et, à défaut d’alternatives suffisantes à domicile, les besoins en établissement également.

- À La Réunion, la perte d’autonomie est plus précoce, plus longue et plus fréquente à âge comparable -

À âge comparable, la perte d’autonomie est plus fréquente à La Réunion que dans le reste de la France (+2 à +3 points selon la tranche d’âges). Ainsi, c’est la plus grande jeunesse des seniors sur l’île qui explique que la part de seniors en perte d’autonomie à

La Réunion soit identique au niveau national : en 2021, seulement 7 % d’entre eux ont 85 ans ou plus, une proportion plus faible que dans l’ensemble du pays (12 %). Si la structure par âge des seniors réunionnais était identique à celle de l’ensemble des seniors vivant en France, la prévalence de la perte d’autonomie s’établirait à 13,6 % à La Réunion, plaçant l’île parmi les départements les plus touchés.

La perte d’autonomie est plus précoce à La Réunion : en 2021, une Réunionnaise de 60 ans peut espérer vivre 21 ans et 9 mois sans perte d’autonomie, un Réunionnais 19 ans et 2 mois figure 2. Pour les femmes comme pour les hommes, c’est 1 an et 3 mois de moins qu’au niveau national.

De surcroît, malgré une espérance de vie moins longue, les seniors réunionnais passent plus de temps en perte d’autonomie : à 60 ans, la durée attendue dans cette situation s’élève à 3 ans pour les hommes et à 4 ans et 10 mois pour les femmes. C’est 6 mois de plus que dans l’ensemble du pays.

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
24 minutes

Et en plus les places dans les établissements spécialisés (EHPAD et autres) sont très chers, et généralement pas accessibles aux personnes aux revenus modestes. Dans ce cas, l'Etat se sert sur les biens (quand il y en a) ou demandent aux enfants de payer la différence! Il ne fait pas bon vieillir!