La catastrophe a tué au moins quatre personnes

A Marseille, les chances de trouver des survivants sous les décombres s'amenuisent

  • PubliĂ© le 7 novembre 2018 Ă  08:09
  • ActualisĂ© le 7 novembre 2018 Ă  09:13
Les secouristes dégagent les décombres des immeubles effondrés à Marseille, le 6 novembre  2018

Les recherches pour retrouver d'éventuels survivants ont continué toute la nuit de mardi à mercredi, prÚs de 48 heures aprÚs l'effondrement de plusieurs immeubles vétustes dans le centre-ville de Marseille, une catastrophe qui a fait au moins quatre morts.

Engagés dans une course contre la montre, les sauveteurs qui viennent de vivre leur deuxiÚme nuit de recherche, vont continuer mercredi à fouiller l'imposant tas de décombres provoqué par l'effondrement de deux immeubles lundi matin, dans le quartier trÚs populaire de Noailles, dans l'hyper-centre de Marseille.

Quatre corps, celui de deux hommes et deux femmes qui n'avaient encore pu ĂȘtre identifiĂ©s mardi soir ont Ă©tĂ© sortis des dĂ©combres, mais les autoritĂ©s craignent de trouver encore d'autres victimes sous les gravats. "TrĂšs, trĂšs vraisemblablement cinq personnes", ainsi que "trois visiteurs" se trouvaient dans l'un des immeubles effondrĂ©s, au numĂ©ro 65 rue d'Aubagne, a prĂ©cisĂ© mardi soir le procureur de la RĂ©publique de Marseille, Xavier Tarabeux, alors que les chances de retrouver des survivants s'amenuisent avec le temps.

Il y a "peu de chance que l'on puisse trouver des poches de survie", avait prévenu dÚs lundi soir le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, l'effondrement d'un troisiÚme immeuble, au 67 de la rue, en fin d'aprÚs-midi lundi, ayant écrasé les gravats du matin.
DÚs la catastrophe, les autorités avaient annoncé que les recherches pourraient durer plusieurs jours, les décombres qui se sont entassés ayant atteint jusqu'à 15 mÚtres de profondeur.

Une pelleteuse prĂȘte main forte aux secouristes pour dĂ©gager les dĂ©bris les plus gros tandis que des Ă©quipes cynophiles avec des chiens spĂ©cialisĂ©s gravissent les monticules Ă  la recherche d'indices. Mais les pluies diluviennes qui se sont abattues lundi soir et mardi matin ont ralenti la progression des secours et augmentĂ© les risques.

- 105 personnes évacuées -

Par petits groupes, de nombreux habitants des immeubles contigus ont pu accéder mardi aprÚs-midi à leurs logements afin de récupérer des affaires personnelles, mais il leur a été interdit de séjourner dans les immeubles par mesure de sécurité, a précisé le préfet de région Pierre Dartout.

Cent cinq personnes évacuées par mesure de sécurité ont été relogées dans 60 chambres d'hÎtels du centre-ville, a indiqué la mairie, pointée du doigt par les habitants de la rue d'Aubagne qui fustigent le mauvais état des immeubles du quartier.
Parmi les deux immeubles qui se sont effondrĂ©s, le 63 Ă©tait "fermĂ© et murĂ©", selon la mairie, qui l'avait rachetĂ© aprĂšs avoir pris un arrĂȘtĂ© de pĂ©ril en 2008. Tout comme le 67 qui Ă©tait abandonnĂ© et murĂ© depuis l'Ă©tĂ© 2012 et s'est effondrĂ© partiellement au cours des recherches.

En revanche, au numéro 65, 9 appartements sur 10 étaient habités. En copropriété, il avait fait l'objet le 18 octobre "d'une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants", a assuré la mairie.

"C'est l'enfer ici, ils savent que c'est de la merde et des gens meurent pour rien", a dénoncé mardi auprÚs de l'AFP Toufik Ben Rhouma, un habitant, estimant que les effondrements sont "100% de la faute de la mairie". "C'est plein de cafards. Il y a des dégùts sur le plafond de l'eau qui coulait. Tout cela, la mairie le savait. J'ai fait venir quelqu'un (de la mairie NDLR) il y a moins d'un an grùce à l'assistante sociale. Mais le propriétaire a des connaissances à la mairie, alors ils n'ont rien fait", a quant à elle accusé Anissa Ali Souali qui loue un studio avec son mari et ses trois enfants dans la rue.

La mairie qui a avancé l'hypothÚse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, s'est défendue en soulignant "l'énorme travail" fait (pour) l'éradication de l'habitat indigne". La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problÚme. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100.000 habitants de Marseille.

AFP

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