L'Histoire et l'actualitĂ© se tĂ©lescopent mardi pour Emmanuel Macron, attendu dans trois hauts lieux de la Grande Guerre, dont Verdun, aprĂšs s'ĂȘtre expliquĂ© le matin sur Europe 1 sur les dossiers chauds comme la hausse des prix des carburants.
La troisiĂšme Ă©tape de l'"itinĂ©rance mĂ©morielle" entamĂ©e dimanche s'annonce particuliĂšrement chargĂ©e. AprĂšs avoir passĂ© la nuit dans un chĂąteau oĂč le compositeur Maurice Ravel fut ambulancier durant la guerre, le chef de l'Etat doit se rendre aux Eparges (Meuse), théùtre de combats dantesques en 1915. Ce sera surtout l'occasion pour Emmanuel Macron de saluer la mĂ©moire de Maurice Genevoix, l'un de ses Ă©crivains prĂ©fĂ©rĂ©s, qui y a Ă©tĂ© blessĂ© et en a fait le rĂ©cit saisissant dans son recueil "Ceux de 14".
"C'est un choix du coeur", a expliqué le président dans un entretien aux quotidiens de l'est du groupe Ebra. Il devrait annoncer son "projet mémoriel pour Genevoix", qui pourrait faire son entrée au Panthéon, au milieu des grandes figures de la Nation. Une telle démarche est souhaitée par la famille de l'auteur de Raboliot, décédé en 1980. "Il ne s'agit pas de glorifier la personne de Maurice Genevoix, mais bien le témoin. C'est dire que par ses écrits on n'oubliera jamais ce qu'il s'est passé", a estimé son petit-fils Julien Larere-Genevoix sur France Bleu.
- L'Armée noire célébrée -
Emmanuel Macron se rendra ensuite Ă Verdun, Ă quelques kilomĂštres, oĂč il mettra ses pas dans ceux de ses prĂ©dĂ©cesseurs pour honorer les hĂ©ros de la plus longue et la plus cĂ©lĂšbre des batailles de la guerre. Il visitera avec 20 lycĂ©ens l'Ă©mouvant ossuaire oĂč reposent les restes de 130.000 soldats français et allemands.
Au total, 300.000 combattants ont été tués entre février et décembre 1916, dans l'enfer de Verdun, fait de boue, de froid et de bombardements dans les tranchées, comme celle, légendaire, des Baïonnettes.
Cette journĂ©e forte en symboles se terminera Ă Reims avec un hommage aux hĂ©ros de "l'ArmĂ©e noire", ces troupes coloniales composĂ©es principalement de tirailleurs sĂ©nĂ©galais. Ils sont 200.000 Ă ĂȘtre montĂ©s au front et 30.000 sont morts durant la PremiĂšre guerre mondiale. Emmanuel Macron sera accompagnĂ© du prĂ©sident malien Ibrahim Boubakar Keita, le premier des chefs d'Etat Ă participer aux cĂ©lĂ©brations avant la Britannique Theresa May, l'Allemande Angela Merkel et l'AmĂ©ricain Donald Trump, prĂ©sent Ă Paris les 10 et 11 novembre avec une soixantaine d'autres dirigeants internationaux.
Le chef de l'Etat a dénoncé lundi la "fausse polémique" lancée par une partie de l'opposition pour laquelle les cérémonies ont été "vidées de leur essence militaire" et ne célébrent pas suffisamment la victoire afin de ménager l'Allemagne.
- "Part de responsabilité" -
Comme la veille Ă Pont-Ă -Mousson (Meurthe-et-Moselle), le chef de l'Etat rencontrera les Ă©lus de la Meuse au cours d'un dĂ©jeuner rĂ©publicain, l'occasion d'Ă©couter leurs dolĂ©ances alors que l'exĂ©cutif mĂšne une vaste offensive pour amĂ©liorer ses relations avec les collectivitĂ©s aprĂšs des mois de froid. EnregistrĂ© lundi soir Ă Verdun, un entretien Ă Europe 1, le premier Ă une radio depuis le dĂ©but du quinquennat, sera diffusĂ© Ă 7H40. Il devrait ĂȘtre interrogĂ© sur le mouvement de protestation qui monte sur le pouvoir d'achat et la hausse rĂ©cente du prix des carburants.
Emmanuel Macron avait indiqué dimanche assumer "parfaitement" l'augmentation de la taxation sur le diesel, tout en disant comprendre les doutes des Français sur la question du pouvoir d'achat.
Face aux marques de défiance exprimées via les sondages, Emmanuel Macron a également assumé une "part de responsabilité". "Je parle aux Français avec mon caractÚre, avec ma façon de faire. Quand ils sont inquiets, j'ai une part de responsabilité?: c'est que je n'explique pas assez bien. Mais j'ai été élu sur un projet clair, sans ambiguïté et j'aurai des comptes à rendre pour longtemps", a-t-il expliqué aux journaux régionaux du groupe Ebra.
AFP


